C3 — Nombres complexes et géométrieDans le dialogue d’impression, choisissez « Enregistrer au format PDF » comme destination.
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Terminale C · Mathématiques

Cours 3Nombres complexes et géométrie

Passer sans hésiter d'une forme à l'autre, et traduire une configuration géométrique en écriture complexe.

5 chapitres · 45 h de travail estimé

  1. 1. Nombres complexes12 h
  2. 2. Complexes et transformations du plan8 h
  3. 3. Géométrie de l'espace12 h
  4. 4. Coniques8 h
  5. 5. Sujets types — Complexes et géométrie5 h

Chapitre 1 · 12 h

Nombres complexes

Passer d'une forme à l'autre : algébrique, trigonométrique, exponentielle ; Moivre, Euler, racines n-ièmes.

On introduit ii tel que i2=1i^2 = -1 pour une raison d'algèbre — donner des racines à tous les trinômes — et l'on découvre un outil de géométrie. C'est ce double statut qui fait la richesse du chapitre : tout calcul algébrique sur les complexes a une lecture géométrique, et réciproquement.

Forme algébrique

Tout complexe s'écrit de manière unique z=a+ibz = a + ib avec aa et bb réels. On appelle a=Re(z)a = \operatorname{Re}(z) la partie réelle et b=Im(z)b = \operatorname{Im}(z) la partie imaginaire — qui est un réel, malgré son nom.

L'unicité est l'outil de démonstration principal : deux complexes sont égaux si et seulement si leurs parties réelles et imaginaires le sont. Une équation complexe équivaut donc à un système de deux équations réelles.

Les opérations se font comme sur les polynômes, en remplaçant i2i^2 par 1-1 :

(a+ib)(c+id)=(acbd)+i(ad+bc)(a+ib)(c+id) = (ac - bd) + i(ad + bc)

Le conjugué de z=a+ibz = a+ib est zˉ=aib\bar{z} = a - ib. Il vérifie z+z=zˉ+zˉ\overline{z + z'} = \bar z + \bar{z'}, zz=zˉzˉ\overline{zz'} = \bar z \, \bar{z'}, et surtout

zzˉ=a2+b2z\bar{z} = a^2 + b^2

qui est un réel positif. C'est ce produit qui permet de diviser : pour rendre un quotient sous forme algébrique, on multiplie haut et bas par le conjugué du dénominateur.

Deux caractérisations à retenir : zz est réel si et seulement si z=zˉz = \bar z ; zz est imaginaire pur si et seulement si z=zˉz = -\bar z.

Plan complexe

À z=a+ibz = a + ib on associe le point M(a;b)M(a;b), son image, et réciproquement zz est l'affixe de MM. Le plan devient ainsi une représentation des complexes, et les opérations y prennent un sens.

z=a2+b2=OMzz=MM\lvert z \rvert = \sqrt{a^2+b^2} = OM \qquad \lvert z' - z \rvert = MM'

Le module est une distance. C'est la traduction qui résout presque tous les exercices de lieux géométriques : zzA=r\lvert z - z_A \rvert = r signifie AM=rAM = r, donc MM décrit le cercle de centre AA et de rayon rr. Et zzA=zzB\lvert z - z_A \rvert = \lvert z - z_B \rvert signifie AM=BMAM = BM, donc la médiatrice de [AB][AB].

Quiz · 1 question

Quel est l'ensemble des points M d'affixe z tels que |z − 2 + i| = 3 ?

  • Le cercle de centre d'affixe 2 − i et de rayon 3signe lu tel quel
  • Le cercle de centre d'affixe −2 + i et de rayon 3signe inversé
  • La médiatrice d'un segmentmédiatrice

Réponse : On réécrit |z − (2 − i)| = 3 : le centre a pour affixe 2 − i. Le piège est le signe — dans |z − z_A|, l'affixe du centre est ce qu'on SOUSTRAIT, donc il faut factoriser le moins avant de lire.

Forme trigonométrique

Pour z0z \neq 0, on peut écrire

z=r(cosθ+isinθ)=reiθz = r\left(\cos\theta + i\sin\theta\right) = re^{i\theta}

r=z>0r = \lvert z \rvert > 0 et θ=arg(z)\theta = \arg(z), défini modulo 2π2\pi. L'argument est une mesure de l'angle entre l'axe des abscisses et OM\overrightarrow{OM}.

Zéro n'a pas d'argument : sa direction n'est pas définie. Écrire arg(0)\arg(0) est une faute.

Le passage d'une forme à l'autre est mécanique. De l'algébrique vers la trigonométrique : on calcule rr, on factorise, et l'on reconnaît le cosinus et le sinus dans ce qui reste. De la trigonométrique vers l'algébrique : on développe.

Pourquoi deux formes ? Parce qu'elles ne servent pas aux mêmes opérations. L'addition est simple en algébrique, illisible en trigonométrique. La multiplication est l'inverse :

reiθ×reiθ=rrei(θ+θ)reiθreiθ=rrei(θθ)r e^{i\theta} \times r' e^{i\theta'} = rr'\,e^{i(\theta+\theta')} \qquad \frac{r e^{i\theta}}{r' e^{i\theta'}} = \frac{r}{r'}\,e^{i(\theta-\theta')}

Les modules se multiplient, les arguments s'ajoutent. Choisir la forme adaptée à l'opération demandée est le premier réflexe du chapitre.

Cette règle a une lecture géométrique décisive : multiplier par reiθre^{i\theta}, c'est effectuer une rotation d'angle θ\theta suivie d'un agrandissement de rapport rr. Toute la leçon suivante en découle.

