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Terminale C · Mathématiques

Cours 2Analyse

Le cœur de l'épreuve : suites, limites, dérivation, logarithme, exponentielle, intégrales et équations différentielles.

8 chapitres · 65 h de travail estimé

  1. 1. Suites numériques10 h
  2. 2. Limites et continuité8 h
  3. 3. Dérivation et étude de fonctions10 h
  4. 4. Fonction logarithme népérien8 h
  5. 5. Exponentielles et puissances8 h
  6. 6. Primitives et calcul intégral11 h
  7. 7. Équations différentielles5 h
  8. 8. Sujets types — Analyse5 h

Chapitre 1 · 10 h

Suites numériques

Monotonie, majoration, convergence, suites adjacentes et suites récurrentes u(n+1) = f(u(n)).

Une suite est une fonction dont la variable est un entier. Cette phrase n'a l'air de rien, et elle contient tout : les questions qu'on pose aux suites sont celles qu'on pose aux fonctions — sens de variation, bornes, comportement à l'infini — avec un avantage décisif, la possibilité de raisonner de proche en proche.

Deux façons de définir une suite

La différence n'est pas cosmétique : elle décide de la méthode pour tout le reste du problème.

Forme explicite. unu_n s'exprime directement en fonction de nn : un=3n25u_n = 3n^2 - 5. On calcule u100u_{100} sans connaître u99u_{99}. Les variations s'étudient comme celles d'une fonction.

Forme récurrente. un+1u_{n+1} s'exprime en fonction de unu_n : u0=1u_0 = 1 et un+1=0,5un+3u_{n+1} = 0{,}5\,u_n + 3. On ne peut pas atteindre u100u_{100} sans passer par les 99 précédents. Toute propriété valable pour tout nn se démontre alors par récurrence — il n'y a pas d'alternative.

Quiz · 1 question

La suite définie par u(0) = 2 et u(n+1) = √(u(n) + 6) est-elle majorée par 3 ?

  • Oui, et cela se vérifie en calculant les premiers termesobservation
  • Oui, et cela se démontre par récurrencedémonstration
  • On ne peut pas le savoir sans forme expliciteimpossible

Réponse : Calculer vingt termes ne démontre rien sur les suivants. La récurrence, elle, conclut : si u(k) ≤ 3 alors u(k+1) = √(u(k)+6) ≤ √9 = 3. Une observation numérique oriente, elle ne prouve pas.

Le raisonnement par récurrence

C'est l'outil central du chapitre, et il vient d'être installé au bloc I. On le rappelle ici dans son usage propre aux suites : établir qu'une propriété — une majoration, une monotonie, une formule explicite — vaut à tous les rangs.

Animation · 6 étapes

Les deux temps d'une démonstration par récurrence

  1. L'énoncéUne propriété P(n) qui dépend d'un entier. Pour l'instant on ne sait rien : aucun rang n'est vérifié.
  2. InitialisationOn vérifie P au premier rang, à la main. C'est un calcul, pas un raisonnement : la première tuile tombe.
  3. HéréditéOn suppose P(k) vraie pour un k quelconque, et on en déduit P(k+1). On ne démontre pas P(k) : on le suppose, et c'est légitime.
  4. La chaîne se propageL'implication vaut pour tout k. Elle transporte donc la vérité du premier rang au suivant, puis au suivant, sans jamais s'arrêter.
  5. ConclusionTous les rangs sont atteints. C'est le principe de récurrence : deux vérifications finies suffisent à couvrir une infinité de cas.
  6. L'erreur classique : hérédité seuleSans initialisation, l'implication reste vraie et ne sert à rien : aucune tuile ne tombe. Une hérédité impeccable sans premier rang ne démontre rien.

Sur une suite récurrente, l'hérédité consiste presque toujours à partir de l'hypothèse et appliquer la relation de récurrence. Si l'on suppose uk3u_k \leqslant 3 et que un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n) avec ff croissante, alors uk+1=f(uk)f(3)u_{k+1} = f(u_k) \leqslant f(3), et il reste à vérifier que f(3)3f(3) \leqslant 3. La croissance de ff est ce qui autorise le passage à l'inégalité : sans elle, le raisonnement tombe.

Sens de variation

Trois méthodes, à choisir selon la forme de la suite.

Le signe de un+1unu_{n+1} - u_n. La méthode par défaut. Si la différence est positive pour tout nn, la suite croît.

Le quotient un+1/unu_{n+1}/u_n, comparé à 1. Réservé aux suites strictement positives — sans cette hypothèse, comparer un quotient à 1 n'a aucun sens, et c'est une faute fréquente.

L'étude d'une fonction. Si un=f(n)u_n = f(n) sous forme explicite, le sens de variation de ff sur [0;+[[0;+\infty[ donne celui de la suite. Attention : la réciproque est fausse, une suite peut croître sans que ff soit monotone entre les entiers.

Une suite peut aussi n'être ni croissante ni décroissante : un=(1)nu_n = (-1)^n n'a pas de sens de variation, et le dire est une réponse valable.

Suites arithmétiques et géométriques

Ce sont les deux modèles à reconnaître d'un coup d'œil, car tout y est calculable.

ArithmétiqueGéométrique
Relationun+1=un+ru_{n+1} = u_n + run+1=qunu_{n+1} = q\,u_n
Terme généralun=u0+nru_n = u_0 + nrun=u0qnu_n = u_0\,q^n
Reconnaissancedifférence constantequotient constant
Somme des n+1n+1 premiers(n+1)u0+un2(n+1)\dfrac{u_0 + u_n}{2}u01qn+11qu_0\dfrac{1-q^{n+1}}{1-q} si q1q \neq 1

La somme arithmétique se retient par sa forme : nombre de termes multiplié par la moyenne des extrêmes. La somme géométrique, elle, se retient par « premier terme ×\times (1raisonnombre de termes)/(1raison)(1 - \text{raison}^{\text{nombre de termes}}) / (1 - \text{raison}) ».

Le comportement à l'infini de qnq^n décide de tout le reste :

limn+qn={0si 1<q<11si q=1+si q>1pas de limitesi q1\lim_{n \to +\infty} q^n = \begin{cases} 0 & \text{si } -1 < q < 1 \\ 1 & \text{si } q = 1 \\ +\infty & \text{si } q > 1 \\ \text{pas de limite} & \text{si } q \leqslant -1 \end{cases}

Quiz · 1 question

La suite u(n) = 5 × (−0,8)^n converge-t-elle ?

  • Non, elle alterne de signe donc elle divergealternance
  • Oui, vers 0, car la valeur absolue de la raison est inférieure à 1|q| < 1
  • Oui, vers 5, la valeur du premier termepremier terme

Réponse : Seule la valeur absolue de la raison compte : |−0,8| < 1 donc (−0,8)^n tend vers 0. La suite alterne bien de signe, mais son amplitude s'écrase — alterner et diverger sont deux choses distinctes.

Suites majorées, minorées, bornées

(un)(u_n) est majorée s'il existe un réel MM tel que unMu_n \leqslant M pour tout nn. Minorée de même, avec une inégalité inversée. Bornée signifie les deux.

Le mot important est existe : on n'a pas à trouver le plus petit majorant, seulement à en exhiber un. Dans une copie, produire un majorant et le justifier suffit.

Convergence

(un)(u_n) converge vers \ell si tout intervalle ouvert contenant \ell contient tous les termes de la suite à partir d'un certain rang. Une suite qui ne converge pas diverge — soit vers ±\pm\infty, soit sans limite du tout, comme (1)n(-1)^n.

Deux théorèmes portent l'essentiel des exercices.

Convergence monotone. Toute suite croissante et majorée converge. Toute suite décroissante et minorée converge.

C'est le théorème le plus utile du chapitre, et le plus mal cité. Il affirme l'existence d'une limite, il ne la donne pas. Une suite croissante majorée par 10 peut très bien converger vers 6. Écrire « donc elle converge vers 10 » est faux.

Théorème des gendarmes. Si vnunwnv_n \leqslant u_n \leqslant w_n à partir d'un certain rang et si (vn)(v_n) et (wn)(w_n) convergent vers la même limite \ell, alors (un)(u_n) converge vers \ell. La condition « même limite » n'est pas négociable.

Un corollaire s'emploie constamment : si unvn|u_n - \ell| \leqslant v_n avec vn0v_n \to 0, alors unu_n \to \ell. C'est la forme sous laquelle on conclut la plupart des exercices de convergence.

Quiz · 1 question

Une suite est croissante et majorée par 10. Que peut-on affirmer ?

  • Elle converge vers 10le majorant
  • Elle converge, vers une limite inférieure ou égale à 10existence seule
  • Elle converge vers son premier termele départ

Réponse : Le théorème donne l'existence de la limite, pas sa valeur. Elle est nécessairement ≤ 10, mais peut valoir n'importe quoi en dessous. Confondre « majorée par 10 » et « converge vers 10 » est l'erreur la plus coûteuse du chapitre.

Suites récurrentes : la méthode complète

Pour un+1=f(un)u_{n+1} = f(u_n), l'exercice suit presque toujours le même déroulé.

  1. Conjecturer en calculant quelques termes : la suite semble croissante, majorée par 6.
  2. Démontrer la majoration par récurrence.
  3. Démontrer la monotonie, par récurrence ou par le signe de un+1unu_{n+1} - u_n.
  4. Conclure à l'existence de la limite par convergence monotone.
  5. Calculer cette limite : elle vérifie =f()\ell = f(\ell), l'équation du point fixe.

L'étape 5 mérite une précaution : =f()\ell = f(\ell) ne vaut que si ff est continue en \ell, ce qui est le cas de toutes les fonctions du programme mais doit être mentionné. Et l'équation peut avoir plusieurs solutions : on tranche avec les bornes obtenues à l'étape 2.

Une variante fréquente évite tout cela : montrer que vn=unv_n = u_n - \ell est géométrique. On obtient alors la forme explicite, donc la limite, sans invoquer aucun théorème d'existence.

À vous

Exercice de code

Calculez les premiers termes, trouvez le point fixe, puis vérifiez que l'écart à la limite est géométrique.

