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Terminale C · Physique

Cours 2Électromagnétisme

Du champ magnétique à la force qu'il exerce, puis au courant qu'une variation de flux engendre, jusqu'au régime sinusoïdal et à la résonance.

3 chapitres · 25 h de travail estimé

  1. 1. Champ magnétique et force de Laplace8 h
  2. 2. Induction électromagnétique8 h
  3. 3. Courant alternatif sinusoïdal9 h

Chapitre 1 · 8 h

Champ magnétique et force de Laplace

Sources et spectres du champ magnétique, force de Laplace, applications aux rails et au moteur.

Un champ magnétique ne se voit pas, ne pèse rien, et n'agit sur rien de ce qui est immobile. Il ne se manifeste qu'en présence d'une charge en mouvement — un courant dans un fil, un électron lancé dans le vide. C'est ce qui le rend abstrait, et c'est aussi ce qui l'explique : un champ magnétique est ce que voit une charge quand une autre charge se déplace.

Le chapitre installe deux choses : d'où vient le champ, et ce qu'il fait à un conducteur parcouru par un courant.

Le vecteur champ magnétique

En chaque point de l'espace, B\vec{B} possède une direction, un sens et une valeur, mesurée en teslas (T). Une aiguille aimantée placée en un point s'oriente selon B\vec{B}, son pôle nord indiquant le sens.

Les ordres de grandeur méritent d'être connus, ne serait-ce que pour repérer un résultat aberrant :

SourceValeur de BB
Champ magnétique terrestre5×105\approx 5 \times 10^{-5} T
Aimant droit usuel, au contact10210^{-2} à 10110^{-1} T
Électroaimant de laboratoire11 T
Appareil d'IRM11 à 33 T

Un exercice qui produit B=500B = 500 T contient une erreur, quelle que soit l'élégance du calcul qui y mène.

Les lignes de champ sont les courbes tangentes en tout point à B\vec{B}. Elles sortent du pôle nord d'un aimant et y rentrent par le sud, se referment toujours sur elles-mêmes, et ne se croisent jamais — un point ne peut pas avoir deux directions de champ. Là où elles se resserrent, le champ est intense. Un champ est uniforme dans une région où ces lignes sont parallèles et régulièrement espacées : c'est le cas à l'intérieur d'un solénoïde, et c'est ce qui rend cette géométrie omniprésente en exercice.

Les champs créés par des courants

Trois géométries sont au programme, et une seule règle d'orientation.

Le fil rectiligne infini. Les lignes de champ sont des cercles centrés sur le fil, dans des plans perpendiculaires à lui.

B=μ0I2πravecμ0=4π×107 S.I.B = \frac{\mu_0\,I}{2\pi\,r} \qquad\text{avec}\qquad \mu_0 = 4\pi \times 10^{-7}\ \text{S.I.}

Le solénoïde, long devant son diamètre. Le champ y est uniforme à l'intérieur, quasi nul à l'extérieur :

B=μ0nI=μ0NIB = \mu_0\,n\,I = \mu_0\,\frac{N}{\ell}\,I

Le point à ne pas manquer : nn est le nombre de spires par mètre. Deux solénoïdes de longueurs différentes mais de même densité de spires produisent le même champ, et doubler à la fois NN et \ell ne change rien.

La bobine plate de NN spires de rayon RR, en son centre : B=μ0NI/(2R)B = \mu_0 N I / (2R).

L'orientation se retrouve dans les trois cas par la règle du tire-bouchon : on tourne le tire-bouchon dans le sens du courant, il avance dans le sens du champ. Pour un fil on tourne autour du fil ; pour une bobine on tourne dans le sens des spires, et B\vec{B} sort par la face nord.

Quiz · 1 question

On double le nombre de spires d'un solénoïde ET sa longueur, à courant constant. Que devient le champ à l'intérieur ?

  • Il doubleproportionnel à N
  • Il est inchangéinchangé
  • Il est divisé par deuxdilué

Réponse : B = μ₀nI ne dépend que de la densité linéique n = N/ℓ. Doubler N et ℓ laisse ce rapport identique. C'est le contrôle qui distingue ceux qui ont compris la formule de ceux qui l'ont recopiée.

La force de Laplace

Un conducteur de longueur \ell, parcouru par un courant II, placé dans un champ B\vec{B}, subit la force

F=IBde normeF=BIsinθ\vec{F} = I\,\vec{\ell} \wedge \vec{B} \qquad\text{de norme}\qquad F = B\,I\,\ell\,\sin\theta

\vec{\ell} est orienté dans le sens du courant et θ\theta est l'angle entre le conducteur et le champ.

C'est encore un produit vectoriel, donc encore un trièdre à dessiner. La force est perpendiculaire à la fois au conducteur et au champ, et son sens s'obtient par la règle des trois doigts de la main droite : le pouce dans le sens du courant, l'index dans celui du champ, le majeur donne la force.

Deux conséquences du sinus, et elles se contrôlent l'une par l'autre :

  • conducteur perpendiculaire au champ : sinθ=1\sin\theta = 1, force maximale F=BIF = BI\ell ;
  • conducteur parallèle au champ : sinθ=0\sin\theta = 0, force nulle.

Ce second cas est le meilleur test d'une expression : un fil placé le long des lignes de champ ne subit rien, et une formule qui prédirait le contraire est fausse.

Le lien avec la force de Lorentz

La force de Laplace n'est pas une force nouvelle. Le courant est un déplacement de porteurs de charge, chacun subissant qvBq\vec{v} \wedge \vec{B} ; la force de Laplace est la somme de ces forces élémentaires, transmise au conducteur par les chocs des porteurs sur le réseau cristallin.