Quiz · 1 question

Par quoi multiplier un complexe pour faire tourner son image d'un quart de tour direct autour de O ?

  • Par −1demi-tour
  • Par iquart de tour
  • Par 1/2réduction

Réponse : i a pour module 1 et pour argument π/2 : multiplier par i conserve la distance à O et ajoute π/2 à l'argument, c'est exactement la rotation d'un quart de tour. Multiplier par −1, d'argument π, donne le demi-tour.

Moivre et Euler

De la règle du produit découle, par récurrence, la formule de Moivre :

(cosθ+isinθ)n=cos(nθ)+isin(nθ)(reiθ)n=rneinθ\left(\cos\theta + i\sin\theta\right)^n = \cos(n\theta) + i\sin(n\theta) \qquad \left(re^{i\theta}\right)^n = r^n e^{in\theta}

Elle rend triviale une puissance qui demanderait autrement nn développements. Elle sert aussi dans l'autre sens, à linéariser : développer (cosθ+isinθ)3(\cos\theta + i\sin\theta)^3 par le binôme et identifier les parties réelles donne cos3θ\cos 3\theta en fonction de cosθ\cos\theta.

Les formules d'Euler :

cosθ=eiθ+eiθ2sinθ=eiθeiθ2i\cos\theta = \frac{e^{i\theta} + e^{-i\theta}}{2} \qquad \sin\theta = \frac{e^{i\theta} - e^{-i\theta}}{2i}

Elles transforment un produit de fonctions trigonométriques en somme d'exponentielles, donc un calcul difficile en calcul d'exposants.

Racines nn-ièmes de l'unité

Les solutions de zn=1z^n = 1 sont les nn complexes

zk=e2ikπ/n,k{0,1,,n1}z_k = e^{2ik\pi/n}, \qquad k \in \{0, 1, \dots, n-1\}

Leurs images forment un polygone régulier à nn côtés inscrit dans le cercle unité, l'un des sommets étant 1. Leur somme est nulle dès que n2n \geqslant 2 — le centre de gravité d'un polygone régulier est son centre.

Équations du second degré

Pour az2+bz+c=0az^2+bz+c=0 à coefficients réels et Δ<0\Delta < 0, les solutions sont les deux complexes conjugués

z=b±iΔ2az = \frac{-b \pm i\sqrt{-\Delta}}{2a}

Le Δ-\Delta sous la racine est positif, donc la racine existe. C'est l'aboutissement algébrique du chapitre : tout trinôme admet des racines, et si les coefficients sont réels, elles sont conjuguées l'une de l'autre.

Interprétations à connaître

Écriture complexeLecture géométrique
zzA\lvert z - z_A \rvertdistance AMAM
zzA=zzB\lvert z - z_A \rvert = \lvert z - z_B \rvertmédiatrice de [AB][AB]
arg(zzA)\arg(z - z_A)angle de AM\overrightarrow{AM} avec l'axe des abscisses
zCzAzBzA\dfrac{z_C - z_A}{z_B - z_A} réelAA, BB, CC alignés
zCzAzBzA\dfrac{z_C - z_A}{z_B - z_A} imaginaire pur(AB)(AB) et (AC)(AC) perpendiculaires

Les deux dernières lignes portent la plupart des questions de configuration : on traduit une propriété géométrique en une condition sur un quotient, puis on calcule.

À vous

Exercice de code

Vérifiez que le produit multiplie les modules et additionne les arguments, puis appliquez la formule de Moivre.

Point de départ

// Multiplier deux complexes : les modules se multiplient, les arguments
// s'ajoutent. On le vérifie sur les deux écritures.

const mul = (a, b) => ({ re: 0, im: 0 }); // à corriger : (a+ib)(c+id)

const module = (z) => Math.hypot(z.re, z.im);
const argument = (z) => Math.atan2(z.im, z.re);
const deg = (r) => ((r * 180) / Math.PI).toFixed(2);

const z1 = { re: 1, im: 1 };          // module √2, argument 45°
const z2 = { re: 0, im: 2 };          // module 2,  argument 90°
const p = mul(z1, z2);

console.log("produit :", p);
console.log("|z1|·|z2| =", (module(z1) * module(z2)).toFixed(6), " |produit| =", module(p).toFixed(6));
console.log("arg z1 + arg z2 =", deg(argument(z1) + argument(z2)), "°  arg produit =", deg(argument(p)), "°");

// Élever au cube par la formule de Moivre plutôt que par trois produits.
const moivre = (z, n) => ({ re: 0, im: 0 }); // à corriger
console.log("z1³ par Moivre :", moivre(z1, 3));

Solution

// (a+ib)(c+id) = (ac − bd) + i(ad + bc)
const mul = (a, b) => ({ re: a.re * b.re - a.im * b.im, im: a.re * b.im + a.im * b.re });

const module = (z) => Math.hypot(z.re, z.im);
const argument = (z) => Math.atan2(z.im, z.re);
const deg = (r) => ((r * 180) / Math.PI).toFixed(2);

const z1 = { re: 1, im: 1 };
const z2 = { re: 0, im: 2 };
const p = mul(z1, z2);

console.log("produit :", p); // { re: -2, im: 2 }
console.log("|z1|·|z2| =", (module(z1) * module(z2)).toFixed(6), " |produit| =", module(p).toFixed(6));
console.log("arg z1 + arg z2 =", deg(argument(z1) + argument(z2)), "°  arg produit =", deg(argument(p)), "°");

// Moivre : (r·e^(iθ))^n = r^n · e^(inθ). Le calcul devient trivial en
// trigonométrique, là qu'il demandait deux produits en algébrique.
const moivre = (z, n) => {
  const r = module(z) ** n;
  const t = argument(z) * n;
  return { re: r * Math.cos(t), im: r * Math.sin(t) };
};
console.log("z1³ par Moivre :", moivre(z1, 3)); // ≈ { re: -2, im: 2 }