Point de départ

// Une suite définie par récurrence ne se devine pas : on la calcule.
// u(0) = 1 et u(n+1) = 0.5 * u(n) + 3.

function termes(n) {
  const u = [1];
  for (let k = 0; k < n; k++) {
    u.push(0); // à corriger : appliquer la relation de récurrence
  }
  return u;
}

const suite = termes(12);
console.log(suite.map((x) => x.toFixed(4)).join(" "));

// 1. La suite semble-t-elle croissante ? majorée ?
// 2. Le point fixe L vérifie L = 0.5*L + 3. Que vaut-il ?
const pointFixe = 0; // à corriger
console.log("point fixe :", pointFixe);

// 3. La différence u(n) - L doit être géométrique de raison 0.5.
console.log(suite.map((x) => (x - pointFixe).toExponential(2)).join(" "));

Solution

function termes(n) {
  const u = [1];
  for (let k = 0; k < n; k++) {
    u.push(0.5 * u[k] + 3);
  }
  return u;
}

const suite = termes(12);
console.log(suite.map((x) => x.toFixed(4)).join(" "));

// L = 0.5L + 3  ⇔  0.5L = 3  ⇔  L = 6.
const pointFixe = 6;
console.log("point fixe :", pointFixe);

// v(n) = u(n) − 6 est géométrique de raison 0.5 : chaque terme est la moitié
// du précédent, et tend donc vers 0. C'est la démonstration de la convergence
// vers 6, écrite en trois lignes plutôt qu'observée sur un tableau.
console.log(suite.map((x) => (x - pointFixe).toExponential(2)).join(" "));

À retenir

Flashcards · 5 cartes

Suite définie par récurrence : comment démontrer une propriété valable pour tout n ?
Par récurrence — il n'y a pas d'autre voie. Calculer des termes oriente la conjecture, ne démontre rien.
Que donne exactement le théorème de convergence monotone ?
L'EXISTENCE d'une limite, jamais sa valeur. Une suite croissante majorée par 10 converge vers un réel ≤ 10, pas vers 10.
Quand q^n tend-il vers 0 ?
Quand |q| < 1, signe compris. Pour q ≤ −1 la suite n'a pas de limite ; pour q > 1 elle tend vers +∞.
Comment trouve-t-on la limite d'une suite récurrente convergente ?
Elle vérifie ℓ = f(ℓ), à condition que f soit continue en ℓ. On départage les solutions avec les bornes déjà établies.
Quelle hypothèse le critère du quotient exige-t-il ?
Que la suite soit strictement positive. Comparer u(n+1)/u(n) à 1 n'a aucun sens sinon.

Chapitre 2 · 8 h

Limites et continuité

Opérations sur les limites, formes indéterminées, valeurs intermédiaires, bijection continue.

Étudier une fonction, c'est répondre à deux questions : que fait-elle loin, et que fait-elle près d'un point interdit. Les limites sont l'outil des deux. Elles ne décrivent pas une valeur atteinte mais une tendance, et cette nuance est le cœur du chapitre.

Limite en l'infini

ff a pour limite \ell en ++\infty si f(x)f(x) devient et reste aussi proche de \ell qu'on veut, pourvu que xx soit assez grand. Graphiquement, la courbe se colle à la droite horizontale d'équation y=y = \ell : c'est une asymptote horizontale.

ff a pour limite ++\infty en ++\infty si f(x)f(x) dépasse tout seuil fixé à l'avance, pourvu que xx soit assez grand.

Une fonction peut aussi n'avoir aucune limite en ++\infty : cosx\cos x oscille indéfiniment entre 1-1 et 11 sans se stabiliser ni s'échapper. « Pas de limite » est une conclusion recevable, et parfois la bonne.

Limite en un point

Le cas intéressant est celui d'un point où la fonction n'est pas définie. Si limxaf(x)=±\lim_{x \to a} f(x) = \pm\infty, la droite x=ax = a est asymptote verticale.

Une précaution s'impose alors : la limite peut différer selon le côté. Pour f(x)=1/(x2)f(x) = 1/(x-2), on a limx2f(x)=\lim_{x \to 2^-} f(x) = -\infty et limx2+f(x)=+\lim_{x \to 2^+} f(x) = +\infty. Écrire une limite unique en 2 serait faux — l'étude des deux côtés n'est pas un raffinement, c'est le travail.

Quiz · 1 question

Que vaut la limite de 1/(x − 2) quand x tend vers 2 ?

  • +∞par la droite
  • Elle n'existe pas : les limites à gauche et à droite diffèrentdeux côtés
  • 0, car le numérateur est constantnumérateur

Réponse : À gauche de 2 le dénominateur est négatif, à droite positif : les deux limites sont −∞ et +∞. Il n'y a donc pas de limite en 2, seulement deux limites latérales. L'asymptote verticale existe malgré tout.

Opérations et formes indéterminées

Les limites d'une somme, d'un produit, d'un quotient se calculent comme on l'espère — sauf dans quatre situations où le résultat dépend des fonctions en présence et ne peut pas se lire sur les seules limites :

0×00\infty - \infty \qquad 0 \times \infty \qquad \frac{\infty}{\infty} \qquad \frac{0}{0}

« Forme indéterminée » ne veut pas dire « pas de limite » : cela veut dire le calcul direct ne conclut pas, il faut transformer l'écriture. Trois techniques suffisent au programme.

Factoriser par le terme dominant. Pour une fraction rationnelle en ±\pm\infty, on met en facteur la plus haute puissance au numérateur et au dénominateur. Tout ce qui reste tend vers 0, et la limite se lit sur le rapport des termes dominants.

3x2x+75x2+2=x2(31x+7x2)x2(5+2x2)x+35\frac{3x^2 - x + 7}{5x^2 + 2} = \frac{x^2\left(3 - \dfrac{1}{x} + \dfrac{7}{x^2}\right)}{x^2\left(5 + \dfrac{2}{x^2}\right)} \xrightarrow[x \to +\infty]{} \frac{3}{5}

Multiplier par la quantité conjuguée. Devant une différence de racines, AB\sqrt{A} - \sqrt{B}, on multiplie et divise par A+B\sqrt{A} + \sqrt{B} : la différence de carrés fait disparaître l'indétermination.

Reconnaître un taux d'accroissement. Une forme 0/00/0 du type (f(x)f(a))/(xa)\left(f(x) - f(a)\right)/(x - a) a pour limite f(a)f'(a). C'est le pont entre ce chapitre et le suivant.

Quiz · 1 question

Que signifie « forme indéterminée » ?

  • La limite n'existe paspas de limite
  • Le calcul direct ne suffit pas : il faut transformer l'écrituretransformer
  • La fonction n'est pas définie en ce pointdomaine

Réponse : ∞/∞ peut valoir 0, 3/5, ou +∞ selon les fonctions. L'indétermination porte sur la MÉTHODE, pas sur l'existence : une fois l'écriture transformée, la limite apparaît le plus souvent sans difficulté.

Limites par comparaison

Quand le calcul résiste, on encadre.

Théorème des gendarmes. Si g(x)f(x)h(x)g(x) \leqslant f(x) \leqslant h(x) au voisinage de aa et si gg et hh ont la même limite \ell en aa, alors ff tend vers \ell.

Comparaison à l'infini. Si f(x)g(x)f(x) \geqslant g(x) et g(x)+g(x) \to +\infty, alors f(x)+f(x) \to +\infty. Une minoration suffit pour pousser vers l'infini ; inutile d'encadrer des deux côtés.

Ces théorèmes servent surtout devant une fonction bornée multipliée par quelque chose qui tend vers 0 : xcos(1/x)x0\left|x\cos(1/x)\right| \leqslant |x| \to 0, donc la limite est 0, alors que le produit est de la forme 0×0 \times « pas de limite ».

Asymptotes obliques

Si f(x)(ax+b)0f(x) - (ax + b) \to 0 en ++\infty, la droite y=ax+by = ax + b est asymptote oblique. La méthode d'un exercice est imposée : on donne souvent ff sous une forme où le reste apparaît, et il suffit de montrer que ce reste tend vers 0.

La position de la courbe par rapport à l'asymptote se lit sur le signe de f(x)(ax+b)f(x) - (ax+b) : positif, la courbe est au-dessus. C'est une question systématique, et elle ne demande aucun calcul de limite.

Continuité

ff est continue en aa si limxaf(x)=f(a)\lim_{x \to a} f(x) = f(a). Trois conditions y sont cachées : ff est définie en aa, la limite existe, et les deux coïncident.

Toutes les fonctions usuelles — polynômes, rationnelles, racines, sinus, cosinus, exponentielle, logarithme — sont continues sur tout intervalle de leur ensemble de définition. En pratique on ne le redémontre jamais, on le cite.

Une fonction non définie en aa mais dont la limite existe se prolonge par continuité : on pose f(a)=f(a) = \ell, et la nouvelle fonction est continue. C'est ce qui se passe pour sin(x)/x\sin(x)/x en 0, prolongée par la valeur 1.

Le théorème des valeurs intermédiaires

Si ff est continue sur [a;b][a;b], alors pour tout réel kk compris entre f(a)f(a) et f(b)f(b), l'équation f(x)=kf(x) = k admet au moins une solution dans [a;b][a;b].

Si de plus ff est strictement monotone, cette solution est unique. C'est la version employée en exercice, sous le nom de théorème de la bijection.

Deux remarques décident des points en copie. D'abord, la continuité est indispensable : la fonction partie entière saute de 0 à 1 sans jamais valoir 0,50{,}5. Ensuite, le théorème est un théorème d'existence — il ne fournit aucune valeur. Pour approcher la solution, on encadre par dichotomie, exactement comme dans la recherche du même nom.

Quiz · 1 question

f est continue sur [0 ; 1], f(0) = −1 et f(1) = 3. Que peut-on conclure ?

  • L'équation f(x) = 0 a exactement une solution dans [0 ; 1]unicité
  • L'équation f(x) = 0 a au moins une solution dans [0 ; 1]existence
  • f est croissante sur [0 ; 1]monotonie

Réponse : Sans hypothèse de stricte monotonie, le TVI ne donne que l'existence : la fonction peut traverser zéro trois fois. L'unicité s'ajoute uniquement si l'on a démontré que f est strictement monotone.

À vous

Exercice de code

Vérifiez les hypothèses du TVI, puis encadrez la racine de x³ + x − 1 par dichotomie.

