C1 — MécaniqueDans le dialogue d’impression, choisissez « Enregistrer au format PDF » comme destination.
Retour

Terminale C · Physique

Cours 1Mécanique

Décrire un mouvement, l'expliquer par des forces, puis traiter le cas qui tombe sans cesse à l'épreuve : le champ uniforme, où l'accélération est constante.

4 chapitres · 35 h de travail estimé

  1. 1. Cinématique8 h
  2. 2. Dynamique et lois de Newton10 h
  3. 3. Mouvements dans un champ uniforme10 h
  4. 4. Énergie et oscillateurs7 h

Chapitre 1 · 8 h

Cinématique

Décrire un mouvement avant de l'expliquer : référentiel et repère, vecteurs position, vitesse et accélération, équations horaires, mouvement circulaire uniforme.

La cinématique décrit un mouvement sans chercher à l'expliquer. Elle ne parle ni de forces ni de causes : elle répond à « où est le mobile, à quelle vitesse, et comment cette vitesse change ». L'explication viendra au chapitre suivant, avec les lois de Newton.

Cette séparation n'est pas une commodité de plan. Un exercice de mécanique se traite toujours dans cet ordre — décrire d'abord, expliquer ensuite — et l'inverser est la première source de blocage : on cherche les forces avant d'avoir choisi le repère dans lequel on va les projeter.

Référentiel, repère, et pourquoi ils ne sont pas la même chose

Le référentiel est le solide par rapport auquel on observe. Le repère est le système d'axes qu'on attache à ce solide pour écrire des nombres.

La distinction se voit dans un exemple : un voyageur assis dans un train est immobile dans le référentiel du wagon et animé de 200 km/h dans le référentiel du sol. Ce n'est pas le même mouvement décrit de deux façons, ce sont deux mouvements différents — et aucun des deux n'est plus vrai que l'autre. Un mouvement n'existe que relativement à un référentiel, et un énoncé qui l'omet est incomplet.

Trois référentiels reviennent au programme :

RéférentielOrigineAxes dirigés versUsage
Terrestreun point du soltrois directions fixes du solchute, projectile, plan incliné
Géocentriquecentre de la Terretrois étoiles lointainessatellites
Héliocentriquecentre du Soleiltrois étoiles lointainesplanètes

Le référentiel terrestre est considéré comme galiléen à l'échelle d'un exercice : sa rotation existe mais ses effets sont négligeables pour une chute de quelques secondes.

Les trois vecteurs

Toute la cinématique tient dans une chaîne de deux dérivations.

OM(t)  ddt  v(t)  ddt  a(t)\overrightarrow{OM}(t) \quad\xrightarrow{\;\frac{d}{dt}\;}\quad \vec{v}(t) \quad\xrightarrow{\;\frac{d}{dt}\;}\quad \vec{a}(t)

En coordonnées cartésiennes, dériver un vecteur revient à dériver chacune de ses composantes séparément :

OM(x(t)y(t))v(x˙(t)y˙(t))a(x¨(t)y¨(t))\overrightarrow{OM}\begin{pmatrix} x(t) \\ y(t) \end{pmatrix} \qquad \vec{v}\begin{pmatrix} \dot{x}(t) \\ \dot{y}(t) \end{pmatrix} \qquad \vec{a}\begin{pmatrix} \ddot{x}(t) \\ \ddot{y}(t) \end{pmatrix}

C'est cette propriété qui rend le choix du repère décisif : bien orienté, il découple le problème en deux mouvements indépendants qu'on traite l'un après l'autre. Mal orienté, il oblige à manipuler des composantes couplées pour rien.

Deux points de vocabulaire qui coûtent des points en copie :

La vitesse moyenne est un quotient de distance par durée ; la vitesse instantanée est une dérivée. Elles ne coïncident presque jamais, et un énoncé qui donne un temps de parcours et une distance ne donne pas la vitesse à l'arrivée.

L'accélération n'est pas « le fait d'aller plus vite ». C'est la variation du vecteur vitesse. Un mobile dont la vitesse garde une norme constante mais change de direction est accéléré — c'est exactement le cas du mouvement circulaire uniforme, plus bas.

Quiz · 1 question

Un mobile parcourt un cercle à vitesse de norme constante. Son accélération est-elle nulle ?

  • Oui, puisque la vitesse ne change pasnorme
  • Non : la direction du vecteur vitesse change, donc le vecteur vitesse changevecteur
  • Seulement si le rayon est grandconditionnel

Réponse : L'accélération est la dérivée du VECTEUR vitesse, pas de sa norme. Un changement de direction suffit à la rendre non nulle — et c'est ce qui permettra, au chapitre suivant, d'affirmer qu'une force s'exerce sur le mobile.

Mouvement rectiligne uniforme

Trajectoire droite, vitesse constante, accélération nulle. Une seule équation :

x(t)=vt+x0x(t) = v\,t + x_0

Le mouvement est uniforme parce que a=0\vec{a} = \vec{0}, et cette condition est exactement celle de la première loi de Newton : rien ne le distingue de l'immobilité, sinon le référentiel choisi.

Mouvement rectiligne uniformément varié

Trajectoire droite, accélération constante non nulle. C'est le cas le plus fréquent de l'épreuve, et les deux équations horaires s'obtiennent en intégrant aa deux fois :

v(t)=at+v0x(t)=12at2+v0t+x0v(t) = a\,t + v_0 \qquad\qquad x(t) = \tfrac{1}{2}a\,t^2 + v_0\,t + x_0

Les constantes d'intégration ne sont pas des inconnues à déterminer laborieusement : ce sont les conditions initiales, la vitesse et la position à t=0t = 0.

En éliminant tt entre ces deux relations, on obtient une troisième équation qui ne contient plus le temps :

v2v02=2a(xx0)v^2 - v_0^{\,2} = 2a\,(x - x_0)

Elle n'apporte aucune physique nouvelle, mais elle est indispensable dans un cas précis : lorsque l'énoncé ne donne aucune durée. « Quelle distance de freinage pour passer de 90 km/h à l'arrêt avec une décélération de 5 m/s² » se résout par cette seule ligne.

Uniformément varié ne veut pas dire accéléré. Le mouvement est accéléré si v\vec{v} et a\vec{a} ont le même sens, retardé s'ils sont opposés. Le critère se lit sur le signe du produit ava \cdot v, et il peut changer au cours du mouvement : un mobile lancé vers le haut est d'abord retardé, puis accéléré, sans que son accélération ait varié d'un iota.

Quiz · 1 question

Un mobile a une accélération constante a = −3 m/s² et une vitesse initiale v₀ = 12 m/s. Que se passe-t-il après l'instant t = 4 s où sa vitesse s'annule ?

  • Il reste immobile : la vitesse est nulle et rien ne la relancearrêt définitif
  • Il repart en sens inverse, en mouvement accélérédemi-tour
  • L'accélération devient nulle à son tourextinction

Réponse : Rien dans l'énoncé ne fait disparaître l'accélération à t = 4 s. Elle reste égale à −3 m/s², la vitesse continue donc de décroître et devient négative : le mobile revient sur ses pas, cette fois en mouvement accéléré. « Vitesse nulle » décrit un instant, pas un état.

Mouvement circulaire uniforme

La trajectoire est un cercle de rayon RR, parcouru à vitesse de norme constante. On l'écrit dans le repère de Frenet, dont les deux axes suivent le mobile : uT\vec{u}_T tangent, orienté dans le sens du mouvement, uN\vec{u}_N normal, dirigé vers le centre.

v=vuTa=v2RuN\vec{v} = v\,\vec{u}_T \qquad\qquad \vec{a} = \frac{v^2}{R}\,\vec{u}_N

L'accélération est purement normale : sa composante tangentielle dvdt\dfrac{dv}{dt} est nulle puisque vv ne varie pas. Elle est centripète — dirigée vers le centre, jamais vers l'extérieur. La « force centrifuge » que l'intuition réclame n'existe pas dans un référentiel galiléen ; ce qu'on ressent dans un virage est l'effet de la force centripète exercée par le siège.

Les grandeurs associées se déduisent les unes des autres :

ω=vRT=2πω=2πRvf=1T\omega = \frac{v}{R} \qquad T = \frac{2\pi}{\omega} = \frac{2\pi R}{v} \qquad f = \frac{1}{T}

ω\omega est la vitesse angulaire en rad/s, TT la période en secondes, ff la fréquence en hertz. L'accélération s'écrit aussi a=ω2Ra = \omega^2 R, forme plus commode dès que l'énoncé fournit une période plutôt qu'une vitesse — le cas de tous les exercices sur les satellites.