À retenir

Flashcards · 5 cartes

Quelle forme choisir pour additionner, laquelle pour multiplier ?
Algébrique pour additionner, trigonométrique pour multiplier ou élever à une puissance : les modules se multiplient et les arguments s'ajoutent.
Que signifie géométriquement multiplier par r·e^(iθ) ?
Une rotation d'angle θ autour de O, suivie d'un agrandissement de rapport r. Toute la géométrie des transformations en découle.
Comment traduire |z − z_A| = |z − z_B| ?
AM = BM, donc M appartient à la médiatrice de [AB]. Le module est une distance, c'est la clé des lieux géométriques.
Comment reconnaître trois points alignés avec des affixes ?
Le quotient (z_C − z_A)/(z_B − z_A) est réel. S'il est imaginaire pur, les droites (AB) et (AC) sont perpendiculaires.
Que sont les racines n-ièmes de l'unité ?
Les n complexes e^(2ikπ/n), images des sommets d'un polygone régulier inscrit dans le cercle unité. Leur somme est nulle pour n ≥ 2.

Chapitre 2 · 8 h

Complexes et transformations du plan

Traduire une configuration géométrique en écriture complexe : translation, rotation, homothétie, similitudes.

La leçon précédente s'est achevée sur une remarque : multiplier par reiθre^{i\theta} fait tourner et agrandit. Ce chapitre en tire toutes les conséquences. Une transformation du plan devient une formule, et chercher son centre revient à résoudre une équation du premier degré — là où la géométrie classique demandait une construction.

Les transformations élémentaires

Chacune s'écrit z=az+bz' = az + b pour un choix particulier de aa.

ÉcritureTransformationÉléments
z=z+bz' = z + btranslationvecteur d'affixe bb
z=kzz' = kz, kk réel non nulhomothétie de centre OOrapport kk
z=eiθzz' = e^{i\theta}zrotation de centre OOangle θ\theta
z=azz' = az, a=reiθa = re^{i\theta}similitude de centre OOrapport rr, angle θ\theta

La quatrième ligne contient les trois précédentes : aa réel positif donne l'homothétie, a=1\lvert a \rvert = 1 donne la rotation. Il n'y a donc qu'une famille à connaître.

Similitude directe

Toute application zaz+bz \mapsto az + b avec a0a \neq 0 est une similitude directe. Deux cas, et la distinction est la première chose à faire.

Si a=1a = 1, la transformation est la translation de vecteur d'affixe bb. Elle n'a pas de point fixe (sauf si b=0b = 0, auquel cas c'est l'identité).

Si a1a \neq 1, elle admet un unique point fixe ω\omega, appelé centre, obtenu en résolvant ω=aω+b\omega = a\omega + b :

ω=b1a\omega = \frac{b}{1-a}

et la transformation est la similitude directe de centre Ω\Omega, de rapport r=ar = \lvert a \rvert et d'angle θ=arg(a)\theta = \arg(a).

L'écriture réduite en découle et éclaire tout :

zω=a(zω)z' - \omega = a\,(z - \omega)

Elle se lit : on se place au centre, on tourne de θ\theta, on agrandit de rr. C'est la forme sous laquelle une similitude devient géométriquement lisible, et l'énoncé la demande souvent explicitement.

Quiz · 1 question

La transformation z' = z + 3 − 2i admet-elle un centre ?

  • Oui, le point d'affixe 3 − 2il'affixe de b
  • Non : a = 1, c'est une translation, sans point fixea = 1
  • Oui, l'origineorigine

Réponse : ω = b/(1 − a) exige a ≠ 1. Ici a = 1 : la formule est inapplicable, et géométriquement une translation de vecteur non nul ne laisse aucun point en place. Vérifier la valeur de a est le premier geste, avant toute formule.

Propriétés

Une similitude directe de rapport rr :

  • multiplie toutes les distances par rr ;
  • conserve les angles orientés — d'où le mot « directe » ;
  • transforme une droite en droite, un cercle en cercle de rayon multiplié par rr ;
  • multiplie les aires par r2r^2.

La conservation des angles est ce qui distingue les similitudes des transformations quelconques : une figure est transformée en une figure semblable, de même forme, à l'échelle près et tournée.

Composition. Composer deux similitudes directes donne une similitude directe : les rapports se multiplient, les angles s'ajoutent — puisque la composée de zaz+bz \mapsto az+b et zaz+bz \mapsto a'z+b' est zaaz+(ab+b)z \mapsto a'az + (a'b+b'), dont le coefficient est aaa'a.

Quiz · 1 question

Une similitude de rapport 3 transforme un triangle d'aire 5. Quelle est l'aire de l'image ?

  • 15×3
  • 45×3²
  • 5, les aires sont conservéesinvariante

Réponse : Les longueurs sont multipliées par 3, donc les aires par 3² = 9 : l'aire vaut 45. Multiplier l'aire par le rapport au lieu de son carré est l'erreur d'homogénéité classique — elle se détecte en pensant aux dimensions.

Reconnaître une transformation

Un énoncé donne l'écriture complexe et demande la nature. La démarche est fixe.

  1. Identifier aa et bb dans z=az+bz' = az + b.
  2. Si a=1a = 1 : translation de vecteur d'affixe bb. Terminé.
  3. Sinon, calculer a\lvert a \rvert et arg(a)\arg(a) : ce sont le rapport et l'angle.
  4. Calculer ω=b/(1a)\omega = b/(1-a) : c'est le centre.
  5. Nommer : rotation si a=1\lvert a \rvert = 1, homothétie si aa est réel, similitude directe sinon.