Cela explique un fait autrement mystérieux : pourquoi le fil, globalement neutre, est-il poussé ? Parce que ce sont ses électrons qui sont déviés, et qu'ils entraînent le métal avec eux.

Trois applications

Les rails de Laplace. Une barre conductrice mobile posée sur deux rails horizontaux, dans un champ vertical. Le courant traverse la barre, la force de Laplace la met en mouvement. Le dispositif est simple, quantifiable, et c'est le sujet d'exercice le plus fréquent du chapitre — il combine la force de Laplace avec le théorème du centre d'inertie du chapitre 2.

Le moteur à courant continu. Un cadre parcouru par un courant, dans un champ : les deux côtés perpendiculaires au champ subissent des forces opposées, qui ne se compensent pas en moment. Le cadre tourne. Le collecteur inverse le courant à chaque demi-tour, sans quoi le cadre oscillerait autour de sa position d'équilibre au lieu de tourner.

Le haut-parleur. Une bobine mobile dans l'entrefer d'un aimant permanent : le courant audio y crée une force de Laplace variable, la membrane suit, l'air est mis en mouvement.

Quiz · 1 question

Un fil rectiligne est placé PARALLÈLEMENT aux lignes d'un champ magnétique uniforme et parcouru par un courant. Quelle force subit-il ?

  • Une force maximale, égale à BIℓmaximale
  • Aucune forcenulle
  • Une force dirigée le long du fillongitudinale

Réponse : F = BIℓ·sin θ avec θ = 0 : la force est nulle. Un produit vectoriel de deux vecteurs colinéaires est nul, et la force de Laplace ne peut jamais être dirigée le long du conducteur puisqu'elle lui est perpendiculaire par construction.

À vous

Exercice de code

Calculez le champ d'un solénoïde puis la force de Laplace, et découvrez ce qui arrive à un conducteur placé le long des lignes de champ.

Point de départ

// Un solénoïde de 40 cm de long comporte 800 spires et est
// parcouru par un courant I. À l'intérieur, une barre conductrice
// de longueur L, perpendiculaire au champ, porte un courant i.
const MU0 = 4 * Math.PI * 1e-7;

// 1. Le champ à l'intérieur du solénoïde ne dépend que du nombre
//    de spires PAR MÈTRE, jamais de la longueur seule.
const champSolenoide = (N, longueur, I) => 0;  // à corriger

// 2. La force de Laplace sur une portion de conducteur.
//    theta est l'angle entre le conducteur et le champ.
const laplace = (B, i, L, theta) => 0;         // à corriger

const B = champSolenoide(800, 0.40, 2.5);
console.log(B.toExponential(2));               // attendu : 6.28e-3

const rad = (d) => (d * Math.PI) / 180;
console.log(laplace(B, 4.0, 0.10, rad(90)).toExponential(2)); // 2.51e-3
console.log(laplace(B, 4.0, 0.10, rad(30)).toExponential(2)); // ?
console.log(laplace(B, 4.0, 0.10, rad(0)).toExponential(2));  // ?

// 3. Que devient le champ si l'on double à la fois le nombre de
//    spires ET la longueur du solénoïde ?

Solution

const MU0 = 4 * Math.PI * 1e-7;

// B = mu0 * n * I, où n = N/longueur est la densité linéique de
// spires. C'est la seule formule du chapitre où la géométrie se
// résume à un rapport.
const champSolenoide = (N, longueur, I) => (MU0 * N * I) / longueur;

// F = B * i * L * sin(theta). Le sinus vient du produit vectoriel :
// la force est maximale quand le conducteur est perpendiculaire au
// champ, et NULLE quand il lui est parallèle.
const laplace = (B, i, L, theta) => B * i * L * Math.sin(theta);

const B = champSolenoide(800, 0.40, 2.5);
console.log(B.toExponential(2));               // 6.28e-3 T

const rad = (d) => (d * Math.PI) / 180;
console.log(laplace(B, 4.0, 0.10, rad(90)).toExponential(2)); // 2.51e-3 N
console.log(laplace(B, 4.0, 0.10, rad(30)).toExponential(2)); // 1.26e-3 N
console.log(laplace(B, 4.0, 0.10, rad(0)).toExponential(2));  // 0.00e+0 N

// Un conducteur placé LE LONG des lignes de champ ne subit aucune
// force. C'est le contrôle qui distingue une erreur de sinus d'une
// erreur de cosinus, sans avoir à retenir laquelle va où.

// Doubler N et la longueur laisse n = N/longueur inchangé, donc B
// aussi : deux solénoïdes de tailles différentes mais de même
// densité de spires produisent le même champ.
console.log(champSolenoide(1600, 0.80, 2.5).toExponential(2));  // 6.28e-3

Un exercice de bac

Exercice 1

Rails de Laplace

Une barre conductrice MNMN de masse m=20m = 20 g et de longueur =12\ell = 12 cm repose sur deux rails horizontaux parallèles, distants de \ell, dans un champ magnétique vertical B=0,25B = 0{,}25 T. Un générateur y fait circuler un courant I=3,0I = 3{,}0 A. Les frottements sont équivalents à une force constante f=0,05f = 0{,}05 N opposée au mouvement.

  1. Déterminer la direction et le sens de la force de Laplace.
  2. Calculer son intensité, puis l'accélération de la barre.
  3. Quelle intensité minimale faut-il pour que la barre démarre ?

Correction

1. Le champ est vertical, la barre horizontale : ils sont perpendiculaires. La force de Laplace, perpendiculaire aux deux, est donc horizontale et perpendiculaire à la barre — elle la pousse le long des rails. Son sens se lit sur le trièdre : pouce dans le sens du courant MNM \to N, index vers le haut, le majeur donne le sens du déplacement.