La méthode, en cinq lignes

Un exercice de cinématique se traite toujours dans le même ordre, et le respecter fait gagner un temps considérable.

  1. Référentiel : nommé explicitement, même quand il paraît évident.
  2. Repère : origine et sens des axes, choisis pour simplifier — l'axe le long du mouvement, ou le long de la pente.
  3. Conditions initiales : x0x_0 et v0v_0 lus dans l'énoncé, avec leur signe.
  4. Équations horaires, écrites une fois pour toutes.
  5. Résolution : la question posée devient une équation en tt ou en xx.

L'étape 2 est celle qui se néglige et qui coûte le plus cher. Un axe vertical orienté vers le haut donne a=ga = -g ; orienté vers le bas, a=+ga = +g. Les deux choix sont corrects, mais les mélanger en cours de calcul ne l'est pas.

À vous

Exercice de code

Écrivez les équations horaires x(t) et v(t), calculez la date d'arrêt, puis vérifiez numériquement la relation indépendante du temps.

Point de départ

// Un mobile part de x0 = 5 m avec v0 = 12 m/s et décélère
// uniformément : a = -3 m/s².
const x0 = 5, v0 = 12, a = -3;

// 1. Les deux équations horaires du mouvement rectiligne
//    uniformément varié.
const x = (t) => 0;  // à corriger
const v = (t) => 0;  // à corriger

// 2. La date d'arrêt : l'instant où la vitesse s'annule.
const tArret = 0;    // à corriger

console.log(x(2), v(2));      // attendu : 23 6
console.log(tArret);          // attendu : 4
console.log(x(tArret));       // attendu : 29 — l'abscisse maximale

// 3. La relation indépendante du temps, v² - v0² = 2a(x - x0),
//    doit être vérifiée à TOUTE date. On le contrôle en t = 2.
const ecart = v(2) ** 2 - v0 ** 2 - 2 * a * (x(2) - x0);
console.log(ecart);           // attendu : 0

Solution

const x0 = 5, v0 = 12, a = -3;

// Les deux équations sortent d'une double intégration de a = -3 :
// v est une primitive de a, x une primitive de v. Les constantes
// d'intégration sont exactement les conditions initiales.
const x = (t) => 0.5 * a * t ** 2 + v0 * t + x0;
const v = (t) => a * t + v0;

// v(t) = 0 donne t = -v0/a. Le signe est correct parce que a est
// négatif : une décélération.
const tArret = -v0 / a;

console.log(x(2), v(2));      // 23 6
console.log(tArret);          // 4
console.log(x(tArret));       // 29

// L'écart est nul, et il l'est pour tout t : cette relation n'est
// pas une troisième loi, c'est l'élimination de t entre les deux
// premières. Elle sert quand l'énoncé ne donne AUCUNE durée.
const ecart = v(2) ** 2 - v0 ** 2 - 2 * a * (x(2) - x0);
console.log(ecart);           // 0

// Piège classique : le mobile ne s'arrête pas définitivement en
// t = 4 s. L'accélération reste égale à -3, donc il repart en
// sens inverse. « Vitesse nulle » ne veut pas dire « immobile ».
console.log(v(6), x(6));      // -6 23 — il est revenu sur ses pas

Un exercice de bac

Exercice 1

Freinage d'urgence

Un véhicule roule à 9090 km/h sur une route horizontale. Le conducteur freine et s'arrête sur une distance de 62,562{,}5 m, d'un mouvement supposé uniformément varié.

  1. Calculer l'accélération.
  2. Calculer la durée du freinage.
  3. Le conducteur a un temps de réaction de 11 s avant d'appuyer sur la pédale. Quelle est la distance totale d'arrêt ?

Correction

1. La vitesse initiale se convertit d'abord : v0=90/3,6=25v_0 = 90 / 3{,}6 = 25 m/s. Aucune durée n'est donnée, donc on emploie la relation indépendante du temps, avec v=0v = 0 à l'arrêt :

0v02=2ada=v022d=625125=5,0 ms20 - v_0^{\,2} = 2a\,d \quad\Longrightarrow\quad a = \frac{-v_0^{\,2}}{2d} = \frac{-625}{125} = -5{,}0\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}

Le signe négatif est attendu : l'accélération est opposée à la vitesse, le mouvement est retardé.

2. Maintenant que aa est connue, l'équation de la vitesse donne la durée :

0=at+v0t=v0a=255=5,0 s0 = a\,t + v_0 \quad\Longrightarrow\quad t = \frac{-v_0}{a} = \frac{-25}{-5} = 5{,}0\ \text{s}

3. Pendant la seconde de réaction, le mouvement est uniforme — le conducteur n'a pas encore freiné :

dreˊaction=v0×1=25 md_{\text{réaction}} = v_0 \times 1 = 25\ \text{m}

La distance totale est donc 25+62,5=87,525 + 62{,}5 = 87{,}5 m. Le temps de réaction ajoute 40 % à la distance d'arrêt : c'est la question qui donne son sens à l'exercice, et il ne faut surtout pas y appliquer les équations du freinage.

Exercice 2

Un satellite en orbite circulaire

Un satellite décrit une orbite circulaire de rayon R=7,0×106R = 7{,}0 \times 10^6 m autour de la Terre, avec une période T=5,8×103T = 5{,}8 \times 10^3 s.

  1. Calculer sa vitesse et sa vitesse angulaire.
  2. Calculer son accélération, et préciser sa direction et son sens.

Correction

1. Le mobile parcourt la circonférence en une période :

v=2πRT=2π×7,0×1065,8×1037,6×103 ms1v = \frac{2\pi R}{T} = \frac{2\pi \times 7{,}0 \times 10^6}{5{,}8 \times 10^3} \approx 7{,}6 \times 10^3\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}ω=2πT1,08×103 rads1\omega = \frac{2\pi}{T} \approx 1{,}08 \times 10^{-3}\ \text{rad}\cdot\text{s}^{-1}

2. Le mouvement étant circulaire uniforme, l'accélération est purement normale. La forme a=ω2Ra = \omega^2 R est ici la plus directe, puisque ω\omega vient d'être calculée :

a=ω2R=(1,08×103)2×7,0×1068,2 ms2a = \omega^2 R = (1{,}08 \times 10^{-3})^2 \times 7{,}0 \times 10^6 \approx 8{,}2\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}

Elle est dirigée selon uN\vec{u}_N, vers le centre de la Terre, et sa norme est constante. On remarquera qu'elle est du même ordre que gg au sol : ce n'est pas une coïncidence, et le chapitre 3 montrera que cette accélération est le champ de gravitation à cette altitude.

À retenir

Flashcards · 5 cartes

Que faut-il préciser avant toute description d'un mouvement ?
Le référentiel. Un mouvement n'existe que relativement à un référentiel : immobile dans le wagon, à 200 km/h dans le référentiel du sol — les deux descriptions sont exactes.
Comment passe-t-on de la position à l'accélération ?
Par deux dérivations successives par rapport au temps, composante par composante. Inversement, deux intégrations, dont les constantes SONT les conditions initiales.
Quand utiliser v² − v₀² = 2a(x − x₀) ?
Quand l'énoncé ne donne aucune durée. Cette relation est l'élimination de t entre les deux équations horaires : elle relie vitesses et distance sans le temps.
Un mouvement uniformément varié est-il forcément accéléré ?
Non. Il est accéléré si v et a ont le même sens, retardé s'ils sont opposés — et il peut passer de l'un à l'autre sans que a change, comme un objet lancé vers le haut.
Quelle est l'accélération d'un mouvement circulaire uniforme ?
a = v²/R = ω²R, dirigée selon la normale, VERS LE CENTRE. Elle n'est jamais nulle bien que la norme de la vitesse soit constante, et jamais centrifuge.

Chapitre 2 · 10 h

Dynamique et lois de Newton

Les trois lois, le théorème du centre d'inertie, les forces usuelles, et la méthode qui vaut pour tout exercice : système, bilan, projection.

Le chapitre précédent décrivait des mouvements. Celui-ci les explique : il relie ce que subit un corps à la façon dont son mouvement change. Une seule relation porte tout le chapitre, et elle tient en cinq symboles.

Le point qu'il faut installer d'emblée, parce qu'il est contre-intuitif et qu'il conditionne tout : une force ne maintient pas un mouvement, elle le modifie. Un corps qui avance sans force continue d'avancer. L'intuition dit le contraire, parce que sur Terre les frottements sont partout — et c'est justement ce que Newton a dû écarter pour voir la loi.