L'étape 5 n'est pas une coquetterie de vocabulaire. Une rotation et une homothétie sont des similitudes, mais l'énoncé attend le nom le plus précis.

Le mouvement inverse

L'exercice complémentaire est aussi fréquent : on donne le centre, le rapport et l'angle, et l'on demande l'écriture complexe. On part de la forme réduite

zω=reiθ(zω)z' - \omega = re^{i\theta}(z - \omega)

et l'on développe. Il n'y a rien à retenir de plus : les deux sens du chapitre reposent sur la même égalité.

À vous

Exercice de code

Déterminez rapport, angle et centre de la similitude z' = 2i·z + 3 − i, puis vérifiez l'invariance du centre.

Point de départ

// Une similitude directe s'écrit z' = a·z + b.
// Ses éléments caractéristiques se lisent sur a et b, sans figure.

const mul = (u, v) => ({ re: u.re * v.re - u.im * v.im, im: u.re * v.im + u.im * v.re });
const sub = (u, v) => ({ re: u.re - v.re, im: u.im - v.im });
const div = (u, v) => {
  const d = v.re * v.re + v.im * v.im;
  return { re: (u.re * v.re + u.im * v.im) / d, im: (u.im * v.re - u.re * v.im) / d };
};

const a = { re: 0, im: 2 };   // a = 2i
const b = { re: 3, im: -1 };

// 1. Rapport et angle : module et argument de a.
const rapport = 0;   // à corriger
const angleDeg = 0;  // à corriger

// 2. Centre : le point fixe, solution de ω = a·ω + b.
const centre = { re: 0, im: 0 }; // à corriger

console.log("rapport :", rapport, " angle :", angleDeg, "°");
console.log("centre :", centre);

// 3. Vérification : le centre doit être invariant.
const image = (z) => ({ re: mul(a, z).re + b.re, im: mul(a, z).im + b.im });
console.log("image du centre :", image(centre));

Solution

const mul = (u, v) => ({ re: u.re * v.re - u.im * v.im, im: u.re * v.im + u.im * v.re });
const sub = (u, v) => ({ re: u.re - v.re, im: u.im - v.im });
const div = (u, v) => {
  const d = v.re * v.re + v.im * v.im;
  return { re: (u.re * v.re + u.im * v.im) / d, im: (u.im * v.re - u.re * v.im) / d };
};

const a = { re: 0, im: 2 };
const b = { re: 3, im: -1 };

// |a| = 2 : agrandissement de rapport 2. arg(a) = π/2 : quart de tour direct.
const rapport = Math.hypot(a.re, a.im);
const angleDeg = (Math.atan2(a.im, a.re) * 180) / Math.PI;

// ω = aω + b  ⇔  ω(1 − a) = b  ⇔  ω = b / (1 − a).
const centre = div(b, sub({ re: 1, im: 0 }, a));

console.log("rapport :", rapport, " angle :", angleDeg, "°"); // 2 et 90°
console.log("centre :", centre); // { re: 1, im: 1 }

const image = (z) => ({ re: mul(a, z).re + b.re, im: mul(a, z).im + b.im });
console.log("image du centre :", image(centre)); // le centre lui-même

À retenir

Flashcards · 4 cartes

Comment trouve-t-on le centre d'une similitude z' = az + b ?
En cherchant le point fixe : ω = b/(1 − a). La formule exige a ≠ 1 ; si a = 1, c'est une translation, sans centre.
Que lisent le module et l'argument de a ?
|a| est le rapport de la similitude, arg(a) son angle. Rotation si |a| = 1, homothétie si a est réel.
Quelle est l'écriture réduite d'une similitude ?
z' − ω = a(z − ω) : on se place au centre, on tourne, on agrandit. C'est la forme géométriquement lisible.
Par quoi une similitude de rapport r multiplie-t-elle les aires ?
Par r², pas par r. Les longueurs sont multipliées par r, et une aire est un produit de deux longueurs.

Chapitre 3 · 12 h

Géométrie de l'espace

Produit scalaire et vectoriel, équations de droites, plans et sphères, distances, angles, intersections.

Passer du plan à l'espace ajoute une coordonnée et retire une évidence : deux droites qui ne se coupent pas ne sont plus forcément parallèles. Le chapitre consiste à remplacer l'intuition visuelle, qui devient trompeuse, par un calcul vectoriel qui ne l'est pas.

Vecteurs, colinéarité, coplanarité

Les règles de calcul vectoriel sont celles du plan — Chasles, combinaisons linéaires — et s'écrivent en coordonnées dans un repère de l'espace.

u\vec{u} et v\vec{v} sont colinéaires s'il existe kk tel que v=ku\vec{v} = k\vec{u}. En coordonnées, les composantes sont proportionnelles.

Trois vecteurs sont coplanaires si l'un est combinaison linéaire des deux autres : w=au+bv\vec{w} = a\vec{u} + b\vec{v}. C'est la notion vraiment nouvelle du chapitre : dans le plan, trois vecteurs le sont toujours ; dans l'espace, cela devient une condition.

Quatre points AA, BB, CC, DD sont coplanaires si AB\overrightarrow{AB}, AC\overrightarrow{AC} et AD\overrightarrow{AD} le sont. C'est la question posée avant toute étude de configuration.