2. L'angle valant 90°90° :

F=BI=0,25×3,0×0,12=9,0×102 NF = B\,I\,\ell = 0{,}25 \times 3{,}0 \times 0{,}12 = 9{,}0 \times 10^{-2}\ \text{N}

Système : la barre. Sur l'axe horizontal du mouvement, le poids et la réaction des rails ne travaillent pas et se compensent verticalement. Il reste la force de Laplace et le frottement :

Ff=maa=9,0×1025,0×1020,020=2,0 ms2F - f = m\,a \quad\Longrightarrow\quad a = \frac{9{,}0 \times 10^{-2} - 5{,}0 \times 10^{-2}}{0{,}020} = 2{,}0\ \text{m}\cdot\text{s}^{-2}

3. La barre démarre lorsque la force de Laplace dépasse le frottement :

BImin=fImin=0,050,25×0,121,7 AB\,I_{\min}\,\ell = f \quad\Longrightarrow\quad I_{\min} = \frac{0{,}05}{0{,}25 \times 0{,}12} \approx 1{,}7\ \text{A}

En deçà de 1,71{,}7 A, le courant circule mais rien ne bouge : la force existe, elle est simplement insuffisante. C'est la distinction que l'énoncé teste — une force nulle et une force compensée ne sont pas la même chose.

À retenir

Flashcards · 6 cartes

Sur quoi un champ magnétique agit-il ?
Uniquement sur des charges EN MOUVEMENT : un courant, une particule lancée. Une charge immobile dans un champ magnétique ne subit rien.
Que vaut le champ à l'intérieur d'un solénoïde ?
B = μ₀nI, où n = N/ℓ est le nombre de spires PAR MÈTRE. Deux solénoïdes de longueurs différentes mais de même densité de spires produisent le même champ.
Quelle est l'expression de la force de Laplace ?
F = I·ℓ∧B, de norme BIℓ·sin θ. Elle est perpendiculaire au conducteur ET au champ : le trièdre se dessine avant tout calcul.
Que subit un fil placé le long des lignes de champ ?
Rien : sin 0 = 0. C'est le meilleur contrôle d'une expression de force de Laplace, et il ne demande aucun calcul.
Force de Laplace et force de Lorentz : quel rapport ?
La première est la SOMME des secondes. Ce sont les porteurs de charge qui sont déviés, et ils entraînent le conducteur — d'où le mouvement d'un fil pourtant électriquement neutre.
Pourquoi un moteur à courant continu a-t-il besoin d'un collecteur ?
Pour inverser le courant à chaque demi-tour. Sans lui, le cadre oscillerait autour de sa position d'équilibre au lieu de tourner continûment.

Chapitre 2 · 8 h

Induction électromagnétique

Flux magnétique, loi de Lenz-Faraday, force électromotrice induite, auto-induction et énergie d'une bobine.

Le chapitre précédent partait d'un courant pour obtenir une force. Celui-ci fait le chemin inverse : à partir d'un mouvement, ou d'un champ qui varie, il fabrique un courant. C'est le phénomène sur lequel repose toute la production d'électricité — sans lui, ni alternateur, ni transformateur, ni recharge sans contact.

Une seule idée le porte, et elle est plus subtile qu'il n'y paraît : ce n'est pas le champ magnétique qui crée un courant, c'est sa variation.

Le flux magnétique

Le flux à travers une surface plane SS dont la normale fait l'angle θ\theta avec B\vec{B} vaut

Φ=BScosθen webers (Wb)\Phi = B\,S\,\cos\theta \qquad\text{en webers (Wb)}

et NBScosθN\,B\,S\cos\theta pour une bobine de NN spires. Le flux mesure, intuitivement, le nombre de lignes de champ qui traversent la surface : maximal quand la surface leur est perpendiculaire (θ=0\theta = 0), nul quand elle leur est parallèle (θ=90°\theta = 90°), et le cosinus fait le lien.

De cette écriture découlent les trois façons de faire varier un flux, et tout exercice du chapitre en exploite une :

  1. faire varier BB — approcher un aimant, alimenter un électroaimant en courant variable ;
  2. faire varier SS — déformer un circuit, déplacer une barre sur des rails ;
  3. faire varier θ\theta — faire tourner une bobine dans un champ fixe.

Le troisième cas est celui de l'alternateur, et il produit une tension sinusoïdale par la seule vertu du cosinus.

Les deux lois de l'induction

La loi de Lenz donne le sens, et elle s'énonce en une phrase : le courant induit s'oppose, par ses effets, à la cause qui lui a donné naissance.

C'est une loi qualitative, mais c'est elle qui répond à la question posée en copie. Si l'on approche le pôle nord d'un aimant d'une bobine, le courant induit s'établit de manière à créer une face nord en regard — pour repousser l'aimant. On l'éloigne : le courant s'inverse pour l'attirer et le retenir. Le courant induit freine toujours ce qui le crée, et c'est ce qui rend l'induction compatible avec la conservation de l'énergie : il faut fournir un travail mécanique pour produire de l'électricité.

La loi de Faraday donne la valeur :

e=dΦdte = -\frac{d\Phi}{dt}

Le signe moins est la loi de Lenz, écrite mathématiquement. La force électromotrice induite ee s'exprime en volts, et elle est d'autant plus grande que le flux varie vite — non qu'il soit grand.

C'est la confusion centrale du chapitre : un flux énorme mais constant ne produit aucune tension, tandis qu'un flux faible qui s'annule brutalement en produit une considérable. On le vérifie sur l'alternateur, où la f.é.m. est maximale précisément à l'instant où le flux passe par zéro.