Les trois lois de Newton

Première loi — le principe d'inertie. Dans un référentiel galiléen, un solide isolé ou pseudo-isolé (soumis à des forces qui se compensent) est immobile ou animé d'un mouvement rectiligne uniforme, et réciproquement.

F=0vG=constante\sum \vec{F} = \vec{0} \quad\Longleftrightarrow\quad \vec{v}_G = \overrightarrow{\text{constante}}

La réciproque est la moitié utile en exercice : si l'énoncé affirme que le mouvement est rectiligne uniforme, on sait que la somme des forces est nulle, sans rien calculer.

Deuxième loi — le théorème du centre d'inertie.

F=maG\sum \vec{F} = m\,\vec{a}_G

Une égalité vectorielle, donc deux équations scalaires dans le plan. Elle dit que l'accélération est colinéaire et de même sens que la résultante des forces, et que la masse mesure la résistance à ce changement — c'est l'inertie.

Troisième loi — actions réciproques. Si AA exerce sur BB la force FAB\vec{F}_{A \to B}, alors BB exerce sur AA la force

FBA=FAB\vec{F}_{B \to A} = -\vec{F}_{A \to B}

Ces deux forces sont opposées mais s'appliquent à des corps différents : elles ne se compensent jamais entre elles. C'est l'erreur classique du chapitre — écrire que le poids et la réaction du sol forment un couple action-réaction. Ils s'appliquent tous deux au même corps, ce ne peut pas être le cas.

Quiz · 1 question

Un livre est posé sur une table. Le poids du livre et la réaction de la table forment-ils un couple action-réaction ?

  • Oui : ils sont opposés et de même normeopposées
  • Non : ils s'appliquent tous deux au livre, alors qu'un couple action-réaction s'exerce sur deux corps différentsmême corps
  • Oui, mais seulement si le livre est immobileconditionnel

Réponse : Le partenaire du poids (exercé par la Terre sur le livre) est la force exercée par le livre sur la Terre. Le partenaire de la réaction de la table est la force du livre sur la table. Deux forces opposées appliquées au même corps se compensent — ce n'est pas la même chose qu'un couple action-réaction.

Les forces usuelles

ForceDirectionNormePoint d'application
Poids P\vec{P}verticale, vers le basmgmgcentre d'inertie
Réaction normale N\vec{N}perpendiculaire au supportinconnue, à déterminersurface de contact
Frottement f\vec{f}tangent au support, opposé au glissementf=μNf = \mu Nsurface de contact
Tension d'un fil T\vec{T}le long du fil, vers le point d'attacheinconnuepoint d'attache
Tension d'un ressortle long du ressort$k,x

Deux remarques qui reviennent en correction. La réaction normale n'est pas égale au poids en général : elle ne l'est que sur un plan horizontal sans autre force verticale. Sur un plan incliné, N=mgcosαN = mg\cos\alpha, et dans un ascenseur qui accélère, NmgN \neq mg. Et le frottement n'a pas de valeur propre : c'est la réaction du support qui se décompose en une composante normale et une composante tangentielle, la seconde étant liée à la première par μ\mu.

La méthode — quatre étapes, toujours les mêmes

C'est la partie du chapitre qui se travaille comme un réflexe, parce qu'elle vaut pour absolument tous les exercices, y compris ceux du chapitre suivant.

  1. Définir le système — le corps qu'on étudie, et lui seul. L'écrire noir sur blanc.
  2. Choisir le référentiel et le déclarer galiléen.
  3. Faire le bilan des forces extérieures, et les dessiner sur un schéma.
  4. Appliquer F=ma\sum \vec{F} = m\vec{a}, puis projeter sur les axes.

L'étape 1 est celle qu'on croit inutile et qui décide de tout. Dans un problème à deux corps reliés par un fil, on écrit deux théorèmes, un par système, et la tension du fil apparaît dans les deux avec des signes opposés — c'est ce qui permet de l'éliminer. Étudier « le système des deux corps » d'un seul coup fait disparaître la tension, ce qui est parfois commode et parfois exactement ce qu'on cherchait.

L'étape 4 mérite un mot sur le choix des axes. On oriente toujours un axe dans le sens du mouvement présumé : les projections y sont positives, et le signe du résultat devient interprétable. Un axe choisi au hasard donne des résultats corrects mais illisibles.

Le plan incliné, cas d'école

Un solide de masse mm sur un plan incliné d'angle α\alpha. On prend l'axe xx le long de la pente, orienté vers le bas, et l'axe yy perpendiculaire au plan.

Le poids est la seule force à projeter réellement, et c'est là que se joue l'exercice :

Px=mgsinαPy=mgcosαP_x = mg\sin\alpha \qquad\qquad P_y = -mg\cos\alpha

Le sinus va avec la composante le long de la pente. L'inverser est l'erreur la plus fréquente du chapitre, et elle se détecte en une seconde par un cas limite : pour α=90°\alpha = 90°, le plan est vertical, la composante le long de la pente doit valoir mgmg tout entier — et sin90°=1\sin 90° = 1. Ce contrôle vaut mieux qu'un moyen mnémotechnique.

La projection du théorème donne alors, avec frottement :

(y)Nmgcosα=0N=mgcosα(x)mgsinαμN=maa=g(sinαμcosα)\left| \begin{aligned} (y) &\quad N - mg\cos\alpha = 0 &&\Longrightarrow\quad N = mg\cos\alpha \\ (x) &\quad mg\sin\alpha - \mu N = ma &&\Longrightarrow\quad a = g(\sin\alpha - \mu\cos\alpha) \end{aligned} \right.

La masse a disparu. Ce n'est pas un accident de calcul : c'est la raison pour laquelle deux corps de masses différentes glissent de la même manière, et un test immédiat de la validité d'une projection. Si mm subsiste dans une accélération de glissement, il y a une erreur en amont.

Quiz · 1 question

Sur un plan incliné d'angle α, quelle est la composante du poids le long de la pente ?

  • mg·cos αcosinus
  • mg·sin αsinus
  • mg·tan αtangente

Réponse : Contrôle par le cas limite : à α = 90°, le plan est vertical et toute la force doit agir le long de la pente. sin 90° = 1 convient, cos 90° = 0 non. Ce réflexe évite d'avoir à retenir laquelle des deux fonctions va où.

Systèmes reliés

Deux solides AA et BB reliés par un fil inextensible de masse négligeable, passant sur une poulie idéale. Deux propriétés font tout le travail :

  • le fil étant inextensible, les deux corps ont la même accélération en norme ;
  • le fil et la poulie étant sans masse, la tension est la même à ses deux extrémités.

On écrit alors un théorème par corps, en orientant chaque axe dans le sens du mouvement de son corps, puis on additionne les deux équations : la tension s'élimine, l'accélération tombe. La tension se récupère ensuite en reportant dans l'une des deux.

C'est le seul montage du programme où l'on manipule deux systèmes à la fois, et il n'est difficile que si l'on saute l'étape 1 de la méthode.

À vous

Exercice de code

Projetez le théorème du centre d'inertie sur les deux axes et écrivez l'accélération d'un solide sur un plan incliné avec frottement. Contrôlez que la masse a disparu du résultat.

Point de départ

// Un solide de masse m glisse sur un plan incliné d'angle alpha,
// avec un frottement de coefficient f. On cherche l'accélération.
const g = 9.8;

// Le repère est choisi AVEC l'axe x le long de la pente, orienté
// vers le bas : c'est ce choix qui rend la projection simple.
//
//   - poids       : composante -mg sin(alpha) sur x ... au signe près
//   - réaction    : perpendiculaire au plan, donc nulle sur x
//   - frottement  : opposé au mouvement, de norme f × N

const acceleration = (alpha, f) => 0;  // à corriger

const rad = (d) => (d * Math.PI) / 180;

console.log(acceleration(rad(30), 0).toFixed(2));    // attendu : 4.90
console.log(acceleration(rad(30), 0.2).toFixed(2));  // attendu : 3.20
console.log(acceleration(rad(90), 0).toFixed(2));    // attendu : 9.80

// La masse n'apparaît nulle part dans le résultat. Vérifiez-le en
// relisant votre expression : si m y figure encore, la projection
// est fausse.