Produit scalaire

Il s'écrit dans l'espace comme dans le plan :

uv=xx+yy+zz=u×v×cosθ\vec{u}\cdot\vec{v} = xx' + yy' + zz' = \lVert \vec{u}\rVert \times \lVert\vec{v}\rVert \times \cos\theta

et l'équivalence qui porte tout le chapitre :

uv=0    uv\vec{u}\cdot\vec{v} = 0 \iff \vec{u} \perp \vec{v}

L'orthogonalité devient un calcul, pas une observation. C'est le seul outil disponible pour démontrer une perpendicularité dans l'espace, où le dessin ne prouve rien.

Plans

Un plan est déterminé par un point AA et un vecteur normal n(a;b;c)\vec{n}(a;b;c) — un vecteur orthogonal à toutes les directions du plan. Un point M(x;y;z)M(x;y;z) appartient au plan si et seulement si AMn=0\overrightarrow{AM}\cdot\vec{n} = 0, ce qui donne l'équation cartésienne :

ax+by+cz+d=0ax + by + cz + d = 0

Lire cette équation, c'est lire le vecteur normal : les coefficients de xx, yy, zz sont ses coordonnées. C'est l'information la plus utile du chapitre, et elle est gratuite.

Deux plans sont parallèles si leurs vecteurs normaux sont colinéaires, perpendiculaires si leurs normaux sont orthogonaux.

Distance d'un point à un plan :

d(M,P)=axM+byM+czM+da2+b2+c2d(M, \mathcal{P}) = \frac{\lvert a x_M + b y_M + c z_M + d\rvert}{\sqrt{a^2+b^2+c^2}}

La valeur absolue n'est pas décorative : sans elle on obtient une quantité signée, qui indique de quel côté du plan se trouve MM — utile parfois, mais ce n'est pas une distance.

Quiz · 1 question

Quel est un vecteur normal au plan d'équation 2x − y + 3z − 7 = 0 ?

  • Le vecteur (2 ; −1 ; 3)les coefficients
  • Le vecteur (2 ; −1 ; 3 ; −7)avec la constante
  • Le vecteur (7 ; 7 ; 7)le terme constant

Réponse : Les coefficients de x, y et z sont les coordonnées du vecteur normal. Le terme constant, lui, positionne le plan sans changer sa direction : le faire entrer dans le vecteur n'a aucun sens — un vecteur de l'espace a trois coordonnées.

Droites

Une droite se décrit par un point AA et un vecteur directeur u(α;β;γ)\vec{u}(\alpha;\beta;\gamma), sous forme de représentation paramétrique :

{x=xA+αty=yA+βtz=zA+γttR\begin{cases} x = x_A + \alpha t \\ y = y_A + \beta t \\ z = z_A + \gamma t \end{cases} \qquad t \in \mathbb{R}

Dans l'espace, une droite n'a pas d'équation cartésienne unique : il en faut deux, la droite étant l'intersection de deux plans. C'est pourquoi la forme paramétrique est la représentation naturelle, et celle qu'on emploie.

Le paramètre tt n'a aucune signification géométrique intrinsèque. Deux représentations paramétriques différentes peuvent décrire la même droite, et le vérifier demande de comparer un point et une direction — jamais les paramètres.

Positions relatives

Droite et plan. On reporte la représentation paramétrique dans l'équation du plan, ce qui donne une équation en tt. Trois issues, et elles sont exhaustives :

Équation en ttPosition
une solution uniquedroite sécante au plan, en un point
aucune solutiondroite strictement parallèle au plan
une infinité de solutionsdroite contenue dans le plan

Deux plans. Normaux colinéaires : plans parallèles, confondus ou strictement. Normaux non colinéaires : les plans se coupent selon une droite.

Deux droites. C'est ici que l'espace se distingue du plan. Quatre positions : confondues, strictement parallèles, sécantes, ou non coplanaires. Ce dernier cas — deux droites qui ne se coupent pas et ne sont pas parallèles — n'existe pas dans le plan, et c'est celui qu'on oublie.

Quiz · 1 question

Deux droites de l'espace ne se coupent pas. Sont-elles parallèles ?

  • Oui, comme dans le plancomme dans le plan
  • Pas nécessairement : elles peuvent être non coplanairesquatre cas
  • Non, jamaisimpossible

Réponse : Deux droites non coplanaires ne se rencontrent pas et ne sont pas parallèles — leurs vecteurs directeurs ne sont pas colinéaires. C'est le cas propre à l'espace, et l'intuition planaire le fait systématiquement oublier.

Sphères

La sphère de centre Ω(a;b;c)\Omega(a;b;c) et de rayon RR a pour équation

(xa)2+(yb)2+(zc)2=R2(x-a)^2 + (y-b)^2 + (z-c)^2 = R^2

Développée, elle se présente sous une forme où le centre et le rayon ne se lisent plus : on les retrouve en regroupant les carrés, exactement comme pour un cercle dans le plan. Si la constante obtenue est négative, l'ensemble est vide — un cas d'énoncé, pas une erreur de calcul.

L'intersection d'une sphère et d'un plan est un cercle, un point, ou l'ensemble vide, selon que la distance du centre au plan est inférieure, égale ou supérieure à RR. On compare donc une distance à un rayon, sans jamais dessiner.

À vous

Exercice de code

Déterminez une équation du plan (ABC), puis la distance du point M à ce plan.