Point de départ

// Le théorème des valeurs intermédiaires garantit qu'une racine EXISTE.
// Il ne la donne pas. La dichotomie, elle, l'encadre autant qu'on veut.

const f = (x) => x ** 3 + x - 1;

// 1. Vérifier les hypothèses sur [0 ; 1] : f continue, et f(0), f(1) de signes contraires.
console.log("f(0) =", f(0), " f(1) =", f(1));

// 2. Encadrer la racine par dichotomie.
function racine(a, b, tours) {
  for (let k = 0; k < tours; k++) {
    const m = (a + b) / 2;
    // à compléter : garder la moitié où le changement de signe subsiste
  }
  return [a, b];
}

const [a, b] = racine(0, 1, 30);
console.log("racine dans [", a.toFixed(9), ";", b.toFixed(9), "]");
console.log("largeur :", (b - a).toExponential(2));

Solution

const f = (x) => x ** 3 + x - 1;

console.log("f(0) =", f(0), " f(1) =", f(1)); // −1 et 1 : signes contraires

function racine(a, b, tours) {
  for (let k = 0; k < tours; k++) {
    const m = (a + b) / 2;
    // Le changement de signe est du côté où le produit est négatif.
    if (f(a) * f(m) <= 0) b = m;
    else a = m;
  }
  return [a, b];
}

const [a, b] = racine(0, 1, 30);
console.log("racine dans [", a.toFixed(9), ";", b.toFixed(9), "]");

// Chaque tour divise l'encadrement par deux : 30 tours donnent 2^-30, soit
// neuf décimales. Le TVI a fourni l'existence, la dichotomie la précision.
console.log("largeur :", (b - a).toExponential(2));

Les réflexes du chapitre

SituationGeste
Fraction rationnelle en ±\pm\inftyfactoriser par le terme dominant
AB\sqrt{A} - \sqrt{B} indéterminémultiplier par la conjuguée
(f(x)f(a))/(xa)\left(f(x)-f(a)\right)/(x-a)reconnaître f(a)f'(a)
Fonction bornée ×\times quelque chose qui tend vers 0encadrer, gendarmes
Limite infinie en un point aaétudier les deux côtés séparément
« montrer que l'équation admet une solution »TVI, avec continuité citée

À retenir

Flashcards · 5 cartes

Quelles sont les quatre formes indéterminées ?
∞ − ∞, 0 × ∞, ∞/∞ et 0/0. Elles signalent que le calcul direct ne conclut pas, pas que la limite n'existe pas.
Que faire devant une fraction rationnelle en +∞ ?
Factoriser haut et bas par la plus haute puissance : la limite se lit sur le rapport des termes dominants.
Que garantit le théorème des valeurs intermédiaires ?
L'existence d'au moins une solution. L'unicité exige en plus la stricte monotonie, et aucune valeur n'est fournie.
Que vérifier avant d'écrire une limite en un point a ?
Que les limites à gauche et à droite coïncident. Sinon il n'y a pas de limite en a, seulement deux limites latérales.
Comment démontrer qu'une droite est asymptote oblique ?
En montrant que f(x) − (ax + b) tend vers 0. Le signe de cette différence donne la position de la courbe.

Chapitre 3 · 10 h

Dérivation et étude de fonctions

Conduire une étude complète : dérivées, variations, extremums, asymptotes, branches infinies, tracé.

La dérivation répond à une question locale — quelle est la pente de la courbe en ce point — et donne en retour une information globale : le sens de variation sur tout un intervalle. Ce passage du local au global est ce qui fait de la dérivée l'outil le plus employé de l'analyse.

Nombre dérivé et tangente

ff est dérivable en aa si le taux d'accroissement admet une limite finie :

f(a)=limh0f(a+h)f(a)h=limxaf(x)f(a)xaf'(a) = \lim_{h \to 0} \frac{f(a+h) - f(a)}{h} = \lim_{x \to a} \frac{f(x) - f(a)}{x - a}

Les deux écritures sont la même. La seconde est celle qu'on reconnaît dans un calcul de limite de forme 0/00/0 : dès qu'un quotient a cette allure, il y a un nombre dérivé caché.

Géométriquement, f(a)f'(a) est le coefficient directeur de la tangente en aa, dont l'équation est

y=f(a)(xa)+f(a)y = f'(a)(x - a) + f(a)

Cette formule se reconstruit plutôt qu'elle ne se retient : une droite de pente f(a)f'(a) passant par le point (a,f(a))\left(a, f(a)\right).

Une fonction peut être continue sans être dérivable : x|x| en 0 a deux demi-tangentes de pentes 1-1 et 11. Dérivable implique continue ; la réciproque est fausse.

Les dérivées à connaître

f(x)f(x)f(x)f'(x)Sur
xnx^nnxn1n\,x^{n-1}R\mathbb{R}
1/x1/x1/x2-1/x^2x0x \neq 0
x\sqrt{x}1/(2x)1/(2\sqrt{x})x>0x > 0
lnx\ln x1/x1/xx>0x > 0
exe^xexe^xR\mathbb{R}
sinx\sin xcosx\cos xR\mathbb{R}
cosx\cos xsinx-\sin xR\mathbb{R}

La racine mérite une attention : x\sqrt{x} est définie en 0 mais n'y est pas dérivable, la tangente y étant verticale. L'intervalle de dérivabilité est donc plus petit que l'ensemble de définition, ce que l'énoncé attend qu'on précise.

Opérations

(u+v)=u+v(uv)=uv+uv(uv)=uvuvv2(u+v)' = u' + v' \qquad (uv)' = u'v + uv' \qquad \left(\frac{u}{v}\right)' = \frac{u'v - uv'}{v^2}

Le quotient est la source d'erreur principale, pour une seule raison : l'ordre des termes au numérateur. uvuvu'v - uv', pas l'inverse. Un moyen de contrôle : dériver x/1x/1 doit redonner 1.

La composée porte le reste du chapitre :

(vu)(x)=u(x)×v ⁣(u(x))\left(v \circ u\right)'(x) = u'(x) \times v'\!\left(u(x)\right)

soit, dans les cas du programme :

(un)=nuun1(eu)=ueu(lnu)=uu(u)=u2u\left(u^n\right)' = n\,u'\,u^{n-1} \qquad \left(e^u\right)' = u'\,e^u \qquad \left(\ln u\right)' = \frac{u'}{u} \qquad \left(\sqrt{u}\right)' = \frac{u'}{2\sqrt{u}}

Toutes ont la même structure : la dérivée de l'intérieur multiplie la dérivée de l'extérieur. Oublier le facteur uu' est l'erreur la plus fréquente de toute l'analyse.

Quiz · 1 question

Quelle est la dérivée de e^(3x² + 1) ?

  • e^(3x² + 1)sans facteur
  • 6x·e^(3x² + 1)u' × e^u
  • (6x + 1)·e^(3x² + 1)dérivée fautive

Réponse : La formule est (e^u)' = u' e^u avec u = 3x² + 1, donc u' = 6x. Oublier ce facteur revient à traiter la composée comme une exponentielle simple — c'est l'erreur qui coûte le plus de points en analyse.

Dérivée et variations

C'est le théorème qui justifie tout le chapitre. Sur un intervalle II :

  • f>0f' > 0 sur II \Rightarrow ff strictement croissante sur II ;
  • f<0f' < 0 sur II \Rightarrow ff strictement décroissante sur II ;
  • f=0f' = 0 sur II \Rightarrow ff constante sur II.

Le mot intervalle n'est pas décoratif. La fonction 1/x1/x a une dérivée strictement négative sur son ensemble de définition, et pourtant elle n'est pas décroissante sur R\mathbb{R}^* : elle l'est sur ];0[]-\infty;0[ et sur ]0;+[]0;+\infty[ séparément. Un tableau de variations se construit intervalle par intervalle.

Extremums. Si ff' s'annule en changeant de signe en aa, alors ff admet un extremum local en aa. Le changement de signe est la condition qui compte : x3x^3 a une dérivée nulle en 0 sans y présenter d'extremum, car 3x23x^2 reste positive de part et d'autre.

Quiz · 1 question

f' s'annule en a. Que peut-on en déduire ?

  • f admet un extremum local en aextremum
  • Rien encore : il faut que f' change de signe en achangement de signe
  • f est constante au voisinage de aconstante

Réponse : x³ en 0 est le contre-exemple à retenir : dérivée nulle, tangente horizontale, et pourtant aucun extremum — la fonction continue de croître. C'est le changement de signe de f', pas son annulation, qui crée l'extremum.

Convexité

La dérivée seconde décrit la façon dont la pente évolue.

ff est convexe sur II si f0f'' \geqslant 0 : la pente augmente, la courbe tourne vers le haut, et elle est au-dessus de chacune de ses tangentes. Concave si f0f'' \leqslant 0, avec toutes les propriétés inversées.

Un point d'inflexion est un point où ff'' s'annule en changeant de signe : la courbe y traverse sa tangente. Même précaution que pour les extremums, et pour la même raison.

La convexité fournit des inégalités qu'on ne saurait pas établir autrement. La fonction exponentielle étant convexe, sa courbe est au-dessus de sa tangente en 0, d'où exx+1e^x \geqslant x + 1 pour tout réel xx — une inégalité qui resservira constamment.

L'étude complète d'une fonction

L'exercice type suit un ordre fixe, et le respecter fait gagner du temps.

  1. Ensemble de définition, et réduction éventuelle par parité ou périodicité.
  2. Limites aux bornes, et asymptotes qui en découlent.
  3. Dérivée, avec l'ensemble de dérivabilité si différent.
  4. Signe de ff', souvent le vrai travail : factoriser, étudier un trinôme.
  5. Tableau de variations, limites reportées aux bornes.
  6. Points remarquables : tangentes horizontales, intersections avec les axes.
  7. Tracé.

L'étape 4 est celle où se joue l'exercice. Une dérivée mal factorisée rend le signe illisible et fait échouer tout ce qui suit, même correctement mené.

À vous

Exercice de code

Comparez le nombre dérivé exact au taux d'accroissement, pour des h de plus en plus petits.

Point de départ

// Le nombre dérivé est la limite d'un taux d'accroissement.
// On le vérifie numériquement, puis on constate la limite du procédé.

const f = (x) => x ** 3 - 2 * x;
const fPrimeExacte = (x) => 0; // à corriger : dérivée de x³ − 2x

// Taux d'accroissement entre a et a+h.
function taux(a, h) {
  return 0; // à corriger
}

const a = 1.5;
console.log("dérivée exacte :", fPrimeExacte(a));
for (const h of [1e-1, 1e-3, 1e-6, 1e-10, 1e-14]) {
  console.log("h =", h.toExponential(), " taux =", taux(a, h));
}
// Observez la dernière ligne : pourquoi le résultat se dégrade-t-il ?