Solution

const g = 9.8;

// Projection du théorème du centre d'inertie sur les DEUX axes.
//
//   sur y (perpendiculaire au plan) : N - mg cos(alpha) = 0
//                                     donc N = mg cos(alpha)
//   sur x (le long de la pente)     : mg sin(alpha) - f N = m a
//
// On substitue N, et m se simplifie : c'est la raison pour
// laquelle deux corps de masses différentes glissent identiquement.
const acceleration = (alpha, f) => g * (Math.sin(alpha) - f * Math.cos(alpha));

const rad = (d) => (d * Math.PI) / 180;

console.log(acceleration(rad(30), 0).toFixed(2));    // 4.90
console.log(acceleration(rad(30), 0.2).toFixed(2));  // 3.20
console.log(acceleration(rad(90), 0).toFixed(2));    // 9.80 — chute libre,
                                                     // le plan est vertical

// L'angle limite d'équilibre : en deçà, le solide ne démarre pas,
// le frottement compense exactement la composante du poids.
const angleLimite = (f) => (Math.atan(f) * 180) / Math.PI;
console.log(angleLimite(0.2).toFixed(1));            // 11.3 degrés
console.log(acceleration(rad(11.3), 0.2).toFixed(3)); // ~0.000

Un exercice de bac

Exercice 1

Ascension et arrêt sur un plan incliné

Un solide de masse m=2,0m = 2{,}0 kg est lancé vers le haut d'un plan incliné faisant un angle α=20°\alpha = 20° avec l'horizontale, avec une vitesse initiale v0=6,0v_0 = 6{,}0 m/s. Les frottements sont modélisés par une force constante d'intensité f=3,0f = 3{,}0 N opposée au mouvement. On prend g=9,8g = 9{,}8 m/s².

  1. Déterminer l'accélération pendant la montée.
  2. Calculer la distance parcourue avant l'arrêt.
  3. Le solide redescend-il ? Justifier.

Correction

Système : le solide. Référentiel : terrestre, supposé galiléen. Repère : axe xx le long de la pente, orienté vers le haut, dans le sens du mouvement initial.

Bilan : le poids P\vec{P}, la réaction normale N\vec{N}, le frottement f\vec{f} dirigé vers le bas de la pente puisque le solide monte.

1. Projection sur xx :

mgsinαf=maa=gsinαfm=9,8×0,3421,54,9 ms2-mg\sin\alpha - f = ma \quad\Longrightarrow\quad a = -g\sin\alpha - \frac{f}{m} = -9{,}8 \times 0{,}342 - 1{,}5 \approx -4{,}9\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}

Le signe est négatif : le mouvement est retardé, comme attendu.

2. Aucune durée n'est demandée : on emploie la relation indépendante du temps, avec v=0v = 0 à l'arrêt.

0v02=2add=362×(4,9)3,7 m0 - v_0^{\,2} = 2a\,d \quad\Longrightarrow\quad d = \frac{-36}{2 \times (-4{,}9)} \approx 3{,}7\ \text{m}

3. La question ne se traite pas avec les résultats précédents, car le frottement change de sens quand le mouvement s'inverse. À l'arrêt, le solide redescend si la composante du poids le long de la pente dépasse le frottement maximal :

mgsinα=2,0×9,8×0,3426,7 N>f=3,0 Nmg\sin\alpha = 2{,}0 \times 9{,}8 \times 0{,}342 \approx 6{,}7\ \text{N} \qquad > \qquad f = 3{,}0\ \text{N}

Le solide redescend donc, avec cette fois une accélération a=gsinαf/m1,9a' = g\sin\alpha - f/m \approx 1{,}9 m/s², bien plus faible en valeur absolue qu'à la montée. C'est le point que l'énoncé teste : à la montée poids et frottement s'ajoutent, à la descente ils s'opposent.

À retenir

Flashcards · 6 cartes

Que dit la première loi de Newton, dans le sens utile en exercice ?
Sa RÉCIPROQUE : si le mouvement est rectiligne uniforme (ou le corps immobile), alors la somme des forces est nulle. On obtient une équation sans rien calculer.
Pourquoi le poids et la réaction du support ne forment-ils pas un couple action-réaction ?
Parce qu'ils s'appliquent au MÊME corps. Un couple action-réaction s'exerce toujours sur deux corps différents, et ne peut donc jamais se compenser.
Quelles sont les quatre étapes d'un exercice de dynamique ?
Système, référentiel, bilan des forces (avec schéma), théorème du centre d'inertie puis projection. Écrire le système noir sur blanc est l'étape qu'on saute et qui coûte le plus cher.
Sur un plan incliné, comment vérifier qu'on n'a pas inversé sinus et cosinus ?
Par le cas limite α = 90° : le plan devient vertical, la composante le long de la pente doit valoir mg. Seul sin 90° = 1 convient.
Que vérifie-t-on sur l'accélération d'un solide qui glisse ?
Que la masse a disparu du résultat : a = g(sin α − μ cos α). Si m subsiste, la projection est fausse.
Deux corps reliés par un fil inextensible sur une poulie : quelles sont les deux propriétés à exploiter ?
Même accélération en norme (fil inextensible), même tension aux deux extrémités (fil et poulie sans masse). On écrit un théorème par corps, puis on additionne : la tension s'élimine.

Chapitre 3 · 10 h

Mouvements dans un champ uniforme

Le chapitre le plus rentable de l'épreuve : chute et projectile, particule chargée dans un champ électrique puis magnétique, gravitation, satellites et lois de Kepler.

Ce chapitre est le plus rentable de l'épreuve : un exercice de physique sur deux en vient. Il le doit à une particularité rare — quatre situations qui n'ont rien à voir entre elles relèvent du même calcul.

Un champ est dit uniforme lorsqu'il a même direction, même sens et même valeur en tout point d'une région. La force qu'il exerce est alors constante, donc l'accélération aussi, et le mouvement s'obtient en intégrant deux fois. Chute d'un corps, tir d'un projectile, déviation d'un électron dans un tube cathodique : trois énoncés, une seule méthode.

a=constante    v(t)    OM(t)\vec{a} = \overrightarrow{\text{constante}} \quad\xrightarrow{\;\int\;}\quad \vec{v}(t) \quad\xrightarrow{\;\int\;}\quad \overrightarrow{OM}(t)

Le seul cas qui échappe à ce schéma est le champ magnétique, et pour une raison précise que l'on verra : sa force dépend de la vitesse, donc l'accélération n'y est pas constante.

Chute libre et projectile

Un corps est en chute libre lorsque le poids est la seule force qui s'exerce sur lui — la résistance de l'air étant négligée. Le théorème du centre d'inertie donne alors mg=mam\vec{g} = m\vec{a}, d'où

a=g\vec{a} = \vec{g}

La masse disparaît. Tous les corps tombent identiquement, quelle que soit leur masse : c'est le résultat de Galilée, et il est ici une conséquence d'une simplification algébrique.

Avec un repère dont l'axe yy est vertical ascendant et un lancer de vitesse v0v_0 inclinée de α\alpha :

ax=0ay=gvx=v0cosαvy=gt+v0sinαx=v0cosα  ty=12gt2+v0sinα  t\left| \begin{aligned} a_x &= 0 \\ a_y &= -g \end{aligned} \right. \qquad \left| \begin{aligned} v_x &= v_0\cos\alpha \\ v_y &= -g\,t + v_0\sin\alpha \end{aligned} \right. \qquad \left| \begin{aligned} x &= v_0\cos\alpha\;t \\ y &= -\tfrac{1}{2}g\,t^2 + v_0\sin\alpha\;t \end{aligned} \right.

Ces deux colonnes sont indépendantes. Le mouvement horizontal est uniforme, le mouvement vertical est une chute libre, et ils se déroulent en parallèle sans jamais s'influencer. Un projectile lancé horizontalement et une bille lâchée au même instant touchent le sol ensemble — l'animation ci-dessous le rend visible mieux qu'aucun raisonnement.

Animation · 5 étapes

Un projectile lancé à 20 m/s, incliné de 50°

  1. Décomposer la vitesse initialeLe vecteur vitesse initiale se projette sur les deux axes. Ces deux nombres — et la valeur de g — contiennent DÉJÀ toute la trajectoire : rien d'autre n'entrera dans le calcul.
  2. Deux mouvements indépendantsLe poids est vertical, donc l'accélération n'a pas de composante horizontale. L'ombre au sol avance à vitesse CONSTANTE pendant que l'ombre sur le mur ralentit, s'arrête et retombe. C'est tout le chapitre : un mouvement rectiligne uniforme et une chute libre, menés en parallèle.
  3. Les équations horairesOn intègre deux fois chaque composante de l'accélération. Les repères sont posés à intervalles de temps ÉGAUX : leur écart horizontal reste constant, leur écart vertical non — la signature visible des deux régimes.
  4. L'équation de la trajectoireOn tire t de la première équation, t = x/(v₀cos α), et on le reporte dans la seconde. Le temps disparaît : reste une relation entre y et x, du second degré. La trajectoire est une parabole — ce n'est pas une observation, c'est une conséquence.
  5. Flèche et portéeLa flèche s'obtient en annulant vᵧ, la portée en résolvant y = 0 pour x ≠ 0. Ces deux formules ne se retiennent pas : elles se retrouvent en trois lignes à partir des équations horaires, et c'est ce que l'énoncé attend.