Point de départ

// Un plan par trois points, puis la distance d'un point à ce plan.

const A = [1, 0, 2], B = [3, 1, 0], C = [0, 2, 1], M = [4, 4, 4];

const sub = (u, v) => u.map((x, i) => x - v[i]);
const dot = (u, v) => u.reduce((s, x, i) => s + x * v[i], 0);

// 1. Un vecteur normal : le produit vectoriel de AB et AC.
function produitVectoriel(u, v) {
  return [0, 0, 0]; // à corriger
}

const n = produitVectoriel(sub(B, A), sub(C, A));
console.log("vecteur normal :", n);

// 2. Équation ax + by + cz + d = 0 : (a,b,c) = n, et d se trouve avec A.
const d = 0; // à corriger
console.log("équation :", n[0], "x +", n[1], "y +", n[2], "z +", d, "= 0");

// 3. Distance de M au plan : |a·xM + b·yM + c·zM + d| / ||n||.
const distance = 0; // à corriger
console.log("distance :", distance.toFixed(6));

Solution

const A = [1, 0, 2], B = [3, 1, 0], C = [0, 2, 1], M = [4, 4, 4];

const sub = (u, v) => u.map((x, i) => x - v[i]);
const dot = (u, v) => u.reduce((s, x, i) => s + x * v[i], 0);

// Le produit vectoriel donne un vecteur orthogonal aux deux : c'est
// exactement la définition d'un vecteur normal au plan (ABC).
function produitVectoriel(u, v) {
  return [
    u[1] * v[2] - u[2] * v[1],
    u[2] * v[0] - u[0] * v[2],
    u[0] * v[1] - u[1] * v[0],
  ];
}

const n = produitVectoriel(sub(B, A), sub(C, A));
console.log("vecteur normal :", n); // [3, 4, 5]

// A appartient au plan : a·xA + b·yA + c·zA + d = 0, donc d = −n·A.
const d = -dot(n, A);
console.log("équation :", n[0], "x +", n[1], "y +", n[2], "z +", d, "= 0");

// La valeur absolue au numérateur : une distance est positive, et le signe
// de a·x + b·y + c·z + d indique seulement de quel côté du plan on est.
const distance = Math.abs(dot(n, M) + d) / Math.hypot(...n);
console.log("distance :", distance.toFixed(6));

À retenir

Flashcards · 5 cartes

Que lisent directement les coefficients d'une équation ax + by + cz + d = 0 ?
Les coordonnées d'un vecteur normal au plan. Le terme d positionne le plan sans changer sa direction.
Comment démontrer une orthogonalité dans l'espace ?
Par un produit scalaire nul. C'est le seul outil : dans l'espace, un dessin ne prouve rien.
Combien de positions relatives pour deux droites de l'espace ?
Quatre : confondues, strictement parallèles, sécantes, ou NON COPLANAIRES — ce dernier cas n'existe pas dans le plan.
Comment étudier la position d'une droite et d'un plan ?
En reportant la représentation paramétrique dans l'équation : une solution (sécante), aucune (parallèle), une infinité (incluse).
Pourquoi une valeur absolue dans la distance point-plan ?
Parce qu'une distance est positive. Sans elle, le signe indiquerait seulement de quel côté du plan se trouve le point.

Chapitre 4 · 8 h

Coniques

Définition par foyer et directrice, équations réduites et éléments caractéristiques des trois coniques.

Ellipse, parabole, hyperbole portent des noms différents et paraissent sans rapport. Elles sont pourtant une seule et même construction, à un paramètre près. Ce paramètre s'appelle l'excentricité, et tout le chapitre consiste à voir comment il fait passer d'une courbe à l'autre.

La définition qui les unifie

Soit FF un point — le foyer —, D\mathcal{D} une droite ne passant pas par FF — la directrice — et e>0e > 0 un réel. L'ensemble des points MM tels que

MFd(M,D)=e\frac{MF}{d(M,\mathcal{D})} = e

est une conique de foyer FF, de directrice D\mathcal{D} et d'excentricité ee.

Un seul rapport, trois courbes :

ExcentricitéConique
0<e<10 < e < 1ellipse
e=1e = 1parabole
e>1e > 1hyperbole

La parabole est le cas d'équilibre exact : le point est à égale distance du foyer et de la directrice. En dessous, il est plus près du foyer et la courbe se referme ; au-dessus, elle s'ouvre en deux branches.

Ellipse

Équation réduite, dans un repère où les axes de symétrie sont les axes de coordonnées :

x2a2+y2b2=1,a>b>0\frac{x^2}{a^2} + \frac{y^2}{b^2} = 1, \qquad a > b > 0

Les grandeurs caractéristiques se déduisent de aa et bb :

c2=a2b2e=ca<1c^2 = a^2 - b^2 \qquad e = \frac{c}{a} < 1

Les foyers sont F(c;0)F(c;0) et F(c;0)F'(-c;0), les sommets (±a;0)(\pm a; 0) et (0;±b)(0;\pm b). Le segment de longueur 2a2a est le grand axe, celui de longueur 2b2b le petit.

Définition bifocale. L'ellipse est aussi l'ensemble des points tels que

MF+MF=2aMF + MF' = 2a

C'est la construction du jardinier : une ficelle de longueur 2a2a tendue entre deux piquets. Cette caractérisation est souvent la plus rapide en exercice, car elle ne fait intervenir aucune directrice.

Quand b=ab = a, on a c=0c = 0, donc e=0e = 0 : les deux foyers se confondent et l'ellipse devient un cercle. Le cercle n'est pas une conique à part, c'est le cas limite.

Quiz · 1 question

Dans l'équation x²/25 + y²/9 = 1, où sont les foyers ?

  • Sur l'axe des ordonnées, car 9 est le plus petit dénominateurpetit axe
  • Sur l'axe des abscisses, en (±4 ; 0)grand axe
  • En (±5 ; 0), aux sommetssommets

Réponse : a² est le plus GRAND dénominateur, ici 25, donc a = 5 et le grand axe est horizontal : les foyers sont sur cet axe. c² = 25 − 9 = 16 donne c = 4. Les confondre avec les sommets (±5;0) est l'erreur fréquente — les foyers sont toujours à l'intérieur.