Quiz · 1 question

Une bobine est placée dans un champ magnétique intense mais parfaitement constant. Quelle tension apparaît à ses bornes ?

  • Une tension d'autant plus grande que le champ est intenseproportionnelle à B
  • Aucune tensionnulle
  • Une tension constante non nulleconstante

Réponse : e = −dΦ/dt. Un flux constant a une dérivée nulle, donc la f.é.m. est nulle, quelle que soit l'intensité du champ. Ce n'est jamais le flux qui induit, c'est sa VARIATION.

L'alternateur

Une bobine de NN spires, de surface SS, tournant à la vitesse angulaire ω\omega dans un champ uniforme BB. L'angle vaut θ=ωt\theta = \omega t, donc

Φ(t)=NBScos(ωt)e(t)=NBSωsin(ωt)\Phi(t) = N\,B\,S\cos(\omega t) \qquad\Longrightarrow\qquad e(t) = N\,B\,S\,\omega\,\sin(\omega t)

Une rotation uniforme produit une tension sinusoïdale. C'est de là — et non d'un choix technique arbitraire — que vient le courant alternatif du chapitre suivant : c'est la forme que prend naturellement l'électricité produite par une machine tournante.

L'amplitude Em=NBSωE_m = NBS\omega croît avec la vitesse de rotation : un alternateur qui tourne plus vite délivre une tension plus élevée et de fréquence plus haute, ce qui explique la régulation stricte de la vitesse des alternateurs d'une centrale.

Auto-induction

Une bobine parcourue par un courant crée son propre champ, donc son propre flux à travers elle-même. Si le courant varie, ce flux varie, et la bobine induit en elle-même une f.é.m. qui s'oppose à cette variation.

Φpropre=Lie=Ldidt\Phi_{\text{propre}} = L\,i \qquad\Longrightarrow\qquad e = -L\,\frac{di}{dt}

Le coefficient LL est l'inductance, en henrys (H). Elle ne dépend que de la géométrie de la bobine et du milieu, jamais du courant.

La conséquence pratique est visible : une bobine s'oppose aux variations brutales de courant. À la fermeture d'un circuit, le courant s'établit progressivement ; à l'ouverture, la bobine tente de le maintenir, ce qui provoque l'étincelle bien connue à l'interrupteur. Une bobine est, pour le courant, ce que l'inertie est pour la vitesse.

Elle emmagasine pour cela une énergie :

E=12Li2E = \tfrac{1}{2}L\,i^2

à comparer terme à terme avec 12mv2\tfrac{1}{2}mv^2 — l'analogie est exacte, et elle aide à retenir laquelle des deux formules porte le facteur un demi.

Le transformateur, et les courants de Foucault

Deux bobines enroulées sur un même circuit magnétique : le primaire, alimenté en alternatif, crée un flux variable ; le secondaire, traversé par ce flux, voit apparaître une f.é.m. Le rapport des tensions est celui des nombres de spires.

U2U1=N2N1\frac{U_2}{U_1} = \frac{N_2}{N_1}

Un transformateur ne fonctionne qu'en alternatif : en continu, le flux serait constant et rien ne serait induit. C'est la raison technique pour laquelle le transport de l'électricité se fait en alternatif — élever la tension pour limiter les pertes par effet Joule, puis l'abaisser à l'arrivée, n'est possible que sous cette forme.

Dans une masse métallique soumise à un flux variable, les courants induits circulent en boucles fermées : ce sont les courants de Foucault. Ils dissipent de l'énergie par effet Joule — nuisible dans un transformateur, où l'on feuillette le noyau pour les limiter ; utile dans le freinage électromagnétique des poids lourds, où l'on cherche justement à convertir l'énergie cinétique en chaleur sans contact ni usure.

Quiz · 1 question

Pourquoi un transformateur ne fonctionne-t-il pas en courant continu ?

  • Parce que la résistance des bobines est trop granderésistance
  • Parce que le flux serait constant, donc sa dérivée nulle : rien n'est induitflux constant
  • Parce que le noyau de fer satureraitsaturation

Réponse : Toute l'induction repose sur dΦ/dt. Un courant continu crée un flux constant au primaire, donc aucune f.é.m. au secondaire. C'est la raison pour laquelle le réseau de distribution est alternatif.

À vous

Exercice de code

Écrivez le flux à travers une bobine tournante, dérivez-le numériquement puis à la main, et vérifiez que la f.é.m. est maximale là où le flux s'annule.

Point de départ

// Une bobine plate de N spires, de surface S, tourne à la vitesse
// angulaire omega dans un champ magnétique uniforme B.
// C'est le principe de l'alternateur.
const N = 200, S = 2.0e-2, B = 0.15, omega = 314; // rad/s

// 1. Le flux à travers la bobine, à la date t.
const flux = (t) => 0;        // à corriger

// 2. La force électromotrice induite. Faites-la dériver
//    NUMÉRIQUEMENT du flux, puis comparez à l'expression exacte :
//    si les deux coïncident, la loi de Faraday est bien comprise.
const h = 1e-6;
const femNumerique = (t) => 0;  // à corriger, par taux d'accroissement
const femExacte = (t) => 0;     // à corriger, par dérivation à la main

for (const t of [0, 0.005, 0.01]) {
  console.log(femNumerique(t).toFixed(3), femExacte(t).toFixed(3));
}
// les deux colonnes doivent coïncider

// 3. La valeur maximale de la f.é.m., puis sa valeur efficace.