Solution

const f = (x) => x ** 3 - 2 * x;
const fPrimeExacte = (x) => 3 * x ** 2 - 2;

function taux(a, h) {
  return (f(a + h) - f(a)) / h;
}

const a = 1.5;
console.log("dérivée exacte :", fPrimeExacte(a)); // 4.75
for (const h of [1e-1, 1e-3, 1e-6, 1e-10, 1e-14]) {
  console.log("h =", h.toExponential(), " taux =", taux(a, h));
}

// Le taux se rapproche de 4,75 puis S'EN ÉLOIGNE. En dessous de 1e-8, f(a+h)
// et f(a) sont si proches que leur différence perd ses chiffres significatifs,
// et la division par un h minuscule amplifie l'erreur.
//
// La limite mathématique est exacte ; son calcul numérique ne l'est pas.
// C'est pourquoi on dérive formellement, jamais par différences finies.

À retenir

Flashcards · 5 cartes

Quelle est l'équation de la tangente à la courbe de f en a ?
y = f'(a)(x − a) + f(a) : une droite de pente f'(a) passant par le point (a, f(a)).
Quelle est la dérivée d'une composée v ∘ u ?
u' × v'(u) : la dérivée de l'intérieur multiplie la dérivée de l'extérieur. Le facteur u' est ce qu'on oublie.
f' > 0 sur un ensemble : f est-elle croissante ?
Seulement si cet ensemble est un INTERVALLE. 1/x a une dérivée négative partout sans être décroissante sur ℝ*.
f'(a) = 0 suffit-il à conclure à un extremum ?
Non. Il faut que f' change de signe en a. Contre-exemple : x³ en 0, dérivée nulle et pourtant strictement croissante.
Que dit la convexité sur la position des tangentes ?
Une fonction convexe est au-dessus de chacune de ses tangentes. D'où e^x ≥ x + 1, tangente en 0.

Chapitre 4 · 8 h

Fonction logarithme népérien

Propriétés, limites usuelles, dérivée, étude et courbe, logarithme décimal.

Le logarithme népérien est né d'un besoin de calcul : transformer les produits en sommes. Cette propriété unique — ln(ab)=lna+lnb\ln(ab) = \ln a + \ln b — est à la fois sa définition opératoire, sa raison d'être historique, et la source de tous les exercices du chapitre.

Définition

La fonction x1/xx \mapsto 1/x est continue sur ]0;+[]0;+\infty[ : elle y admet des primitives. On appelle logarithme népérien l'unique primitive qui s'annule en 1.

ln:  ]0;+[    R,ln(x)=1x,ln1=0\ln : \; ]0;+\infty[ \; \longrightarrow \; \mathbb{R}, \qquad \ln' (x) = \frac{1}{x}, \qquad \ln 1 = 0

Deux conséquences immédiates, à ne jamais perdre de vue. Le logarithme n'est défini que pour x>0x > 0 : écrire ln\ln d'une quantité négative ou nulle est une faute, pas une approximation. Et sa dérivée 1/x1/x est strictement positive, donc ln\ln est strictement croissante sur son domaine.

Propriétés algébriques

ln(ab)=lna+lnbln ⁣(ab)=lnalnbln ⁣(an)=nlnalna=12lna\ln(ab) = \ln a + \ln b \qquad \ln\!\left(\frac{a}{b}\right) = \ln a - \ln b \qquad \ln\!\left(a^n\right) = n \ln a \qquad \ln \sqrt{a} = \frac{1}{2}\ln a

Toutes découlent de la première, elle-même conséquence de la dérivée. Toutes exigent a>0a > 0 et b>0b > 0.

L'usage est mécanique : le logarithme abaisse les exposants. Une équation où l'inconnue est en exposant se résout en composant par ln\ln, et c'est la seule technique disponible.

2n1000    nln2ln1000    nln1000ln29,972^n \geqslant 1000 \iff n \ln 2 \geqslant \ln 1000 \iff n \geqslant \frac{\ln 1000}{\ln 2} \approx 9{,}97

d'où n10n \geqslant 10 — le résultat rencontré à la leçon de complexité, cette fois démontré.

Quiz · 1 question

L'égalité ln(x²) = 2 ln(x) est-elle vraie pour tout réel x non nul ?

  • Oui, c'est la propriété de l'exposantpropriété
  • Non : le membre de gauche existe pour x négatif, pas le membre de droitedomaines différents
  • Non, il faudrait écrire ln(x²) = (ln x)²confusion

Réponse : Pour x = −3, ln(x²) = ln 9 existe, mais ln(−3) n'existe pas. L'égalité correcte sur ℝ* est ln(x²) = 2 ln|x|. Appliquer une propriété sans vérifier son domaine est l'erreur structurante du chapitre.

Limites et croissance

limx0+lnx=limx+lnx=+\lim_{x \to 0^+} \ln x = -\infty \qquad \lim_{x \to +\infty} \ln x = +\infty

La première donne une asymptote verticale d'équation x=0x = 0. La seconde est à nuancer : ln\ln tend vers l'infini, mais très lentement. Il faut x22000x \approx 22\,000 pour que lnx\ln x atteigne 10.

Cette lenteur est formalisée par les croissances comparées :

limx+lnxx=0limx+lnxxn=0limx0+xlnx=0\lim_{x \to +\infty} \frac{\ln x}{x} = 0 \qquad \lim_{x \to +\infty} \frac{\ln x}{x^n} = 0 \qquad \lim_{x \to 0^+} x \ln x = 0

Elles se lisent d'une seule phrase : face à une puissance, le logarithme perd toujours. En ++\infty le quotient tend vers 0 parce que le dénominateur l'emporte ; en 0+0^+ le produit tend vers 0 parce que xx écrase le -\infty du logarithme.

Ces trois limites lèvent des indéterminations /\infty/\infty et 0×0 \times \infty que rien d'autre ne lève. Les citer nommément est attendu en copie.

Une dernière limite, moins spectaculaire mais aussi utile :

limx0ln(1+x)x=1\lim_{x \to 0} \frac{\ln(1+x)}{x} = 1

C'est le nombre dérivé de ln(1+x)\ln(1+x) en 0 — un taux d'accroissement déguisé, comme souvent.

Quiz · 1 question

Que vaut la limite de x·ln(x) quand x tend vers 0 par valeurs positives ?

  • −∞, car ln(x) tend vers −∞le logarithme gagne
  • 0, par croissance comparéex gagne
  • Elle n'existe pas : c'est une forme indéterminéeindéterminée

Réponse : C'est bien une forme 0 × ∞, donc indéterminée au sens du calcul direct — mais la croissance comparée la lève : x l'emporte, et le produit tend vers 0. « Indéterminée » signale qu'il faut un argument, pas qu'il n'y a pas de réponse.

Dérivées composées

(lnu)=uu\left(\ln u\right)' = \frac{u'}{u}

sur tout intervalle où u>0u > 0. Cette formule sert dans les deux sens, et c'est le second qui compte le plus : reconnaître une forme u/uu'/u donne une primitive en ln\ln. Le chapitre sur les intégrales en dépend entièrement.

Résoudre équations et inéquations

La méthode tient en trois temps, et l'ordre n'est pas négociable.

  1. Écrire le domaine, en imposant que chaque expression sous un ln\ln soit strictement positive. Cette étape se fait avant tout calcul.
  2. Résoudre, en utilisant la stricte croissance : lnA=lnB    A=B\ln A = \ln B \iff A = B, et lnA<lnB    A<B\ln A < \ln B \iff A < B, l'inégalité conservant son sens.
  3. Confronter au domaine, et écarter les solutions qui n'y appartiennent pas.

L'étape 3 n'est pas une formalité de rédaction. Passer à l'exponentielle élargit le domaine : le trinôme obtenu a des racines dont certaines ne sont pas solutions de l'équation initiale. Les garder est une faute de fond.

Logarithme décimal

logx=lnx/ln10\log x = \ln x / \ln 10. Il vérifie les mêmes propriétés et log10n=n\log 10^n = n, ce qui en fait l'outil des ordres de grandeur — pH, décibels, échelles sismiques. Au programme, il n'apporte rien de nouveau : tout ce qui vaut pour ln\ln vaut pour lui.

À vous

Exercice de code

Résolvez ln(x) + ln(x − 3) = ln(4) en écrivant le domaine avant de calculer.

Point de départ

// Résoudre ln(x) + ln(x − 3) = ln(4).
// Le piège n'est pas le calcul : c'est le domaine.

// 1. Le domaine impose x > 0 ET x − 3 > 0.
const domaine = (x) => false; // à corriger

// 2. L'équation se ramène à x(x − 3) = 4, soit x² − 3x − 4 = 0.
function racines() {
  const [a, b, c] = [1, -3, -4];
  const d = b * b - 4 * a * c;
  return [(-b - Math.sqrt(d)) / (2 * a), (-b + Math.sqrt(d)) / (2 * a)];
}

const candidates = racines();
console.log("candidates :", candidates);
console.log("solutions  :", candidates.filter(domaine));

// 3. Vérification directe sur les solutions retenues.
for (const x of candidates.filter(domaine)) {
  console.log(x, "→", Math.log(x) + Math.log(x - 3), "vs", Math.log(4));
}

Solution

// Le domaine se lit AVANT de résoudre : les deux logarithmes doivent exister.
const domaine = (x) => x > 0 && x - 3 > 0;

function racines() {
  const [a, b, c] = [1, -3, -4];
  const d = b * b - 4 * a * c;
  return [(-b - Math.sqrt(d)) / (2 * a), (-b + Math.sqrt(d)) / (2 * a)];
}

const candidates = racines();
console.log("candidates :", candidates); // [-1, 4]
console.log("solutions  :", candidates.filter(domaine)); // [4]

// −1 est racine du trinôme et n'est PAS solution de l'équation : ln(−1)
// n'existe pas. Passer à l'exponentielle élargit le domaine, il faut donc
// systématiquement revenir le vérifier.
for (const x of candidates.filter(domaine)) {
  console.log(x, "→", Math.log(x) + Math.log(x - 3), "vs", Math.log(4));
}

À retenir

Flashcards · 5 cartes

Quelle propriété fait tout l'intérêt du logarithme ?
ln(ab) = ln a + ln b : il transforme les produits en sommes et abaisse les exposants. Toute équation avec l'inconnue en exposant se résout par là.
Que valent les croissances comparées en +∞ ?
ln(x)/x^n → 0 : face à une puissance, le logarithme perd toujours. En 0+, x·ln(x) → 0 pour la même raison.
Première étape d'une équation avec des logarithmes ?
Écrire le domaine, avant tout calcul. Passer à l'exponentielle élargit le domaine : il faut y revenir pour écarter les fausses solutions.
ln(x²) = 2 ln(x) : vrai pour quels x ?
Pour x > 0 seulement. Sur ℝ*, la forme correcte est ln(x²) = 2 ln|x|.
À quoi sert la forme u'/u ?
C'est la dérivée de ln(u), donc la reconnaître fournit une primitive en logarithme — l'usage principal au chapitre des intégrales.