Hyperbole

x2a2y2b2=1\frac{x^2}{a^2} - \frac{y^2}{b^2} = 1

Le signe moins est ce qui la distingue de l'ellipse, et il suffit à la reconnaître.

c2=a2+b2e=ca>1c^2 = a^2 + b^2 \qquad e = \frac{c}{a} > 1

Noter la différence de signe avec l'ellipse : ici on ajoute. Les foyers sont donc plus loin que les sommets (±a;0)(\pm a; 0), ce qui traduit l'ouverture de la courbe.

L'hyperbole possède deux asymptotes d'équations

y=baxety=baxy = \frac{b}{a}x \qquad \text{et} \qquad y = -\frac{b}{a}x

qu'on obtient en remplaçant le 1 du second membre par 0 : l'équation se factorise alors en produit de deux équations de droites. C'est le moyen le plus rapide de les retrouver sans rien mémoriser.

Définition bifocale : MFMF=2a\lvert MF - MF' \rvert = 2a. Une différence, là où l'ellipse avait une somme — les deux courbes sont bien les deux faces d'une même construction.

Parabole

y2=2pxy^2 = 2px

Un seul foyer F(p/2;0)F(p/2 \,;\, 0), une directrice d'équation x=p/2x = -p/2, et le sommet à l'origine. Il n'y a pas de second foyer : la parabole est la conique du cas limite, celle où le second foyer est parti à l'infini.

Le paramètre pp mesure l'ouverture : plus il est grand, plus la courbe s'évase.

Quiz · 1 question

Une conique a pour excentricité e = 1. De quoi s'agit-il ?

  • D'un cerclee = 0
  • D'une parabolee = 1
  • D'une hyperbole équilatèree = √2

Réponse : e = 1 signifie MF = d(M, D) : le point est exactement à égale distance du foyer et de la directrice, c'est la parabole. Le cercle correspond à e = 0, l'hyperbole à e > 1.

Reconnaître une conique

Devant une équation du second degré en xx et yy, la démarche est fixe.

  1. Regrouper les carrés en complétant chaque trinôme, pour faire disparaître les termes du premier degré. On obtient une équation centrée en un point Ω\Omega.
  2. Ramener au second membre 1, en divisant.
  3. Lire les signes : deux plus donnent une ellipse (ou un cercle si les dénominateurs sont égaux), un plus et un moins une hyperbole. Un seul carré donne une parabole.
  4. Extraire aa, bb, puis cc, puis ee et les foyers.

L'étape 1 est celle qui prend du temps et où se perdent les points ; les trois autres se déroulent mécaniquement une fois la forme réduite obtenue.

Certaines équations ne donnent aucune courbe : x2/4+y2/9=1x^2/4 + y^2/9 = -1 n'a aucune solution, une somme de carrés ne pouvant être négative. Le constater est la réponse.

À vous

Exercice de code

Classez chaque conique et calculez son excentricité. Observez ce que vaut e pour un cercle.

Point de départ

// Une conique en équation réduite se classe sur ses deux coefficients.
//   x²/A + y²/B = 1  avec A, B > 0  → ellipse
//   x²/A − y²/B = 1                 → hyperbole
//   y² = 2px                        → parabole

// On donne A et B (négatif = signe moins devant le terme).
const CAS = [
  { nom: "16x²/16 + 9y²/9", A: 16, B: 9 },
  { nom: "x²/25 − y²/4", A: 25, B: -4 },
  { nom: "x²/9 + y²/9", A: 9, B: 9 },
  { nom: "x²/4 + y²/16", A: 4, B: 16 },
];

function classer(A, B) {
  // à compléter : renvoyer "cercle", "ellipse" ou "hyperbole"
  return "?";
}

// Excentricité : e = c/a avec c² = a² − b² (ellipse) ou c² = a² + b² (hyperbole).
function excentricite(A, B) {
  return 0; // à corriger
}

for (const { nom, A, B } of CAS) {
  console.log(nom, "→", classer(A, B), " e =", excentricite(A, B).toFixed(4));
}

Solution

const CAS = [
  { nom: "16x²/16 + 9y²/9", A: 16, B: 9 },
  { nom: "x²/25 − y²/4", A: 25, B: -4 },
  { nom: "x²/9 + y²/9", A: 9, B: 9 },
  { nom: "x²/4 + y²/16", A: 4, B: 16 },
];

function classer(A, B) {
  if (B < 0) return "hyperbole";
  return A === B ? "cercle" : "ellipse";
}

function excentricite(A, B) {
  if (B < 0) {
    // Hyperbole : c² = a² + b², et e > 1 toujours.
    const a2 = A, b2 = -B;
    return Math.sqrt(a2 + b2) / Math.sqrt(a2);
  }
  // Ellipse : a² est le PLUS GRAND des deux, c² = a² − b², et e < 1.
  const a2 = Math.max(A, B), b2 = Math.min(A, B);
  return Math.sqrt(a2 - b2) / Math.sqrt(a2);
}

for (const { nom, A, B } of CAS) {
  console.log(nom, "→", classer(A, B), " e =", excentricite(A, B).toFixed(4));
}

// Le cercle sort avec e = 0 : c'est l'ellipse dont les deux foyers sont
// confondus. Et l'hyperbole donne toujours e > 1. L'excentricité classe la
// conique à elle seule.