En éliminant tt entre les deux équations horaires, on obtient l'équation de la trajectoire :

y=g2v02cos2αx2+xtanαy = -\frac{g}{2v_0^{\,2}\cos^2\alpha}\,x^2 + x\tan\alpha

Une parabole. Ce n'est pas une observation expérimentale, c'est une conséquence : le temps éliminé entre une fonction affine et une fonction du second degré ne peut donner que cela.

Trois grandeurs se demandent presque systématiquement, et aucune ne s'apprend par cœur — chacune se retrouve en deux lignes.

GrandeurComment l'obtenirRésultat
Durée du volrésoudre y(t)=0y(t) = 0, t0t \neq 0tv=2v0sinαgt_v = \dfrac{2v_0\sin\alpha}{g}
Portéereporter tvt_v dans x(t)x(t)d=v02sin2αgd = \dfrac{v_0^{\,2}\sin 2\alpha}{g}
Flècheannuler vyv_y, reporter dans y(t)y(t)h=v02sin2α2gh = \dfrac{v_0^{\,2}\sin^2\alpha}{2g}

La portée est maximale pour α=45°\alpha = 45°, et deux angles complémentaires donnent la même portée — 30°30° et 60°60° atteignent la même cible, l'un par un tir tendu, l'autre en cloche.

Quiz · 1 question

Une bille est lâchée sans vitesse initiale ; au même instant, une seconde est lancée horizontalement depuis la même hauteur. Laquelle touche le sol en premier ?

  • Celle qui est lâchée : elle n'a pas de distance horizontale à parcourirla lâchée
  • Celle qui est lancée : elle va plus vitela lancée
  • Elles touchent le sol au même instantsimultanément

Réponse : Le mouvement vertical ne dépend que de a_y = −g et de la vitesse verticale initiale, nulle dans les deux cas. La vitesse horizontale n'intervient dans aucune des équations en y : elle change le point de chute, pas la date de chute.

Particule chargée dans un champ électrique uniforme

Entre deux plaques parallèles portées à une tension UU et distantes de dd, le champ est uniforme, dirigé de la plaque positive vers la négative, de valeur

E=UdE = \frac{U}{d}

Une particule de charge qq y subit la force électrique F=qE\vec{F} = q\vec{E}. Le poids est systématiquement négligé devant elle — pour un électron, le rapport est de l'ordre de 101310^{13}, et l'énoncé demande souvent de le justifier par ce calcul.

a=qEm\vec{a} = \frac{q\vec{E}}{m}

L'accélération est constante : on est exactement dans le cas du projectile, avec qE/mq E / m à la place de gg. Toutes les formules précédentes se transposent, y compris l'équation de la trajectoire parabolique.

Deux dispositifs reviennent :

L'accélération, lorsque E\vec{E} est parallèle à la vitesse. Le théorème de l'énergie cinétique donne directement la vitesse de sortie, sans passer par les équations horaires :

12mv212mv02=qU\tfrac{1}{2}mv^2 - \tfrac{1}{2}mv_0^{\,2} = qU

La déviation, lorsque E\vec{E} est perpendiculaire à la vitesse d'entrée. La particule décrit une parabole dans les plaques, puis une droite au-delà — plus aucune force ne s'y exerce. C'est le principe de l'oscilloscope, et l'énoncé demande presque toujours la déviation sur l'écran, qui se calcule en prolongeant la tangente à la sortie des plaques.

Le signe de qq décide du sens de la déviation : un électron, de charge négative, est dévié vers la plaque positive, en sens inverse du champ.

Particule chargée dans un champ magnétique

C'est le point qui coince, chaque année, et la difficulté est géométrique avant d'être physique. La force de Lorentz s'écrit

F=qvB\vec{F} = q\,\vec{v} \wedge \vec{B}

Un produit vectoriel : le résultat est perpendiculaire aux deux vecteurs de départ. Sa norme vaut qvBsinθ|q|\,v\,B\sin\theta, maximale quand v\vec{v} et B\vec{B} sont perpendiculaires, nulle quand ils sont colinéaires — une particule lancée le long des lignes de champ n'est pas déviée du tout.

Le conseil qui fait la différence : dessiner systématiquement le trièdre. Trois doigts de la main droite, orthogonaux, dans l'ordre v\vec{v}, B\vec{B}, F\vec{F} ; puis inverser le sens de F\vec{F} si la charge est négative. Tant que le trièdre n'est pas sur le papier, le calcul se fait à l'aveugle.

Deux conséquences immédiates, et elles ne se démontrent pas autrement :

La force ne travaille jamais. Étant perpendiculaire à la vitesse, sa puissance Fv\vec{F} \cdot \vec{v} est nulle. La norme de la vitesse est donc constante : un champ magnétique dévie, il n'accélère ni ne ralentit jamais. C'est ce qui le distingue radicalement du champ électrique, et l'énoncé le vérifie souvent par une question de cours.

Le mouvement est circulaire uniforme lorsque v\vec{v} est perpendiculaire à B\vec{B}. La force, de norme constante qvB|q|vB et toujours perpendiculaire à la vitesse, est centripète. En égalant à mv2/Rmv^2/R :

qvB=mv2RR=mvqB|q|\,v\,B = \frac{mv^2}{R} \qquad\Longrightarrow\qquad R = \frac{m\,v}{|q|\,B}

Le rayon croît avec la vitesse et décroît avec le champ. La période, elle, ne dépend pas de la vitesse :

T=2πmqBT = \frac{2\pi m}{|q|\,B}

C'est la propriété qui rend le cyclotron possible : une particule qui accélère décrit des cercles de plus en plus grands mais met toujours le même temps à en faire un tour, si bien qu'une tension alternative de période fixe peut l'accélérer à chaque passage.

Quiz · 1 question

Un champ magnétique peut-il augmenter la vitesse d'une particule chargée ?

  • Oui, si le champ est assez intenseintensité
  • Non : la force de Lorentz est perpendiculaire à la vitesse, donc elle ne travaille pastravail nul
  • Oui, mais seulement pour une charge positivesigne de q

Réponse : La puissance de la force de Lorentz est F·v = 0 puisque les deux vecteurs sont orthogonaux. L'énergie cinétique reste constante, donc la norme de la vitesse aussi. Un champ magnétique courbe une trajectoire ; seul un champ électrique change la vitesse.

Gravitation, satellites et lois de Kepler

Deux corps de masses mAm_A et mBm_B dont les centres sont distants de rr s'attirent avec une force de norme

F=GmAmBr2avecG=6,67×1011 S.I.F = G\,\frac{m_A\,m_B}{r^2} \qquad\text{avec}\qquad G = 6{,}67 \times 10^{-11}\ \text{S.I.}

Le champ de gravitation créé par un astre de masse MM à la distance rr de son centre vaut G=GM/r2\mathcal{G} = GM/r^2. Au voisinage du sol, ce champ est g\vec{g} : l'intensité de la pesanteur n'est pas une constante donnée, c'est la valeur locale du champ de gravitation.

g0=GMTRT2g(h)=GMT(RT+h)2=g0RT2(RT+h)2g_0 = \frac{GM_T}{R_T^{\,2}} \qquad\qquad g(h) = \frac{GM_T}{(R_T + h)^2} = g_0\,\frac{R_T^{\,2}}{(R_T + h)^2}

Pour un satellite en orbite circulaire, la gravitation est la seule force et elle est centripète. En l'égalant à mv2/rmv^2/r, la masse du satellite se simplifie — encore une fois — et il vient

v=GMrT=2πr3GMv = \sqrt{\frac{GM}{r}} \qquad\qquad T = 2\pi\sqrt{\frac{r^3}{GM}}

La vitesse ne dépend pas de la masse du satellite : un boulon et une station spatiale sur la même orbite ont la même vitesse. Et plus l'orbite est haute, plus le satellite est lent, ce qui heurte l'intuition mais se lit directement dans la formule.

En élevant la période au carré, on obtient la troisième loi de Kepler :

T2r3=4π2GM\frac{T^2}{r^3} = \frac{4\pi^2}{GM}

Le rapport ne dépend que de l'astre central. Deux satellites de la Terre vérifient donc T12/r13=T22/r23T_1^{\,2}/r_1^{\,3} = T_2^{\,2}/r_2^{\,3}, ce qui permet de déduire l'un de l'autre sans connaître GG ni MM — c'est l'usage qu'en fait presque tout énoncé.