Chapitre 5 · 8 h

Exponentielles et puissances

Exploiter la réciprocité avec le logarithme, les croissances comparées, les fonctions a^x et x^α.

L'exponentielle est la fonction qui est sa propre dérivée. Cette phrase la définit entièrement, et explique pourquoi elle apparaît partout où une grandeur varie proportionnellement à elle-même : intérêts composés, désintégration radioactive, refroidissement, croissance de population.

Définition

ln\ln est continue et strictement croissante de ]0;+[]0;+\infty[ sur R\mathbb{R} : c'est donc une bijection. Sa réciproque est la fonction exponentielle.

exp:  R    ]0;+[\exp : \; \mathbb{R} \; \longrightarrow \; ]0;+\infty[

De cette construction découle tout le reste, sans rien à mémoriser de neuf :

y=ex    x=lny    (y>0)ln(ex)=x    xRelny=y    y>0y = e^x \iff x = \ln y \;\; (y > 0) \qquad \ln(e^x) = x \;\; \forall x \in \mathbb{R} \qquad e^{\ln y} = y \;\; \forall y > 0

Trois faits en découlent, à traiter comme des réflexes. L'exponentielle est définie sur R\mathbb{R} tout entier — contrairement au logarithme. Elle est strictement positive : ex>0e^x > 0 pour tout xx, ce qui permet de diviser par exe^x sans précaution et de conclure sur le signe d'un produit. Et e0=1e^0 = 1.

Propriétés algébriques

ea+b=eaebea=1eaeab=eaeb(ea)n=enae^{a+b} = e^a e^b \qquad e^{-a} = \frac{1}{e^a} \qquad e^{a-b} = \frac{e^a}{e^b} \qquad \left(e^a\right)^n = e^{na}

Ce sont les propriétés du logarithme lues à l'envers : l'exponentielle transforme les sommes en produits. Elles valent pour tous réels, sans condition de domaine — la différence pratique avec ln\ln est là, et elle allège considérablement les calculs.

Dérivée et variations

(ex)=ex(eu)=ueu\left(e^x\right)' = e^x \qquad \left(e^u\right)' = u'\,e^u

Comme ex>0e^x > 0, la dérivée est strictement positive : exp\exp est strictement croissante sur R\mathbb{R}. Et le signe de (eu)\left(e^u\right)' est celui de uu' seul, puisque eue^u ne change jamais de signe — remarque qui simplifie la moitié des études de fonctions du programme.

Limites

limxex=0limx+ex=+\lim_{x \to -\infty} e^x = 0 \qquad \lim_{x \to +\infty} e^x = +\infty

La première donne une asymptote horizontale d'équation y=0y = 0 en -\infty. La courbe s'en approche sans jamais l'atteindre, ce que traduit la stricte positivité.

Les croissances comparées sont le pendant exact de celles du logarithme :

limx+exxn=+limxxnex=0limx0ex1x=1\lim_{x \to +\infty} \frac{e^x}{x^n} = +\infty \qquad \lim_{x \to -\infty} x^n e^x = 0 \qquad \lim_{x \to 0} \frac{e^x - 1}{x} = 1

Une phrase les résume : l'exponentielle l'emporte sur toute puissance. En ++\infty elle écrase le dénominateur ; en -\infty elle écrase le facteur polynomial, aussi grand que soit son degré. La troisième limite est le nombre dérivé de exe^x en 0.

Quiz · 1 question

Que vaut la limite de x³·e^x quand x tend vers −∞ ?

  • −∞, car x³ tend vers −∞la puissance gagne
  • 0, car l'exponentielle l'emportel'exponentielle gagne
  • Elle n'existe pasindéterminée

Réponse : En −∞, e^x tend vers 0 « plus vite » que x³ ne tend vers −∞ : le produit tend vers 0. C'est la croissance comparée, et elle vaut pour n'importe quel degré — x^100 · e^x tend encore vers 0.

Équations et inéquations

La stricte croissance donne les équivalences de résolution :

eA=eB    A=BeA<eB    A<Be^A = e^B \iff A = B \qquad e^A < e^B \iff A < B

et le passage d'une forme à l'autre :

eA=k    A=lnk(k>0)e^A = k \iff A = \ln k \quad (k > 0)

La condition k>0k > 0 est celle qui décide. eA=2e^A = -2 n'a aucune solution, et le constater est la réponse complète : inutile de calculer. Une équation exponentielle sans solution est un cas d'énoncé courant.

Les équations qui se ramènent à un trinôme forment l'autre cas type. Devant e2x3ex+2=0e^{2x} - 3e^x + 2 = 0, on pose X=exX = e^x : le trinôme X23X+2X^2 - 3X + 2 a pour racines 1 et 2, d'où x=0x = 0 ou x=ln2x = \ln 2. Le changement de variable impose X>0X > 0 — une racine négative se rejette sans discussion.

Quiz · 1 question

Combien de solutions a l'équation e^(2x) + e^x − 6 = 0 ?

  • Deux, les racines du trinôme X² + X − 6deux racines
  • Une seule : X = 2 convient, X = −3 est rejetéepositivité
  • Aucuneaucune

Réponse : Le trinôme a pour racines 2 et −3, mais X = e^x est strictement positif : seule X = 2 est recevable, d'où x = ln 2. Reporter une racine négative dans e^x = X est la faute que le changement de variable rend facile.

Fonctions puissances

Pour a>0a > 0, on pose ax=exlnaa^x = e^{x \ln a}. Cette définition étend les puissances à tout exposant réel, et son sens de variation ne dépend que du signe de lna\ln a : croissante si a>1a > 1, décroissante si 0<a<10 < a < 1, constante si a=1a = 1.

C'est la formule qui rend calculable 222^{\sqrt{2}}, et celle qui relie la fonction exponentielle aux suites géométriques : qn=enlnqq^n = e^{n \ln q} éclaire d'un coup pourquoi qnq^n tend vers 0 quand q<1q < 1 — l'exposant nlnqn \ln q tend alors vers -\infty.

Ce qu'une limite ne dit pas

Exercice de code

Cherchez à partir de quel entier e^x dépasse x^10, et concluez sur ce qu'une limite affirme vraiment.

Point de départ

// « L'exponentielle l'emporte sur toute puissance » : à quel prix ?
// On cherche à partir de quel x on a e^x > x^10.

const f = (x) => Math.exp(x);
const g = (x) => x ** 10;

// 1. Comparer sur quelques valeurs. Qui domine au début ?
for (const x of [2, 5, 10, 20, 35, 50]) {
  console.log("x =", x, " e^x =", f(x).toExponential(2), " x^10 =", g(x).toExponential(2));
}

// 2. Trouver le seuil : le plus petit entier x tel que e^x dépasse x^10.
function seuil() {
  let x = 1;
  // à compléter : avancer tant que e^x reste inférieur ou égal à x^10
  return x;
}

console.log("seuil :", seuil());

Solution

const f = (x) => Math.exp(x);
const g = (x) => x ** 10;

for (const x of [2, 5, 10, 20, 35, 50]) {
  console.log("x =", x, " e^x =", f(x).toExponential(2), " x^10 =", g(x).toExponential(2));
}

function seuil() {
  let x = 1;
  while (f(x) <= g(x)) x++;
  return x;
}

console.log("seuil :", seuil()); // 36

// Jusqu'à x = 35, la puissance écrase l'exponentielle — de plusieurs ordres
// de grandeur. Le théorème n'en est pas faux pour autant : il porte sur le
// comportement À L'INFINI, pas sur les petites valeurs. Une limite ne dit
// jamais à partir de quand.

À retenir

Flashcards · 5 cartes

Comment l'exponentielle est-elle définie ?
Comme la réciproque du logarithme népérien. Tout le reste — propriétés, limites, dérivée — s'en déduit sans rien de neuf à mémoriser.
Quelle propriété de e^x simplifie les études de signe ?
e^x > 0 pour tout x. Le signe de (e^u)' = u'·e^u est donc celui de u' seul, et on peut diviser par e^x sans précaution.
Que disent les croissances comparées de l'exponentielle ?
Elle l'emporte sur toute puissance : e^x/x^n → +∞ en +∞, et x^n·e^x → 0 en −∞, quel que soit n.
Que faire devant e^(2x) − 3e^x + 2 = 0 ?
Poser X = e^x avec la contrainte X > 0, résoudre le trinôme, puis rejeter les racines négatives avant de revenir à x.
e^A = k : quand y a-t-il une solution ?
Seulement si k > 0, et alors A = ln k. Pour k ≤ 0 l'équation n'a aucune solution, et le dire suffit.

Chapitre 6 · 11 h

Primitives et calcul intégral

Primitives usuelles, intégration par parties, changement de variable, aires, volumes, valeur moyenne.

Dériver, c'est descendre ; intégrer, c'est remonter. Le chapitre repose entièrement sur ce renversement, et sur le théorème qui le rend calculable : une aire sous une courbe se détermine sans découper la moindre bande, pourvu qu'on sache reconnaître une primitive.

Primitives

FF est une primitive de ff sur un intervalle II si F=fF' = f sur II.