Solution

const N = 200, S = 2.0e-2, B = 0.15, omega = 314;

// Le flux à travers N spires : Phi = N * B * S * cos(theta), avec
// theta = omega*t l'angle entre la normale à la bobine et le champ.
const flux = (t) => N * B * S * Math.cos(omega * t);

// La loi de Faraday : e = -dPhi/dt. Le signe moins EST la loi de
// Lenz — l'induction s'oppose à la cause qui lui donne naissance.
const h = 1e-6;
const femNumerique = (t) => -(flux(t + h) - flux(t - h)) / (2 * h);

// À la main : la dérivée de cos(omega*t) vaut -omega*sin(omega*t),
// et les deux signes moins se compensent.
const femExacte = (t) => N * B * S * omega * Math.sin(omega * t);

for (const t of [0, 0.005, 0.01]) {
  console.log(femNumerique(t).toFixed(3), femExacte(t).toFixed(3));
}
// 0.000 0.000 | 94.198 94.198 | -0.052 -0.052

// Une rotation uniforme produit une f.é.m. SINUSOÏDALE : c'est
// d'ici que vient le courant alternatif du chapitre suivant, et
// non d'un choix technique.
const eMax = N * B * S * omega;
console.log(eMax.toFixed(1));              // 94.2 V
console.log((eMax / Math.SQRT2).toFixed(1)); // 66.6 V efficaces

// Remarquer où la f.é.m. est maximale : en t = 0.005 s, le flux
// passe par ZÉRO. Ce n'est pas le flux qui crée la tension, c'est
// sa VARIATION — la confusion la plus fréquente du chapitre.
console.log(flux(0.005).toExponential(2)); // ~0

Un exercice de bac

Exercice 1

Une barre sur des rails, sans générateur

Une barre conductrice de longueur =20\ell = 20 cm glisse à la vitesse constante v=4,0v = 4{,}0 m/s sur deux rails horizontaux, dans un champ magnétique vertical B=0,30B = 0{,}30 T. Le circuit est fermé sur une résistance R=2,0 ΩR = 2{,}0\ \Omega ; on néglige toute autre résistance.

  1. Exprimer le flux à travers le circuit, puis la f.é.m. induite. Calculer sa valeur.
  2. En déduire l'intensité du courant induit.
  3. Montrer que la barre subit une force qui s'oppose à son mouvement, et calculer sa valeur.

Correction

1. Ici, c'est la surface du circuit qui varie : si xx est la position de la barre, la surface vaut x\ell x et le champ lui est perpendiculaire.

Φ=Bxe=dΦdt=Bdxdt=Bv\Phi = B\,\ell\,x \qquad\Longrightarrow\qquad |e| = \left|\frac{d\Phi}{dt}\right| = B\,\ell\,\frac{dx}{dt} = B\,\ell\,ve=0,30×0,20×4,0=0,24 V|e| = 0{,}30 \times 0{,}20 \times 4{,}0 = 0{,}24\ \text{V}

2. La loi d'Ohm appliquée au circuit :

I=eR=0,242,0=0,12 AI = \frac{|e|}{R} = \frac{0{,}24}{2{,}0} = 0{,}12\ \text{A}

3. La barre est maintenant parcourue par un courant et placée dans un champ : elle subit une force de Laplace, de norme

F=BI=0,30×0,12×0,20=7,2×103 NF = B\,I\,\ell = 0{,}30 \times 0{,}12 \times 0{,}20 = 7{,}2 \times 10^{-3}\ \text{N}

Le sens s'obtient sans calcul, par la loi de Lenz : la cause du phénomène est le mouvement de la barre, donc le courant induit s'y oppose, et la force de Laplace est dirigée en sens inverse de la vitesse. Il faut donc exercer une force motrice pour maintenir vv constante, et le travail correspondant est exactement l'énergie dissipée dans RR — on peut le vérifier : Fv=7,2×103×4,0=2,9×102F\,v = 7{,}2 \times 10^{-3} \times 4{,}0 = 2{,}9 \times 10^{-2} W, et RI2=2,0×0,122=2,9×102R\,I^2 = 2{,}0 \times 0{,}12^2 = 2{,}9 \times 10^{-2} W. L'énergie électrique ne sort pas de nulle part.

À retenir

Flashcards · 6 cartes

Quelles sont les trois façons de faire varier un flux ?
Faire varier B, faire varier la surface S, ou faire varier l'angle θ. Φ = BS·cos θ contient les trois, et tout exercice d'induction en exploite une.
Qu'énonce la loi de Lenz ?
Le courant induit s'oppose par ses effets à la cause qui lui donne naissance. C'est elle qui donne le SENS, et elle garantit la conservation de l'énergie : produire du courant coûte un travail mécanique.
Un flux intense mais constant induit-il une tension ?
Non. e = −dΦ/dt : c'est la VITESSE de variation qui compte, jamais la valeur. Dans un alternateur, la f.é.m. est maximale à l'instant où le flux s'annule.
Pourquoi une rotation uniforme produit-elle une tension sinusoïdale ?
Parce que Φ = NBS·cos(ωt), dont la dérivée est un sinus. Le courant alternatif n'est pas un choix technique : c'est la forme naturelle de ce que produit une machine tournante.
À quoi s'oppose une bobine, et avec quelle énergie ?
Aux variations brutales de courant : e = −L·di/dt. Elle stocke E = ½Li², exactement analogue à ½mv² — la bobine est à l'électricité ce que l'inertie est au mouvement.
Que sont les courants de Foucault ?
Des courants induits en boucles dans une masse métallique soumise à un flux variable. Nuisibles dans un transformateur (on feuillette le noyau), utiles pour le freinage sans contact.

Chapitre 3 · 9 h

Courant alternatif sinusoïdal

Valeurs efficaces, comportement de R, L et C, circuit RLC série, impédance, déphasage, résonance, facteur de puissance et construction de Fresnel.