Le satellite géostationnaire est le cas particulier obligé : il paraît fixe au-dessus d'un point de l'équateur, donc sa période vaut exactement un jour sidéral (T=86164T = 86\,164 s), son orbite est équatoriale, et son rayon s'en déduit — environ 4220042\,200 km depuis le centre de la Terre, soit 3580035\,800 km d'altitude.

À vous

Exercice de code

Écrivez durée de vol, portée et flèche à partir des équations horaires, puis découvrez pourquoi deux angles de tir atteignent la même cible.

Point de départ

// Un projectile est lancé depuis le sol avec la vitesse v0,
// sous l'angle alpha (en degrés) au-dessus de l'horizontale.
const g = 9.8;
const rad = (d) => (d * Math.PI) / 180;

// 1. Les trois grandeurs qu'un énoncé demande presque toujours.
const duree = (v0, alpha) => 0;   // durée totale du vol
const portee = (v0, alpha) => 0;  // distance au point de chute
const fleche = (v0, alpha) => 0;  // altitude maximale

console.log(duree(20, 50).toFixed(2));    // attendu : 3.13
console.log(portee(20, 50).toFixed(1));   // attendu : 40.2
console.log(fleche(20, 50).toFixed(1));   // attendu : 12.0

// 2. Deux angles différents donnent la MÊME portée. Trouvez lequel
//    accompagne 50°, et vérifiez-le.
console.log(portee(20, 40).toFixed(1));   // ?

// 3. Quel angle maximise la portée ? Balayez et lisez le résultat.

Solution

const g = 9.8;
const rad = (d) => (d * Math.PI) / 180;

// Toutes trois se retrouvent depuis les équations horaires, et
// aucune ne mérite d'être apprise par cœur :
//   - la durée en résolvant y(t) = 0 pour t different de 0 ;
//   - la portée en reportant cette durée dans x(t) ;
//   - la flèche à mi-vol, là où la composante verticale s'annule.
const duree = (v0, alpha) => (2 * v0 * Math.sin(rad(alpha))) / g;
const portee = (v0, alpha) => (v0 ** 2 * Math.sin(2 * rad(alpha))) / g;
const fleche = (v0, alpha) => (v0 * Math.sin(rad(alpha))) ** 2 / (2 * g);

console.log(duree(20, 50).toFixed(2));    // 3.13
console.log(portee(20, 50).toFixed(1));   // 40.2
console.log(fleche(20, 50).toFixed(1));   // 12.0

// L'angle complémentaire donne la même portée : sin(2 x 40°) et
// sin(2 x 50°) valent tous deux sin(80°) = sin(100°). Le tir tendu
// et le tir en cloche atteignent la même cible.
console.log(portee(20, 40).toFixed(1));   // 40.2 — identique

// ... mais PAS la même flèche ni la même durée : c'est ce qui les
// distingue, et ce que l'énoncé demande de commenter.
console.log(fleche(20, 40).toFixed(1), duree(20, 40).toFixed(2)); // 8.4 2.63

// Le maximum est en 45°, où sin(2 alpha) = 1. Le balayage le
// confirme sans qu'on ait à dériver quoi que ce soit.
let meilleur = 0;
for (let a = 1; a < 90; a++) {
  if (portee(20, a) > portee(20, meilleur)) meilleur = a;
}
console.log(meilleur, portee(20, meilleur).toFixed(1)); // 45 40.8

Deux exercices de bac

Exercice 1

Déviation d'un électron entre deux plaques

Un électron pénètre avec une vitesse horizontale v0=2,0×107v_0 = 2{,}0 \times 10^7 m/s au milieu de deux plaques horizontales de longueur L=8,0L = 8{,}0 cm, distantes de d=4,0d = 4{,}0 cm, entre lesquelles règne une tension U=200U = 200 V. On donne e=1,6×1019e = 1{,}6 \times 10^{-19} C et m=9,1×1031m = 9{,}1 \times 10^{-31} kg.

  1. Établir les équations horaires du mouvement.
  2. L'électron sort-il des plaques ?

Correction

Système : l'électron. Repère : origine à l'entrée, xx horizontal dans le sens de v0\vec{v}_0, yy vertical ascendant.

Le poids est négligeable : mg9×1030mg \approx 9 \times 10^{-30} N face à eE=8×1016eE = 8 \times 10^{-16} N, soit un rapport de 101410^{14}.

1. Le champ vaut E=U/d=200/0,040=5,0×103E = U/d = 200/0{,}040 = 5{,}0 \times 10^3 V/m. L'électron étant de charge négative, il est attiré vers la plaque positive ; en prenant cette plaque du côté des yy positifs, l'accélération est dirigée vers le haut :

a=eEm=1,6×1019×5,0×1039,1×10318,8×1014 ms2a = \frac{eE}{m} = \frac{1{,}6 \times 10^{-19} \times 5{,}0 \times 10^3}{9{,}1 \times 10^{-31}} \approx 8{,}8 \times 10^{14}\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}

D'où, avec v0y=0v_{0y} = 0 :

x=v0ty=12at2x = v_0\,t \qquad\qquad y = \tfrac{1}{2}a\,t^2

2. La durée de traversée se lit sur la première équation :

ts=Lv0=0,0802,0×107=4,0×109 st_s = \frac{L}{v_0} = \frac{0{,}080}{2{,}0 \times 10^7} = 4{,}0 \times 10^{-9}\ \text{s}

La déviation à la sortie vaut alors

ys=12×8,8×1014×(4,0×109)27,0×103 m=7,0 mmy_s = \tfrac{1}{2} \times 8{,}8 \times 10^{14} \times (4{,}0 \times 10^{-9})^2 \approx 7{,}0 \times 10^{-3}\ \text{m} = 7{,}0\ \text{mm}

L'électron entrant au milieu des plaques, il dispose de d/2=20d/2 = 20 mm avant d'en heurter une. Comme 7,0<207{,}0 < 20, il sort effectivement des plaques. C'est la condition qu'il faut énoncer : comparer la déviation à la demi-distance, et non à la distance entière.

Exercice 2

Un satellite de la Terre

Un satellite décrit une orbite circulaire à l'altitude h=600h = 600 km. On donne RT=6400R_T = 6\,400 km et g0=9,8g_0 = 9{,}8 m/s².

  1. Exprimer la vitesse du satellite en fonction de g0g_0, RTR_T et hh, puis la calculer.
  2. En déduire la période, et la comparer à celle d'un satellite géostationnaire.

Correction

1. Plutôt que GG et MTM_T, souvent non fournis, on passe par g0=GMT/RT2g_0 = GM_T/R_T^{\,2}, donc GMT=g0RT2GM_T = g_0 R_T^{\,2}. Avec r=RT+hr = R_T + h :

v=GMTr=RTg0RT+hv = \sqrt{\frac{GM_T}{r}} = R_T\sqrt{\frac{g_0}{R_T + h}}v=6,4×106×9,87,0×1067,6×103 ms1v = 6{,}4 \times 10^6 \times \sqrt{\frac{9{,}8}{7{,}0 \times 10^6}} \approx 7{,}6 \times 10^3\ \text{m}\cdot\text{s}^{-1}

2. La période est le temps d'un tour :

T=2πrv=2π×7,0×1067,6×1035,8×103 s1 h 37 minT = \frac{2\pi r}{v} = \frac{2\pi \times 7{,}0 \times 10^6}{7{,}6 \times 10^3} \approx 5{,}8 \times 10^3\ \text{s} \approx 1\ \text{h}\ 37\ \text{min}

Un satellite géostationnaire a une période de 24 h, soit près de quinze fois plus. La troisième loi de Kepler le confirme sans autre calcul : T2T^2 étant proportionnel à r3r^3, un rapport de 15 sur les périodes correspond à un rapport de 152/3615^{2/3} \approx 6 sur les rayons — et l'orbite géostationnaire est bien à 4200042\,000 km, six fois 70007\,000 km.