Deux primitives d'une même fonction diffèrent d'une constante — c'est immédiat, leur différence a une dérivée nulle sur un intervalle. Il n'y a donc jamais « la » primitive, mais une famille F+CF + C, et une condition initiale la détermine.

f(x)f(x)Une primitive F(x)F(x)
xnx^n, n1n \neq -1xn+1/(n+1)x^{n+1}/(n+1)
1/x1/xlnx\ln\lvert x \rvert
exe^xexe^x
cosx\cos xsinx\sin x
sinx\sin xcosx-\cos x
1/x1/\sqrt{x}2x2\sqrt{x}

Les formes composées sont celles qu'on doit reconnaître, car c'est ainsi qu'un énoncé les présente :

uunun+1n+1uulnuueueuu2uuu'u^n \to \frac{u^{n+1}}{n+1} \qquad \frac{u'}{u} \to \ln\lvert u \rvert \qquad u'e^{u} \to e^{u} \qquad \frac{u'}{2\sqrt{u}} \to \sqrt{u}

L'exercice consiste presque toujours à faire apparaître le facteur uu' manquant, quitte à multiplier et diviser par une constante. Devant xex2x\,e^{x^2}, on écrit 12×2xex2\tfrac{1}{2} \times 2x\,e^{x^2} et la primitive est 12ex2\tfrac{1}{2}e^{x^2}.

La valeur absolue dans lnu\ln\lvert u \rvert n'est pas un ornement : sans elle, la primitive de 1/x1/x serait fausse sur ];0[]-\infty;0[.

L'intégrale

Pour ff continue sur [a;b][a;b] et FF une primitive de ff :

abf(x)dx=F(b)F(a)\int_a^b f(x)\,\mathrm{d}x = F(b) - F(a)

Le résultat ne dépend pas de la primitive choisie, la constante s'éliminant dans la soustraction. C'est le théorème fondamental : le calcul d'aire se ramène à deux évaluations.

Quand f0f \geqslant 0 sur [a;b][a;b], l'intégrale est l'aire du domaine compris entre la courbe, l'axe des abscisses et les droites x=ax = a et x=bx = b, en unités d'aire. Si ff change de signe, l'intégrale compte négativement les parties sous l'axe : une intégrale nulle ne signifie pas une aire nulle.

Animation · 6 étapes

Comment le coût grandit avec la taille des données

  1. O(1) — lire T[i]Une opération, quelle que soit la taille des données. La courbe est plate : doubler n ne coûte rien de plus.
  2. O(log n) — recherche dichotomiqueChaque doublement de n n'ajoute qu'une seule opération. C'est presque aussi bon que constant.
  3. O(n) — recherche séquentielleLe coût suit la taille : deux fois plus de données, deux fois plus de travail. Une droite.
  4. O(n log n) — tris efficacesÀ peine plus cher que linéaire, et c'est le meilleur coût possible pour un tri par comparaisons.
  5. O(n²) — tri par sélectionLa courbe quitte le cadre avant n = 20. C'est la classe qu'on cherche à éviter dès que n grandit.
  6. Comparaison finaleSur de petites données toutes ces courbes se valent. C'est en grandissant que l'écart devient décisif : le classement importe plus que le détail des opérations.

Cette animation, empruntée au cours d'algorithmique, montre des vitesses de croissance comparées. On la relit ici autrement : sous chacune de ces courbes, l'aire accumulée depuis 0 est précisément l'intégrale de la fonction, et c'est elle que la primitive calcule d'un trait.

Quiz · 1 question

L'intégrale de sin(x) entre 0 et 2π vaut 0. Quelle est l'aire entre la courbe et l'axe ?

  • 0, puisque l'intégrale est nulleaire = intégrale
  • 4 : les deux arches ont des aires égales, comptées avec des signes opposéssignes opposés
  • 2π, la longueur de l'intervallelargeur

Réponse : Chaque arche a une aire de 2 ; celle du dessous est comptée −2. L'intégrale vaut 0, l'aire vaut 4. Confondre les deux est l'erreur qui rend faux tout calcul d'aire d'une fonction changeant de signe : il faut découper aux racines.

Propriétés

abf=bafacf=abf+bcfab(αf+βg)=αabf+βabg\int_a^b f = -\int_b^a f \qquad \int_a^c f = \int_a^b f + \int_b^c f \qquad \int_a^b (\alpha f + \beta g) = \alpha\int_a^b f + \beta\int_a^b g

La deuxième est la relation de Chasles : elle sert à découper aux points où ff change de signe, ou aux points de raccord d'une fonction définie par morceaux.

Positivité et croissance. Si f0f \geqslant 0 sur [a;b][a;b] avec aba \leqslant b, alors abf0\int_a^b f \geqslant 0. Et si fgf \leqslant g, alors abfabg\int_a^b f \leqslant \int_a^b g. L'inégalité se conserve — à condition que les bornes soient dans l'ordre, faute de quoi elle s'inverse.

Cette croissance est ce qui permet d'encadrer une intégrale qu'on ne sait pas calculer : on encadre la fonction, on intègre, et l'encadrement suit.

Valeur moyenne de ff sur [a;b][a;b] :

μ=1baabf(x)dx\mu = \frac{1}{b-a}\int_a^b f(x)\,\mathrm{d}x

C'est la hauteur du rectangle de base [a;b][a;b] ayant la même aire que le domaine sous la courbe.

Intégration par parties

abuv=[uv]ababuv\int_a^b u'v = \Big[uv\Big]_a^b - \int_a^b uv'

Elle transforme une intégrale en une autre. Le choix de uu' et de vv décide de tout : vv doit devenir plus simple en dérivant. Un polynôme perd un degré, un logarithme devient une fraction rationnelle — ce sont les deux cas du programme.

Pour xexdx\int x e^x\,\mathrm{d}x : on pose v=xv = x et u=exu' = e^x. La nouvelle intégrale ex\int e^x est immédiate. Le choix inverse aurait donné x22ex\int \tfrac{x^2}{2}e^x, pire que l'originale — le signe qu'on s'est trompé de répartition.

Quiz · 1 question

Pour calculer l'intégrale de x·ln(x), que choisit-on comme fonction v à dériver ?

  • v = x, car c'est le plus simplele polynôme
  • v = ln(x), car sa dérivée 1/x est une fraction rationnellele logarithme
  • Peu importe, les deux marchentindifférent

Réponse : Il n'existe pas de primitive simple de ln(x) à ce stade : on ne peut pas le prendre comme u'. En le dérivant on obtient 1/x, et l'intégrale restante devient polynomiale. Devant un logarithme, c'est toujours lui qu'on dérive.

Aires et volumes

Aire entre deux courbes. Si fgf \geqslant g sur [a;b][a;b], l'aire du domaine compris entre les deux courbes vaut ab(fg)\int_a^b (f - g). On détermine d'abord les abscisses d'intersection, puis le signe de fgf - g sur chaque morceau.

Volume de révolution. Le solide engendré par la rotation de la courbe de ff autour de l'axe des abscisses a pour volume

V=πabf(x)2dxV = \pi \int_a^b f(x)^2\,\mathrm{d}x

Le carré vient de l'aire du disque de rayon f(x)f(x) ; l'intégrale empile ces disques. Oublier le π\pi ou le carré donne un résultat homogène à autre chose qu'un volume, ce qui se détecte sans calcul.

Ce que la somme de Riemann apprend

Exercice de code

Approchez l'intégrale de x² sur [0 ; 1] par des rectangles, et observez la vitesse de convergence.

Point de départ

// L'intégrale est une limite d'aires de rectangles. On le vérifie.
// ∫ de 0 à 1 de x² vaut exactement 1/3.

const f = (x) => x * x;

// Somme des aires de n rectangles de largeur 1/n, hauteur prise à droite.
function rectangles(n) {
  let somme = 0;
  for (let k = 1; k <= n; k++) {
    // à compléter : ajouter l'aire du k-ième rectangle
  }
  return somme;
}

for (const n of [4, 10, 100, 10000, 1000000]) {
  console.log("n =", n, " somme =", rectangles(n).toFixed(8));
}
console.log("valeur exacte :", (1 / 3).toFixed(8));

Solution

const f = (x) => x * x;

function rectangles(n) {
  let somme = 0;
  for (let k = 1; k <= n; k++) {
    // Largeur 1/n, hauteur f(k/n).
    somme += (1 / n) * f(k / n);
  }
  return somme;
}

for (const n of [4, 10, 100, 10000, 1000000]) {
  console.log("n =", n, " somme =", rectangles(n).toFixed(8));
}
console.log("valeur exacte :", (1 / 3).toFixed(8));

// La convergence est LENTE : il faut un million de rectangles pour six
// décimales. C'est pourquoi on ne calcule jamais une intégrale ainsi — on
// cherche une primitive. La somme de Riemann définit l'intégrale, elle ne
// la calcule pas.

À retenir

Flashcards · 5 cartes

Que dit le théorème fondamental de l'analyse ?
L'intégrale de a à b de f vaut F(b) − F(a) pour n'importe quelle primitive F. La constante disparaît dans la soustraction.
Intégrale nulle : l'aire est-elle nulle ?
Non. Les parties sous l'axe comptent négativement. Pour une aire, on découpe aux racines et on prend les valeurs absolues.
Quelles formes composées faut-il reconnaître pour primitiver ?
u'u^n, u'/u, u'e^u, u'/(2√u). L'exercice consiste à faire apparaître le facteur u' manquant, quitte à ajuster par une constante.
Dans une intégration par parties, comment choisir v ?
Celle qui se simplifie en dérivant : un polynôme perd un degré, un logarithme devient 1/x. Devant un ln, c'est toujours lui qu'on dérive.
Volume engendré par rotation autour de l'axe des abscisses ?
π fois l'intégrale de f(x)² : chaque tranche est un disque de rayon f(x), et l'intégrale les empile.

Chapitre 7 · 5 h

Équations différentielles

Résoudre y' = ay, y'' + ω²y = 0 et y'' − ω²y = 0, et exploiter les conditions initiales.

Une équation différentielle relie une fonction inconnue à ses dérivées. Elle ne décrit pas une grandeur, elle décrit la loi qui la fait varier — et c'est sous cette forme que la physique énonce presque tout : la vitesse de désintégration est proportionnelle à la quantité restante, l'accélération d'un ressort est opposée à son allongement.

Résoudre, c'est retrouver la grandeur à partir de sa loi de variation.

y=ayy' = ay

L'équation fondamentale. Ses solutions sur R\mathbb{R} sont exactement les fonctions

y(x)=Ceax,CRy(x) = C e^{ax}, \qquad C \in \mathbb{R}

La vérification est immédiate. La réciproque — qu'il n'y en a pas d'autres — se démontre en posant z(x)=y(x)eaxz(x) = y(x)e^{-ax} et en constatant que z=0z' = 0, donc zz constante sur R\mathbb{R}. Cette démonstration est courte et tombe régulièrement.