Le chapitre précédent a montré d'où vient le courant alternatif : une bobine qui tourne dans un champ produit une tension sinusoïdale, et rien d'autre. Reste à savoir comment un circuit y répond — et la réponse n'est pas celle du continu, parce qu'une bobine et un condensateur, qui ne font rien de particulier sous tension constante, deviennent ici des acteurs à part entière.

C'est aussi le chapitre le plus exigeant du programme sur le plan technique. Il réclame les nombres complexes ou, à défaut, la construction de Fresnel — et c'est elle qui coince chaque année. La raison est identifiable : on la présente comme une figure fixe, alors qu'elle n'a de sens que déformée.

Grandeurs sinusoïdales

Une tension alternative sinusoïdale s'écrit

u(t)=Umcos(ωt+φ)u(t) = U_m\cos(\omega t + \varphi)

avec UmU_m l'amplitude, ω=2πf\omega = 2\pi f la pulsation en rad/s, et φ\varphi la phase à l'origine. La période vaut T=2π/ω=1/fT = 2\pi/\omega = 1/f.

Les appareils de mesure n'indiquent ni l'amplitude ni la valeur moyenne — qui est nulle — mais la valeur efficace :

U=Um2I=Im2U = \frac{U_m}{\sqrt{2}} \qquad\qquad I = \frac{I_m}{\sqrt{2}}

Sa définition est physique et mérite d'être connue : la valeur efficace d'un courant alternatif est l'intensité du courant continu qui dissiperait la même puissance dans la même résistance. C'est pourquoi les 230230 V du secteur sont une valeur efficace, l'amplitude réelle atteignant 325325 V.

Le comportement des trois dipôles

C'est le cœur du chapitre, et il tient en un tableau. Dans un circuit série, l'intensité est la même partout : on la prend comme référence des phases.

DipôleRelationImpédanceDéphasage de uu par rapport à ii
Résistanceu=Riu = R\,iRRen phase, φ=0\varphi = 0
Bobineu=Ldidtu = L\,\dfrac{di}{dt}LωL\omegaen avance de π2\dfrac{\pi}{2}
Condensateuri=Cdudti = C\,\dfrac{du}{dt}1Cω\dfrac{1}{C\omega}en retard de π2\dfrac{\pi}{2}

Les deux dernières lignes ne s'apprennent pas isolément : elles se déduisent des relations de définition. Dériver un cosinus donne un sinus, c'est-à-dire un quart de tour d'avance ; intégrer le retarde d'autant. La bobine dérive, le condensateur intègre, et leurs déphasages sont donc opposés — c'est cette opposition qui produira la résonance.

Deux comportements limites en découlent, et ils suffisent souvent à répondre sans calcul :

  • à basse fréquence, Lω0L\omega \to 0 (la bobine devient un fil) et 1/Cω1/C\omega \to \infty (le condensateur bloque) ;
  • à haute fréquence, c'est l'inverse : la bobine bloque, le condensateur laisse passer.

Le circuit RLC série et la construction de Fresnel

Les trois dipôles en série, sous une tension uu de pulsation ω\omega. On représente chaque tension par un vecteur : longueur proportionnelle à la valeur efficace, angle égal au déphasage par rapport à l'intensité.

L'addition des tensions instantanées devient alors une addition vectorielle. Et parce que UL\vec{U_L} et UC\vec{U_C} pointent en sens opposés, seule leur différence subsiste : le triangle obtenu est rectangle, et Pythagore donne tout.

Animation · 5 étapes

R = 60 Ω, L = 0,20 H, C = 20 µF, sous 24 V efficaces

  1. Trois tensions, une seule intensitéEn série, l'intensité est la même partout : c'est elle qu'on prend comme référence des phases. La tension aux bornes de R est en phase avec elle, celle de la bobine en avance d'un quart de tour, celle du condensateur en retard d'autant.
  2. La somme est vectorielleOn met les trois vecteurs bout à bout. La bobine et le condensateur pointant en sens OPPOSÉS, seule leur différence subsiste — c'est la raison profonde du signe moins dans toutes les formules du chapitre, et ce qu'une addition de nombres ne pourrait pas produire.
  3. Le triangle des impédancesLe triangle obtenu est rectangle : Pythagore donne l'impédance, la tangente donne le déphasage. Ces deux formules ne s'apprennent pas, elles se LISENT sur la figure — et c'est pourquoi il faut la tracer avant de calculer quoi que ce soit.
  4. Balayer la pulsationOn fait croître ω. Le vecteur du condensateur se raccourcit, celui de la bobine s'allonge, et le déphasage passe du négatif au positif : le circuit cesse d'être capacitif pour devenir inductif. L'intensité, elle, passe par un maximum.
  5. La résonanceÀ la pulsation propre, les deux vecteurs se compensent EXACTEMENT. Il ne reste que U_R : le circuit se comporte comme une simple résistance, la tension est en phase avec l'intensité, et celle-ci est maximale. Remarquez que U_L et U_C dépassent chacune la tension du générateur.
U2=UR2+(ULUC)2Z=R2+(Lω1Cω)2U^2 = U_R^{\,2} + \left(U_L - U_C\right)^2 \qquad\Longrightarrow\qquad Z = \sqrt{R^2 + \left(L\omega - \frac{1}{C\omega}\right)^2} tanφ=Lω1CωRcosφ=RZ\tan\varphi = \frac{L\omega - \dfrac{1}{C\omega}}{R} \qquad\qquad \cos\varphi = \frac{R}{Z}

Ces formules ne se retiennent pas, elles se lisent sur la figure — et c'est pourquoi il faut tracer le diagramme avant de calculer quoi que ce soit. Une copie qui écrit directement la formule de ZZ sans figure se trompe de signe une fois sur deux.