À retenir

Flashcards · 7 cartes

Qu'ont en commun la chute libre, le projectile et la particule dans un champ électrique ?
Une accélération CONSTANTE. Le mouvement s'obtient donc par deux intégrations, et les équations sont les mêmes à g près, remplacé par qE/m.
Pourquoi une bille lâchée et une bille lancée horizontalement touchent-elles le sol ensemble ?
Parce que les deux projections sont indépendantes : le mouvement vertical ne dépend que de a_y = −g et de la vitesse verticale initiale, nulle dans les deux cas.
Comment retrouver portée et flèche sans les apprendre par cœur ?
La durée de vol en résolvant y(t) = 0 pour t ≠ 0 ; la portée en la reportant dans x(t) ; la flèche en annulant v_y. Trois lignes, et c'est la démarche que la copie doit montrer.
Pourquoi un champ magnétique ne peut-il pas accélérer une particule ?
La force de Lorentz est perpendiculaire à la vitesse : son travail est nul, donc l'énergie cinétique et la norme de la vitesse sont constantes. Il courbe la trajectoire, il ne la hâte pas.
Rayon et période d'une particule chargée dans un champ magnétique perpendiculaire ?
R = mv/(|q|B) et T = 2πm/(|q|B). La période ne dépend PAS de la vitesse — c'est ce qui rend le cyclotron possible.
De quoi dépend la vitesse d'un satellite en orbite circulaire ?
v = √(GM/r) : de l'astre central et du rayon d'orbite, jamais de la masse du satellite. Et plus l'orbite est haute, plus le satellite est lent.
Que dit la troisième loi de Kepler, et à quoi sert-elle en exercice ?
T²/r³ = 4π²/GM, constante pour tous les satellites d'un même astre. Elle permet de déduire une orbite d'une autre sans connaître ni G ni M.

Chapitre 4 · 7 h

Énergie et oscillateurs

Travail, puissance, énergies cinétique et potentielle, conservation de l'énergie mécanique, puis l'oscillateur harmonique : pendule élastique, pendule simple, période propre.

Les deux chapitres précédents résolvaient les problèmes par les forces : bilan, projection, équations horaires. Ce chapitre en propose une seconde voie, qui ne remplace pas la première mais la court-circuite dans un cas précis — lorsque l'énoncé demande une vitesse à une position donnée sans rien dire du temps.

L'approche énergétique ignore le détail du trajet. Elle ne dit pas quand le mobile arrive, elle dit à quelle vitesse. Savoir laquelle des deux méthodes employer est, en soi, une compétence évaluée.

Travail et puissance

Le travail d'une force constante sur un déplacement AB\overrightarrow{AB} est le produit scalaire

WAB(F)=FAB=F×AB×cosθW_{AB}(\vec{F}) = \vec{F} \cdot \overrightarrow{AB} = F \times AB \times \cos\theta

Il s'exprime en joules. Le cosinus décide de son signe, et c'est tout ce qu'il faut retenir :

  • θ\theta aigu, travail moteur, positif — la force aide au déplacement ;
  • θ\theta droit, travail nul — c'est le cas de la réaction normale et de la force de Lorentz, qui ne travaillent jamais ;
  • θ\theta obtus, travail résistant, négatif — le frottement, toujours.

Le travail du poids mérite une place à part :

W(P)=±mghW(\vec{P}) = \pm\,m\,g\,h

positif à la descente, négatif à la montée, où hh est la dénivellation verticale. Le chemin suivi n'intervient pas : monter par un escalier ou par une rampe coûte le même travail au poids. Une force dont le travail ne dépend que des positions de départ et d'arrivée est dite conservative, et c'est à ces forces seulement qu'on peut associer une énergie potentielle.

La puissance est le débit du travail : P=W/Δt\mathcal{P} = W / \Delta t, en watts, ou P=Fv\mathcal{P} = \vec{F} \cdot \vec{v} pour la puissance instantanée.

Le théorème de l'énergie cinétique

L'énergie cinétique d'un solide en translation vaut Ec=12mv2E_c = \tfrac{1}{2}mv^2, et le théorème s'énonce ainsi : dans un référentiel galiléen, la variation d'énergie cinétique entre deux instants est égale à la somme des travaux de toutes les forces extérieures.

ΔEc=12mvB212mvA2=WAB(Fext)\Delta E_c = \tfrac{1}{2}mv_B^{\,2} - \tfrac{1}{2}mv_A^{\,2} = \sum W_{AB}(\vec{F}_{\text{ext}})

Une équation scalaire, sans projection ni repère : c'est là tout son intérêt. Elle donne une vitesse en une ligne là où les équations horaires en demandent cinq — à condition que le temps ne figure ni dans les données ni dans la question.

Le mot toutes est le piège de l'énoncé. Oublier le travail résistant du frottement donne une vitesse trop grande, et l'erreur ne se voit pas dans le résultat.

Quiz · 1 question

Un solide glisse d'une hauteur h sur un toboggan courbe, sans frottement. De quoi dépend sa vitesse en bas ?

  • De la hauteur h et de la forme du tobogganforme comprise
  • De la hauteur h seulementhauteur seule
  • De la hauteur h et de la masse du solidemasse comprise

Réponse : Le travail du poids ne dépend que de la dénivellation, la réaction normale ne travaille pas, et la masse se simplifie dans ½mv² = mgh. Il reste v = √(2gh) : ni la forme du toboggan ni la masse n'interviennent.

Énergies potentielles et énergie mécanique

À chaque force conservative correspond une énergie potentielle, définie à une constante près — d'où l'obligation de choisir une origine et de l'annoncer.

Epp=mgz(origine aˋ choisir)Epe=12kx2(x mesureˊ depuis la position aˋ vide)E_{pp} = m\,g\,z \quad (\text{origine à choisir}) \qquad\qquad E_{pe} = \tfrac{1}{2}k\,x^2 \quad (\text{$x$ mesuré depuis la position à vide})

L'énergie mécanique est leur somme avec l'énergie cinétique :

Em=Ec+EpE_m = E_c + E_p

Elle se conserve lorsque les seules forces qui travaillent sont conservatives. Sinon, sa variation est égale au travail des forces non conservatives :

ΔEm=W(ffrottement)0\Delta E_m = W(\vec{f}_{\text{frottement}}) \leqslant 0

C'est la formulation la plus utile de tout le chapitre pour les exercices avec frottement : elle donne directement l'énergie dissipée, sans qu'on ait à connaître le détail de la trajectoire.

L'oscillateur harmonique

Un pendule élastique : un solide de masse mm accroché à un ressort de raideur kk, glissant sans frottement sur un plan horizontal. On repère sa position par l'écart xx à la position d'équilibre.

La seule force horizontale est la tension du ressort, F=kxF = -kx — le signe négatif dit l'essentiel : elle est toujours dirigée vers la position d'équilibre, c'est une force de rappel. Le théorème du centre d'inertie projeté donne

kx=mx¨x¨+kmx=0-k\,x = m\,\ddot{x} \qquad\Longleftrightarrow\qquad \ddot{x} + \frac{k}{m}\,x = 0

C'est l'équation différentielle y+ω2y=0y'' + \omega^2 y = 0 rencontrée en mathématiques, dont les solutions sont

x(t)=Xmcos ⁣(ω0t+φ)avecω0=kmx(t) = X_m\cos\!\left(\omega_0 t + \varphi\right) \qquad\text{avec}\qquad \omega_0 = \sqrt{\frac{k}{m}}

XmX_m est l'amplitude et φ\varphi la phase à l'origine : deux constantes fixées par les conditions initiales, position et vitesse à t=0t = 0. La période propre s'en déduit :

T0=2πω0=2πmkT_0 = \frac{2\pi}{\omega_0} = 2\pi\sqrt{\frac{m}{k}}

Trois remarques que l'énoncé teste régulièrement. La période ne dépend pas de l'amplitude — c'est l'isochronisme des oscillations, et c'est ce qui rend un oscillateur utilisable comme horloge. Elle ne dépend pas non plus des conditions initiales. Et elle croît avec la masse mais décroît avec la raideur, ce qui se contrôle par le bon sens : une masse lourde sur un ressort mou oscille lentement.

Énergétiquement, l'oscillateur échange en permanence énergie cinétique et énergie potentielle élastique, à somme constante :

Em=12mv2+12kx2=12kXm2=constanteE_m = \tfrac{1}{2}mv^2 + \tfrac{1}{2}kx^2 = \tfrac{1}{2}k\,X_m^{\,2} = \text{constante}

La dernière égalité s'obtient en se plaçant aux élongations extrêmes, où la vitesse est nulle. Elle donne la vitesse maximale sans aucune dérivation : au passage par l'équilibre, toute l'énergie est cinétique, donc vmax=Xmk/m=ω0Xmv_{\max} = X_m\sqrt{k/m} = \omega_0 X_m.

Quiz · 1 question

On double l'amplitude des oscillations d'un pendule élastique. Que devient sa période propre ?

  • Elle doubleproportionnelle
  • Elle est inchangéeisochrone
  • Elle est multipliée par √2racine

Réponse : T₀ = 2π√(m/k) ne contient ni l'amplitude ni les conditions initiales. C'est l'isochronisme des oscillations : le mobile parcourt un trajet deux fois plus long, mais à des vitesses deux fois plus grandes. L'énergie, elle, est bien quadruplée.