L'ensemble des solutions est une famille : une équation différentielle du premier ordre a une infinité de solutions, paramétrées par une constante. Pour en isoler une, il faut une condition initiale.

y=3y   et   y(0)=5        Ce0=5        y(x)=5e3xy' = 3y \;\text{ et }\; y(0) = 5 \;\;\Longrightarrow\;\; C e^{0} = 5 \;\;\Longrightarrow\;\; y(x) = 5e^{3x}

Le signe de aa décide du comportement : croissance explosive si a>0a > 0, décroissance vers 0 si a<0a < 0. C'est la même dichotomie que pour qnq^n chez les suites géométriques, et pour la même raison — eaxe^{ax} est une suite géométrique à variable continue.

Quiz · 1 question

Combien de solutions l'équation y' = −2y admet-elle ?

  • Une seule : y = e^(−2x)unique
  • Une infinité : toutes les fonctions C·e^(−2x)famille
  • Aucune, il manque une condition initialeinsoluble

Réponse : L'équation seule définit une famille paramétrée par C. C'est la condition initiale qui en sélectionne une — et une équation différentielle sans condition initiale se résout parfaitement, elle a simplement une infinité de solutions.

y=ay+by' = ay + b

On se ramène au cas précédent en cherchant la solution constante, dite particulière. Si yy est constante, y=0y' = 0, donc ay+b=0ay + b = 0, donc y=b/ay = -b/a — sous réserve que a0a \neq 0.

Les solutions générales sont alors

y(x)=Ceaxba,CRy(x) = C e^{ax} - \frac{b}{a}, \qquad C \in \mathbb{R}

La structure mérite d'être vue pour elle-même : solution générale de l'équation sans second membre, plus une solution particulière. C'est le schéma de toute la théorie des équations linéaires, et il resservira bien au-delà du programme.

Quand a<0a < 0, le terme CeaxCe^{ax} s'efface et yy tend vers b/a-b/a : c'est le régime permanent, la valeur d'équilibre. Le terme exponentiel est le régime transitoire, celui qui garde la mémoire de la condition initiale et finit par l'oublier.

Quiz · 1 question

Vers quoi tend la solution de y' = −4y + 12 quand x tend vers +∞ ?

  • Vers 0, l'exponentielle s'effaçantle transitoire
  • Vers 3, la solution constantel'équilibre
  • Vers +∞divergence

Réponse : La solution constante vérifie 0 = −4y + 12, soit y = 3. Le terme C·e^(−4x) tend vers 0 : il ne reste que l'équilibre. Répondre 0 revient à oublier la solution particulière — c'est l'erreur que la structure « générale + particulière » est faite d'éviter.

y+ω2y=0y'' + \omega^2 y = 0

L'équation de l'oscillateur. Ses solutions sont

y(x)=Acos(ωx)+Bsin(ωx),(A,B)R2y(x) = A\cos(\omega x) + B\sin(\omega x), \qquad (A,B) \in \mathbb{R}^2

Deux constantes cette fois : une équation du second ordre exige deux conditions — typiquement y(0)y(0) et y(0)y'(0), la position et la vitesse initiales.

La forme équivalente y(x)=Rcos(ωx+φ)y(x) = R\cos(\omega x + \varphi) met en évidence les grandeurs physiques : R=A2+B2R = \sqrt{A^2 + B^2} est l'amplitude, φ\varphi la phase, et T=2π/ωT = 2\pi/\omega la période. Passer d'une écriture à l'autre est une question d'énoncé fréquente.

Le signe compte : yω2y=0y'' - \omega^2 y = 0 a pour solutions Aeωx+BeωxAe^{\omega x} + Be^{-\omega x}, qui divergent. Un ressort oscille, une instabilité explose — la différence tient à un signe.

La méthode d'un exercice

  1. Identifier la forme : y=ayy' = ay, y=ay+by' = ay + b, ou y+ω2y=0y'' + \omega^2 y = 0.
  2. Écrire la famille de solutions, avec sa ou ses constantes.
  3. Appliquer les conditions initiales pour les déterminer.
  4. Interpréter : limite, équilibre, période, demi-vie selon le contexte.

L'étape 4 est celle que les énoncés de sciences attendent vraiment. Une équation différentielle y arrive toujours habillée : « la vitesse de refroidissement est proportionnelle à l'écart de température » se traduit par θ=k(θθambiante)\theta' = -k(\theta - \theta_{\text{ambiante}}), qui est un y=ay+by' = ay + b déguisé.

À vous

Exercice de code

Comparez la solution exacte à une simulation pas à pas, puis calculez la demi-vie.

Point de départ

// N'(t) = −λ N(t) : la solution est N(t) = N0 · e^(−λt).
// On la confronte à une simulation pas à pas, puis on en tire la demi-vie.

const N0 = 1000;
const LAMBDA = 0.05; // par jour

// 1. Solution exacte.
const exacte = (t) => 0; // à corriger

// 2. Simulation d'Euler : sur un petit pas h, N diminue de λ·N·h.
function euler(t, h) {
  let n = N0;
  for (let x = 0; x < t; x += h) {
    n = n; // à corriger
  }
  return n;
}

for (const h of [1, 0.1, 0.001]) {
  console.log("h =", h, " Euler(30) =", euler(30, h).toFixed(3), " exacte =", exacte(30).toFixed(3));
}

// 3. Demi-vie : le temps au bout duquel il reste la moitié.
const demiVie = 0; // à corriger, avec un logarithme
console.log("demi-vie :", demiVie.toFixed(3), "jours");

Solution

const N0 = 1000;
const LAMBDA = 0.05;

const exacte = (t) => N0 * Math.exp(-LAMBDA * t);

function euler(t, h) {
  let n = N0;
  for (let x = 0; x < t; x += h) {
    n = n - LAMBDA * n * h;
  }
  return n;
}

for (const h of [1, 0.1, 0.001]) {
  console.log("h =", h, " Euler(30) =", euler(30, h).toFixed(3), " exacte =", exacte(30).toFixed(3));
}

// N0/2 = N0 e^(−λT)  ⇔  1/2 = e^(−λT)  ⇔  −λT = ln(1/2)  ⇔  T = ln(2)/λ.
// La demi-vie ne dépend PAS de N0 : c'est la signature d'une décroissance
// exponentielle, et ce que le modèle affirme de plus fort.
const demiVie = Math.log(2) / LAMBDA;
console.log("demi-vie :", demiVie.toFixed(3), "jours"); // 13.863

À retenir

Flashcards · 5 cartes

Quelles sont les solutions de y' = ay ?
Toutes les fonctions C·e^(ax), C réel quelconque. Une équation du premier ordre a une infinité de solutions ; la condition initiale en choisit une.
Comment résout-on y' = ay + b ?
Solution générale de y' = ay, plus la solution constante −b/a. C'est la structure « générale sans second membre + particulière ».
Combien de conditions faut-il pour y'' + ω²y = 0 ?
Deux — typiquement y(0) et y'(0) — car la famille A·cos(ωx) + B·sin(ωx) a deux constantes.
Que vaut la demi-vie d'une décroissance N' = −λN ?
ln(2)/λ. Elle ne dépend pas de la quantité initiale : c'est la signature d'une décroissance exponentielle.
Quelle différence entre y'' + ω²y = 0 et y'' − ω²y = 0 ?
La première oscille (cosinus et sinus), la seconde diverge (exponentielles réelles). Tout tient au signe.

Chapitre 8 · 5 h

Sujets types — Analyse

Problèmes de bac : étude de fonction, suite associée, calcul d'aire.

Le bloc d'analyse fournit sept outils. Un sujet de baccalauréat n'en isole jamais un seul : il enchaîne une étude de fonction, une suite qui en découle, une intégrale qui mesure une aire. La difficulté n'est pas technique, elle est d'ordonnancement — savoir quelle question prépare la suivante.

Chaque sujet ci-dessous est donné entier, puis conduit jusqu'au bout.

Sujet 1 — Étude d'une fonction avec exponentielle

Soit ff définie sur R\mathbb{R} par f(x)=(x1)exf(x) = (x-1)e^{-x}.

  1. Déterminer les limites de ff en -\infty et ++\infty, et en déduire une asymptote.
  2. Étudier les variations de ff.
  3. Montrer que l'équation f(x)=0,1f(x) = 0{,}1 admet une unique solution sur [1;+[[1;+\infty[.

Question 1. En -\infty : x1x - 1 \to -\infty et ex+e^{-x} \to +\infty, donc le produit tend vers -\infty. Aucune indétermination.

En ++\infty : x1+x-1 \to +\infty et ex0e^{-x} \to 0, forme ×0\infty \times 0. On développe pour faire apparaître une croissance comparée :

f(x)=xex1exf(x) = \frac{x}{e^{x}} - \frac{1}{e^{x}}

Le premier terme tend vers 0 par croissance comparée, le second aussi. Donc f(x)0f(x) \to 0, et l'axe des abscisses est asymptote horizontale en ++\infty.

Question 2. ff est un produit :

f(x)=1ex+(x1)(ex)=ex(1(x1))=(2x)exf'(x) = 1 \cdot e^{-x} + (x-1)\cdot(-e^{-x}) = e^{-x}\left(1 - (x-1)\right) = (2-x)e^{-x}

Comme ex>0e^{-x} > 0, le signe de ff' est celui de 2x2 - x : ff croît sur ];2]]-\infty;2], décroît sur [2;+[[2;+\infty[, et admet un maximum f(2)=e20,135f(2) = e^{-2} \approx 0{,}135.

Question 3. Sur [1;+[[1;+\infty[, il faut d'abord découper : ff croît sur [1;2][1;2] puis décroît sur [2;+[[2;+\infty[. Le maximum 0,1350{,}135 dépasse 0,10{,}1, donc la valeur est atteinte deux fois sur [1;+[[1;+\infty[ — une fois sur chaque branche monotone.

L'énoncé annonce l'unicité : c'est qu'il attend l'étude sur l'une des deux branches seulement, ou qu'il faut le contredire. Dans les deux cas, le tableau de variations tranche, et c'est pourquoi il précède toujours ce genre de question.