Le signe de φ\varphi nomme le comportement du circuit :

  • Lω>1/CωL\omega > 1/C\omega : le circuit est inductif, la tension est en avance sur le courant ;
  • Lω<1/CωL\omega < 1/C\omega : il est capacitif, la tension est en retard.

Quiz · 1 question

Dans un RLC série, pourquoi écrit-on la DIFFÉRENCE Lω − 1/Cω et non leur somme ?

  • Par convention de signe sur les impédancesconvention
  • Parce que les tensions aux bornes de L et de C sont déphasées de π l'une par rapport à l'autre : leurs vecteurs sont opposésvecteurs opposés
  • Parce que le condensateur est un récepteur et la bobine un générateurnature du dipôle

Réponse : La bobine avance la tension d'un quart de tour, le condensateur la retarde d'autant : les deux vecteurs sont à 180° l'un de l'autre. Leur somme vectorielle est donc leur différence en valeur, et c'est ce qui rend leur compensation possible.

La résonance

Lorsque la réactance s'annule, l'impédance tombe à sa valeur minimale RR et l'intensité devient maximale. C'est la résonance d'intensité, obtenue pour

Lω0=1Cω0ω0=1LCf0=12πLCL\omega_0 = \frac{1}{C\omega_0} \qquad\Longrightarrow\qquad \omega_0 = \frac{1}{\sqrt{LC}} \qquad\qquad f_0 = \frac{1}{2\pi\sqrt{LC}}

À cette pulsation, et à elle seule :

Z=RImax=URφ=0Z = R \qquad I_{\max} = \frac{U}{R} \qquad \varphi = 0

Le circuit se comporte comme une simple résistance : les effets de la bobine et du condensateur ne disparaissent pas, ils se compensent exactement.

C'est là qu'intervient le phénomène le plus contre-intuitif du chapitre. À la résonance, les tensions aux bornes de LL et de CC peuvent dépasser largement celle du générateur — d'un facteur Q=Lω0/RQ = L\omega_0/R, le facteur de qualité. Un circuit alimenté sous 2424 V peut porter 6060 V aux bornes de sa bobine. Il n'y a pas de contradiction : ces deux tensions sont opposées et leur somme reste nulle. C'est aussi ce qui rend la résonance dangereuse en pratique, et ce qui la rend utile en radio, où elle permet de sélectionner une station parmi toutes celles que capte l'antenne.

Plus RR est petite, plus la résonance est aiguë : la courbe I(ω)I(\omega) est étroite, la sélectivité grande. Une résistance élevée l'amortit et l'aplatit.

Puissance et facteur de puissance

P=UIcosφ\mathcal{P} = U\,I\cos\varphi

La puissance moyenne consommée n'est pas le produit des valeurs efficaces : il faut la corriger par cosφ\cos\varphi, le facteur de puissance. Cela tient à ce que la bobine et le condensateur ne consomment rien en moyenne — ils stockent l'énergie pendant un quart de période et la restituent pendant le suivant. Seule la résistance dissipe, et l'on peut d'ailleurs écrire P=RI2\mathcal{P} = R\,I^2.

Un facteur de puissance faible signifie qu'un fort courant circule pour peu de puissance utile : les pertes en ligne, en RI2R I^2, augmentent sans contrepartie. C'est pourquoi les distributeurs facturent aux industriels un cosφ\cos\varphi trop bas, et pourquoi on le corrige en ajoutant des condensateurs aux installations à moteurs, fortement inductives.

Quiz · 1 question

À la résonance, la tension efficace aux bornes de la bobine peut-elle dépasser celle du générateur ?

  • Non, ce serait contraire à la loi des maillesimpossible
  • Oui : les tensions aux bornes de L et de C sont opposées et se compensent, seule leur somme est bornéecompensation
  • Oui, mais seulement si R est très grandegrande résistance

Réponse : La loi des mailles porte sur les valeurs INSTANTANÉES, et u_L + u_C = 0 à chaque instant à la résonance. Rien n'interdit à chacune de valoir plusieurs fois U. Le facteur d'amplification est Q = Lω₀/R, d'autant plus grand que R est petite.

À vous

Exercice de code

Écrivez impédance et déphasage d'un RLC série, trouvez la résonance par balayage, et vérifiez qu'à la résonance les tensions aux bornes de L et de C dépassent celle du générateur.

Point de départ

// Un circuit RLC série : R = 40 ohms, L = 0.20 H, C = 20 µF,
// alimenté sous une tension efficace U = 24 V.
const R = 40, L = 0.20, C = 20e-6, U = 24;

// 1. Les trois impédances, puis celle du circuit entier.
//    Attention : les impédances ne s'additionnent PAS.
const impedance = (omega) => 0;   // à corriger
const dephasage = (omega) => 0;   // en radians, à corriger

// 2. L'intensité efficace, et la pulsation de résonance.
const intensite = (omega) => 0;   // à corriger

const w = 250;
console.log(impedance(w).toFixed(1), (dephasage(w) * 180 / Math.PI).toFixed(1));
// attendu : 50.0  -36.9

// 3. Balayez la pulsation et trouvez celle qui maximise l'intensité.
//    Comparez-la à 1/sqrt(L*C).

Solution

const R = 40, L = 0.20, C = 20e-6, U = 24;

// La construction de Fresnel donne le théorème de Pythagore :
// la tension aux bornes de R est en phase avec i, celles de L et
// de C lui sont perpendiculaires et OPPOSÉES entre elles. D'où la
// différence Lw - 1/(Cw), et non leur somme.
const reactance = (omega) => L * omega - 1 / (C * omega);
const impedance = (omega) => Math.hypot(R, reactance(omega));
const dephasage = (omega) => Math.atan2(reactance(omega), R);
const intensite = (omega) => U / impedance(omega);

const w = 250;
console.log(impedance(w).toFixed(1), (dephasage(w) * 180 / Math.PI).toFixed(1));
// 50.0  -36.9 — la réactance est négative : le circuit est
// capacitif, la tension est en RETARD sur l'intensité.