Le pendule simple

Une masse ponctuelle au bout d'un fil inextensible de longueur LL et de masse négligeable. Pour de petites oscillations — l'approximation sinθθ\sin\theta \approx \theta, valable en radians jusqu'à une dizaine de degrés — l'équation prend la même forme que précédemment :

θ¨+gLθ=0T0=2πLg\ddot{\theta} + \frac{g}{L}\,\theta = 0 \qquad\Longrightarrow\qquad T_0 = 2\pi\sqrt{\frac{L}{g}}

La masse a disparu, encore. Deux pendules de même longueur battent la même seconde, qu'ils portent une bille de plomb ou de liège.

Cette formule s'inverse en

g=4π2LT02g = \frac{4\pi^2 L}{T_0^{\,2}}

et c'est le TP à préserver quand le matériel manque : un fil, une masse, un mètre et un chronomètre suffisent à mesurer l'intensité de la pesanteur à quelques pour cent près. Le protocole impose de chronométrer 20 oscillations plutôt qu'une seule — le retard de réaction est alors divisé par vingt, et l'exercice ci-dessous en donne la mesure chiffrée.

À vous

Exercice de code

Déduisez g de mesures de période, puis montrez chiffres à l'appui pourquoi le protocole impose de chronométrer 20 oscillations.

Point de départ

// Le TP de référence : on mesure la durée de 20 oscillations
// d'un pendule simple, pour plusieurs longueurs, et on en déduit g.
const mesures = [
  { L: 0.20, t20: 17.9 },
  { L: 0.40, t20: 25.4 },
  { L: 0.60, t20: 31.1 },
  { L: 0.80, t20: 35.9 },
  { L: 1.00, t20: 40.1 },
];

// 1. La période propre, puis g tiré de T = 2*pi*sqrt(L/g).
const periode = (m) => 0;   // à corriger
const gMesure = (m) => 0;   // à corriger

for (const m of mesures) {
  console.log(m.L, periode(m).toFixed(3), gMesure(m).toFixed(2));
}

// attendu, dernière colonne : autour de 9.8 pour chaque ligne

// 2. Pourquoi chronométrer 20 oscillations plutôt qu'une seule ?
//    Simulez une erreur de réaction de 0.2 s sur le chronomètre
//    et comparez l'erreur commise sur g dans les deux cas.

Solution

const mesures = [
  { L: 0.20, t20: 17.9 },
  { L: 0.40, t20: 25.4 },
  { L: 0.60, t20: 31.1 },
  { L: 0.80, t20: 35.9 },
  { L: 1.00, t20: 40.1 },
];

const periode = (m) => m.t20 / 20;

// T = 2*pi*sqrt(L/g) s'inverse en g = 4*pi²*L / T². C'est
// l'intérêt du pendule : g n'est pas mesuré directement, il est
// DÉDUIT d'une longueur et d'une durée, deux grandeurs qu'on sait
// mesurer précisément avec un mètre et un chronomètre.
const gMesure = (m) => (4 * Math.PI ** 2 * m.L) / periode(m) ** 2;

for (const m of mesures) {
  console.log(m.L, periode(m).toFixed(3), gMesure(m).toFixed(2));
}
// 0.2 0.895 9.86 | 0.4 1.270 9.79 | 0.6 1.555 9.80
// 0.8 1.795 9.80 | 1   2.005 9.82

// Chronométrer N oscillations divise l'erreur par N : le retard de
// réaction est le même, mais il est réparti sur 20 périodes.
const gAvecErreur = (m, dt, n) =>
  (4 * Math.PI ** 2 * m.L) / ((m.t20 * (n / 20) + dt) / n) ** 2;

const m = mesures[4];
console.log(gMesure(m).toFixed(2));                 // 9.82 — la référence
console.log(gAvecErreur(m, 0.2, 1).toFixed(2));     // 8.14 — 17 % d'écart
console.log(gAvecErreur(m, 0.2, 20).toFixed(2));    // 9.63 — 2 % d'écart

// Un seul geste de protocole, et l'erreur est divisée par vingt.
// C'est la leçon du TP, autant que la valeur de g.

Un exercice de bac

Exercice 1

Un solide lancé sur une piste avec frottement

Un solide de masse m=500m = 500 g est lancé au point AA avec une vitesse vA=5,0v_A = 5{,}0 m/s sur une piste horizontale ABAB de longueur =3,0\ell = 3{,}0 m, où il subit un frottement constant d'intensité f=1,2f = 1{,}2 N. En BB, il aborde une portion circulaire sans frottement et s'élève jusqu'à un point CC où sa vitesse s'annule. On prend g=9,8g = 9{,}8 m/s².

  1. Calculer la vitesse en BB.
  2. Calculer la hauteur hh du point CC au-dessus de la piste.
  3. L'énergie mécanique s'est-elle conservée entre AA et CC ? Quantifier.

Correction

1. Sur ABAB, le poids et la réaction normale sont perpendiculaires au déplacement : leur travail est nul. Seul le frottement travaille, et son travail est résistant. Le théorème de l'énergie cinétique donne

12mvB212mvA2=f\tfrac{1}{2}mv_B^{\,2} - \tfrac{1}{2}mv_A^{\,2} = -f\,\ellvB2=vA22fm=252×1,2×3,00,500=2514,4=10,6v_B^{\,2} = v_A^{\,2} - \frac{2f\ell}{m} = 25 - \frac{2 \times 1{,}2 \times 3{,}0}{0{,}500} = 25 - 14{,}4 = 10{,}6

d'où vB3,3v_B \approx 3{,}3 m/s.

2. Sur BCBC il n'y a plus de frottement : l'énergie mécanique se conserve. En prenant l'origine des énergies potentielles au niveau de la piste, et sachant que la vitesse est nulle en CC :

12mvB2=mghh=vB22g=10,619,60,54 m\tfrac{1}{2}mv_B^{\,2} = m\,g\,h \qquad\Longrightarrow\qquad h = \frac{v_B^{\,2}}{2g} = \frac{10{,}6}{19{,}6} \approx 0{,}54\ \text{m}

La masse se simplifie : la hauteur atteinte ne dépend que de la vitesse en BB.

3. Non, et l'écart se lit directement. L'énergie mécanique initiale vaut 12×0,500×25=6,25\tfrac{1}{2} \times 0{,}500 \times 25 = 6{,}25 J ; l'énergie finale, en CC, vaut mgh=0,500×9,8×0,542,65mgh = 0{,}500 \times 9{,}8 \times 0{,}54 \approx 2{,}65 J.

ΔEm3,6 J=f=1,2×3,0\Delta E_m \approx -3{,}6\ \text{J} = -f\,\ell = -1{,}2 \times 3{,}0

L'énergie perdue est exactement le travail du frottement, dissipé en chaleur sur ABAB. C'est le contrôle qui valide toute la copie : si les deux nombres ne coïncident pas, une erreur s'est glissée en amont.

À retenir

Flashcards · 6 cartes

Quand employer le théorème de l'énergie cinétique plutôt que les équations horaires ?
Quand l'énoncé demande une vitesse à une position donnée, sans faire intervenir le temps. C'est une équation scalaire, sans projection : une ligne au lieu de cinq.
De quoi dépend le travail du poids ?
De la seule dénivellation verticale : W = ±mgh, quel que soit le chemin suivi. C'est ce qui en fait une force conservative, et ce qui permet de lui associer une énergie potentielle.
Que devient l'énergie mécanique en présence de frottement ?
Elle diminue, et sa variation est égale au travail des forces non conservatives : ΔE_m = W(f) ≤ 0. C'est la façon la plus rapide de calculer l'énergie dissipée.
Quelle équation différentielle régit un pendule élastique, et quelle est sa solution ?
ẍ + (k/m)x = 0, dont les solutions sont x = X_m·cos(ω₀t + φ) avec ω₀ = √(k/m). Amplitude et phase viennent des conditions initiales.
La période d'un oscillateur dépend-elle de l'amplitude ?
Non — c'est l'isochronisme des oscillations. T₀ = 2π√(m/k) ne contient ni l'amplitude ni les conditions initiales, et c'est ce qui rend un oscillateur utilisable comme horloge.
Comment mesure-t-on g avec un pendule simple ?
En inversant T₀ = 2π√(L/g) : g = 4π²L/T₀². On chronomètre 20 oscillations pour diviser par vingt l'erreur de réaction — un fil, une masse, un mètre et un chronomètre suffisent.