Quiz · 1 question

Pour appliquer le théorème de la bijection sur [1 ; +∞[, que faut-il vérifier d'abord ?

  • Que f est continue et que les valeurs aux bornes encadrent 0,1TVI simple
  • Que f est continue ET strictement monotone sur l'intervalle considérébijection
  • Que f est dérivable, ce qui suffitdérivabilité

Réponse : Sans stricte monotonie, le théorème ne donne que l'existence — et ici f n'est pas monotone sur [1;+∞[, elle change de sens en 2. Il faut donc découper en [1;2] et [2;+∞[ et appliquer le théorème sur chaque morceau.

Sujet 2 — Une suite récurrente

On définit u0=0u_0 = 0 et un+1=un+2u_{n+1} = \sqrt{u_n + 2}.

  1. Démontrer que pour tout nn, 0un20 \leqslant u_n \leqslant 2.
  2. Démontrer que (un)(u_n) est croissante.
  3. En déduire qu'elle converge, et calculer sa limite.

Question 1. Par récurrence. Au rang 0 : 0020 \leqslant 0 \leqslant 2. Hérédité : si 0uk20 \leqslant u_k \leqslant 2, alors 2uk+242 \leqslant u_k + 2 \leqslant 4, et la fonction racine étant croissante, 2uk+12\sqrt{2} \leqslant u_{k+1} \leqslant 2. En particulier 0uk+120 \leqslant u_{k+1} \leqslant 2.

La croissance de la racine est ce qui autorise le passage à l'inégalité. Sans elle, l'implication tombe — c'est la justification qu'on omet et qu'on doit écrire.

Question 2. On étudie le signe de un+1un=un+2unu_{n+1} - u_n = \sqrt{u_n+2} - u_n. Avec x=un[0;2]x = u_n \in [0;2], le signe de x+2x\sqrt{x+2} - x est celui de x+2x2x + 2 - x^2 après passage au carré — licite car les deux quantités sont positives sur [0;2][0;2]. Le trinôme x2+x+2-x^2 + x + 2 a pour racines 1-1 et 2, et il est positif entre ses racines, donc sur [0;2][0;2]. La suite est croissante.

Question 3. Croissante et majorée par 2 : elle converge par le théorème de convergence monotone. Sa limite \ell vérifie =+2\ell = \sqrt{\ell + 2}, soit 22=0\ell^2 - \ell - 2 = 0, dont les racines sont 1-1 et 2. La limite d'une suite positive ne peut être négative : =2\ell = 2.

Le tri final entre les deux racines n'est pas facultatif. C'est l'encadrement de la question 1 qui le permet, et c'est pour cela qu'elle vient en premier.

Quiz · 1 question

Pourquoi la question 1 doit-elle précéder la question 3 ?

  • Pour fournir le majorant du théorème de convergence monotone, et pour trier les racines du point fixedeux usages
  • Uniquement pour prouver que la suite est bien définieexistence
  • Par convention de rédaction, l'ordre est indifférentconvention

Réponse : L'encadrement sert deux fois : il donne le majorant sans lequel le théorème ne s'applique pas, puis il élimine la racine −1. Un énoncé de baccalauréat est une progression ; chaque question prépare une suivante.

Sujet 3 — Intégrale et aire

Soit g(x)=xexg(x) = x e^{-x} sur [0;3][0;3].

  1. Calculer 03g(x)dx\int_0^3 g(x)\,\mathrm{d}x par une intégration par parties.
  2. Interpréter graphiquement le résultat.

Question 1. On pose v=xv = x et u=exu' = e^{-x}, donc v=1v' = 1 et u=exu = -e^{-x}. Le choix est dicté par le fait que v=xv = x se simplifie en dérivant.

03xexdx=[xex]03+03exdx=3e3+[ex]03=3e3e3+1\int_0^3 x e^{-x}\,\mathrm{d}x = \Big[-x e^{-x}\Big]_0^3 + \int_0^3 e^{-x}\,\mathrm{d}x = -3e^{-3} + \Big[-e^{-x}\Big]_0^3 = -3e^{-3} - e^{-3} + 1

soit 14e30,8011 - 4e^{-3} \approx 0{,}801.

Question 2. Sur [0;3][0;3], gg est positive : l'intégrale est donc l'aire, en unités d'aire, du domaine compris entre la courbe, l'axe des abscisses et les droites x=0x=0 et x=3x=3.

La positivité doit être vérifiée, pas supposée. Sur un intervalle où gg changerait de signe, l'intégrale ne serait plus l'aire, et la réponse serait fausse.

Sujet 4 — Un refroidissement

Un corps à 80C80\,^\circ\mathrm{C} est placé dans une pièce à 20C20\,^\circ\mathrm{C}. Sa température vérifie θ(t)=0,1(θ(t)20)\theta'(t) = -0{,}1\left(\theta(t) - 20\right), tt en minutes. Déterminer θ(t)\theta(t), puis le temps au bout duquel le corps atteint 30C30\,^\circ\mathrm{C}.

L'équation est un y=ay+by' = ay + b déguisé : θ=0,1θ+2\theta' = -0{,}1\,\theta + 2. La solution constante vérifie 0=0,1θ+20 = -0{,}1\,\theta + 2, soit θ=20\theta = 20 — la température de la pièce, ce qui était prévisible.

θ(t)=Ce0,1t+20\theta(t) = C e^{-0,1t} + 20

La condition θ(0)=80\theta(0) = 80 donne C=60C = 60. Puis θ(t)=30\theta(t) = 30 équivaut à 60e0,1t=1060e^{-0,1t} = 10, soit e0,1t=1/6e^{-0,1t} = 1/6, d'où

t=ln60,117,9 minutest = \frac{\ln 6}{0{,}1} \approx 17{,}9 \text{ minutes}

Le passage au logarithme est le seul geste possible pour extraire un exposant : c'est l'usage pour lequel il a été construit.

QCM du bloc

QCM de bloc · 7 questions

Bloc II — Analyse

1. Une suite est décroissante et minorée par −5. Que peut-on affirmer avec certitude ?

  • Elle converge vers −5
  • Elle converge vers un réel supérieur ou égal à −5
  • Elle diverge vers −∞

Réponse : Le théorème de convergence monotone donne l'existence de la limite, jamais sa valeur. Elle est nécessairement ≥ −5, mais peut valoir n'importe quoi au-dessus. Conclure « vers −5 » confond le minorant et la limite.

2. f est continue sur [2 ; 5], f(2) = 7 et f(5) = 1. L'équation f(x) = 4 admet-elle une solution ?

  • Oui, exactement une
  • Oui, au moins une
  • On ne peut rien dire sans connaître f

Réponse : 4 est compris entre f(5) = 1 et f(2) = 7, et f est continue : le TVI donne l'existence. L'unicité exigerait la stricte monotonie, dont l'énoncé ne dit rien — f pourrait osciller et traverser 4 plusieurs fois.

3. Quelle est la dérivée de ln(x² + 1) ?

  • 1/(x² + 1)
  • 2x/(x² + 1)
  • 2x·ln(x² + 1)

Réponse : (ln u)' = u'/u avec u = x² + 1, donc u' = 2x. Répondre 1/(x²+1) revient à oublier le facteur u' — l'erreur la plus coûteuse de tout le bloc, parce qu'elle se glisse dans chaque étude de fonction composée.

4. Quel est l'ensemble de définition de x ↦ ln(x² − 4) ?

  • ]2 ; +∞[
  • ]−∞ ; −2[ ∪ ]2 ; +∞[
  • ℝ privé de −2 et 2

Réponse : Il faut x² − 4 > 0, soit x² > 4, ce qui donne x < −2 OU x > 2. Ne garder que la branche positive est l'oubli classique : un trinôme positif « à l'extérieur des racines » a bien deux morceaux.

5. Combien de solutions réelles a l'équation e^x = −5 ?

  • Une, égale à ln(−5)
  • Aucune
  • Deux, par symétrie

Réponse : L'exponentielle est strictement positive sur ℝ : elle ne prend jamais de valeur négative. Le constater est la réponse complète — et ln(−5) n'existe pas, ce qui devrait alerter avant même de conclure.

6. L'intégrale de f entre 0 et 4 vaut 0. Que peut-on en déduire ?

  • f est nulle sur [0 ; 4]
  • L'aire entre la courbe et l'axe est nulle
  • Les parties au-dessus et en dessous de l'axe ont des aires égales

Réponse : L'intégrale compte négativement ce qui est sous l'axe. Une intégrale nulle signale une compensation exacte, pas une fonction nulle ni une aire nulle. Pour l'aire, on découpe aux racines et on somme les valeurs absolues.

7. Quelles sont les solutions de y' = 5y + 10 ?

  • y = C·e^(5x)
  • y = C·e^(5x) − 2
  • y = C·e^(5x) + 10

Réponse : Solution générale de y' = 5y, plus la solution constante : 0 = 5y + 10 donne y = −2. Oublier la solution particulière, ou reporter le second membre tel quel, sont les deux erreurs que la structure « générale + particulière » est faite d'empêcher.

Les gestes du bloc

L'énoncé demande…Le geste
une limite en forme /\infty/\inftyfactoriser par le terme dominant
une limite avec ln\ln ou eeciter la croissance comparée
« montrer que l'équation admet une unique solution »continuité et stricte monotonie
une suite un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n)encadrement, monotonie, convergence monotone, point fixe
une intégrale avec un produitintégration par parties, en dérivant ce qui se simplifie
une airevérifier le signe, découper aux racines
« la vitesse de… est proportionnelle à… »équation différentielle y=ay+by' = ay + b

À retenir

Flashcards · 4 cartes

Dans une étude de fonction, quelle étape décide de la réussite ?
Le signe de la dérivée. Une dérivée mal factorisée rend le tableau illisible et fait échouer tout ce qui suit, même correctement mené.
Pourquoi une question d'encadrement précède-t-elle toujours une question de limite ?
Parce qu'elle fournit le majorant du théorème de convergence monotone, puis sert à trier les racines de l'équation du point fixe.
Une intégrale est-elle une aire ?
Seulement si la fonction est positive sur l'intervalle. Cette vérification fait partie de la réponse, elle ne se suppose pas.
Comment reconnaître une équation différentielle dans un énoncé de sciences ?
À la formule « la vitesse de variation est proportionnelle à… ». Refroidissement, désintégration, charge d'un condensateur : tous des y' = ay + b.