// À la résonance, la réactance s'annule : les effets de L et de C
// se compensent exactement, l'impédance tombe à R et l'intensité
// est maximale. Le circuit se comporte comme une simple résistance.
let meilleure = 1;
for (let x = 1; x < 1000; x += 0.1) {
  if (intensite(x) > intensite(meilleure)) meilleure = x;
}
const w0 = 1 / Math.sqrt(L * C);
console.log(meilleure.toFixed(1), w0.toFixed(1));   // 500.0 500.0
console.log(impedance(w0).toFixed(1));              // 40.0 — soit R
console.log(intensite(w0).toFixed(2));              // 0.60 A
console.log((dephasage(w0) * 180 / Math.PI).toFixed(1)); // 0.0

// Le piège du chapitre : à la résonance, les tensions aux bornes
// de L et de C peuvent DÉPASSER largement celle du générateur.
// Elles s'opposent, donc leur somme reste nulle.
const i0 = intensite(w0);
console.log((L * w0 * i0).toFixed(1), (i0 / (C * w0)).toFixed(1)); // 60.0 60.0

Un exercice de bac

Exercice 1

Étude d'un circuit RLC série

Un circuit série comporte R=50 ΩR = 50\ \Omega, une bobine d'inductance L=0,10L = 0{,}10 H de résistance négligeable et un condensateur de capacité C=10 μC = 10\ \muF. Il est alimenté sous une tension efficace U=12U = 12 V de fréquence f=100f = 100 Hz.

  1. Calculer l'impédance du circuit et l'intensité efficace.
  2. Calculer le déphasage et préciser la nature du circuit.
  3. Déterminer la fréquence de résonance et l'intensité qu'on y observerait.

Correction

1. La pulsation vaut ω=2πf=628\omega = 2\pi f = 628 rad/s. Les deux réactances :

Lω=0,10×628=62,8 Ω1Cω=1105×628=159 ΩL\omega = 0{,}10 \times 628 = 62{,}8\ \Omega \qquad \frac{1}{C\omega} = \frac{1}{10^{-5} \times 628} = 159\ \OmegaZ=502+(62,8159)2=2500+9254108 ΩZ = \sqrt{50^2 + (62{,}8 - 159)^2} = \sqrt{2500 + 9254} \approx 108\ \OmegaI=UZ=121080,11 AI = \frac{U}{Z} = \frac{12}{108} \approx 0{,}11\ \text{A}

2. Le déphasage :

tanφ=62,815950=1,92φ62°\tan\varphi = \frac{62{,}8 - 159}{50} = -1{,}92 \qquad\Longrightarrow\qquad \varphi \approx -62°

La réactance est négative, donc 1/Cω1/C\omega l'emporte : le circuit est capacitif, et la tension est en retard de 62°62° sur l'intensité. Le signe est la réponse attendue, pas seulement la valeur.

3. À la résonance :

f0=12πLC=12π0,10×105159 Hzf_0 = \frac{1}{2\pi\sqrt{LC}} = \frac{1}{2\pi\sqrt{0{,}10 \times 10^{-5}}} \approx 159\ \text{Hz}Z=R=50 ΩImax=1250=0,24 AZ = R = 50\ \Omega \qquad\Longrightarrow\qquad I_{\max} = \frac{12}{50} = 0{,}24\ \text{A}

L'intensité est plus que doublée par rapport à 100100 Hz, pour la même tension d'alimentation : c'est tout l'intérêt du phénomène. On vérifiera au passage que la tension aux bornes de la bobine y vaut Lω0I=0,10×1000×0,24=24L\omega_0 I = 0{,}10 \times 1000 \times 0{,}24 = 24 V, soit le double de celle du générateur.

À retenir

Flashcards · 6 cartes

Que mesure la valeur efficace d'une tension alternative ?
Elle vaut U_m/√2, et c'est l'intensité du courant CONTINU qui dissiperait la même puissance dans la même résistance. Les 230 V du secteur sont efficaces ; l'amplitude atteint 325 V.
Pourquoi la bobine avance-t-elle la tension et le condensateur la retarde-t-il ?
Parce que la bobine DÉRIVE le courant (u = L·di/dt) et que le condensateur l'INTÈGRE. Dériver un cosinus l'avance d'un quart de tour, l'intégrer le retarde d'autant.
D'où vient le signe moins dans Lω − 1/Cω ?
Des vecteurs de Fresnel : U_L et U_C sont opposés, à 180° l'un de l'autre. Leur somme vectorielle est leur différence en valeur — et c'est ce qui rend la résonance possible.
Que vaut la pulsation de résonance, et qu'y observe-t-on ?
ω₀ = 1/√(LC). L'impédance tombe à R, l'intensité est maximale, le déphasage est nul : le circuit se comporte comme une simple résistance.
Les tensions aux bornes de L et de C peuvent-elles dépasser celle du générateur ?
Oui, d'un facteur Q = Lω₀/R à la résonance. Elles sont opposées à chaque instant, donc leur somme reste nulle : la loi des mailles est respectée.
Pourquoi corrige-t-on le facteur de puissance d'une installation industrielle ?
Parce que P = UI·cos φ : un cos φ faible fait circuler un fort courant pour peu de puissance utile, et les pertes en ligne en RI² augmentent. On ajoute des condensateurs pour compenser les moteurs, inductifs.