À retenir

Flashcards · 5 cartes

Qu'est-ce que l'excentricité, et que classe-t-elle ?
Le rapport MF / d(M, directrice). e < 1 : ellipse ; e = 1 : parabole ; e > 1 : hyperbole. Le cercle est le cas e = 0.
Quelle relation lie a, b et c pour une ellipse ? Pour une hyperbole ?
Ellipse : c² = a² − b². Hyperbole : c² = a² + b². Le signe change, et c'est la seule chose à ne pas confondre.
Comment retrouver les asymptotes d'une hyperbole ?
En remplaçant le 1 du second membre par 0 : l'équation se factorise en deux équations de droites, y = ±(b/a)x.
Dans x²/a² + y²/b² = 1, comment savoir où sont les foyers ?
Sur l'axe du PLUS GRAND dénominateur, qui est a². Les foyers sont toujours à l'intérieur, plus près du centre que les sommets.
Quelles sont les définitions bifocales ?
Ellipse : MF + MF' = 2a, une somme. Hyperbole : |MF − MF'| = 2a, une différence. La parabole n'en a pas, elle n'a qu'un foyer.

Chapitre 5 · 5 h

Sujets types — Complexes et géométrie

Exercices de bac : lieux géométriques, similitudes, géométrie analytique de l'espace.

Le bloc de géométrie a une particularité : chaque question peut se traiter de plusieurs façons — par les complexes, par les vecteurs, par la trigonométrie. Le sujet ne dit jamais laquelle choisir, et c'est ce choix qui décide de la longueur de la copie.

La règle qui guide : on calcule avec l'outil dans lequel l'énoncé est écrit. Un énoncé en affixes se traite en complexes ; un énoncé en coordonnées de l'espace, en produit scalaire.

Sujet 1 — Configuration du plan complexe

Le plan est rapporté à un repère orthonormé direct. On donne AA, BB, CC d'affixes respectives a=1+ia = 1 + i, b=4+2ib = 4 + 2i, c=2+4ic = 2 + 4i.

  1. Calculer caba\dfrac{c-a}{b-a}.
  2. En déduire la nature du triangle ABCABC.

Question 1. ca=1+3ic - a = 1 + 3i et ba=3+ib - a = 3 + i. On multiplie par le conjugué du dénominateur :

1+3i3+i=(1+3i)(3i)(3+i)(3i)=3i+9i3i29+1=6+8i10=3+4i5\frac{1+3i}{3+i} = \frac{(1+3i)(3-i)}{(3+i)(3-i)} = \frac{3 - i + 9i - 3i^2}{9+1} = \frac{6 + 8i}{10} = \frac{3+4i}{5}

Question 2. Le quotient a pour module 3+4i/5=5/5=1\lvert 3+4i \rvert / 5 = 5/5 = 1. Or

caba=ACAB\left\lvert \frac{c-a}{b-a} \right\rvert = \frac{AC}{AB}

donc AC=ABAC = AB : le triangle est isocèle en AA.

Le quotient n'étant ni réel ni imaginaire pur, les points ne sont ni alignés ni le triangle rectangle en AA. La réponse complète est donc « isocèle non rectangle en AA ».

Ce sujet illustre la méthode générale : un seul quotient d'affixes contient à la fois une information de longueur — son module — et une information d'angle — son argument. On le calcule une fois, on le lit deux fois.

Quiz · 1 question

Le quotient (c − a)/(b − a) est un imaginaire pur non nul. Que peut-on dire du triangle ABC ?

  • Il est isocèle en Amodule 1
  • Il est rectangle en Aargument ±π/2
  • Les points sont alignésargument 0

Réponse : L'argument du quotient est l'angle entre les vecteurs AB et AC. Un imaginaire pur a pour argument ±π/2 : l'angle en A est droit. Un quotient RÉEL signifierait un angle nul ou plat, donc l'alignement.

Sujet 2 — Une similitude

Soit ss l'application qui à tout point MM d'affixe zz associe MM' d'affixe z=(1+i)z+22iz' = (1+i)z + 2 - 2i.

  1. Déterminer la nature et les éléments caractéristiques de ss.
  2. Déterminer l'image du cercle de centre OO et de rayon 1.

Question 1. On a a=1+ia = 1+i et b=22ib = 2-2i. Comme a1a \neq 1, il y a un centre :

ω=b1a=22i1(1+i)=22ii=(22i)iii=2i+21=2+2i\omega = \frac{b}{1-a} = \frac{2-2i}{1-(1+i)} = \frac{2-2i}{-i} = \frac{(2-2i)\cdot i}{-i \cdot i} = \frac{2i+2}{1} = 2 + 2i

Le rapport est 1+i=2\lvert 1+i \rvert = \sqrt{2} et l'angle arg(1+i)=π/4\arg(1+i) = \pi/4.

ss est donc la similitude directe de centre Ω(2+2i)\Omega(2+2i), de rapport 2\sqrt{2} et d'angle π/4\pi/4.

Question 2. Une similitude de rapport rr transforme un cercle en cercle de rayon multiplié par rr, centré sur l'image du centre. L'image de OO est s(0)=22is(0) = 2 - 2i. L'image du cercle est donc le cercle de centre d'affixe 22i2-2i et de rayon 2\sqrt{2}.

Aucun calcul point par point n'est nécessaire : les propriétés de conservation font tout le travail. C'est précisément à cela qu'elles servent.

Sujet 3 — Droite et plan de l'espace

Dans un repère orthonormé, on donne le plan P:2xy+z3=0\mathcal{P}: 2x - y + z - 3 = 0 et la droite D\mathcal{D} passant par A(1;0;1)A(1;0;1) de vecteur directeur u(1;2;0)\vec{u}(1;2;0).

  1. Étudier la position relative de D\mathcal{D} et P\mathcal{P}.
  2. Calculer la distance de AA à P\mathcal{P}.

Question 1. Représentation paramétrique de D\mathcal{D} : x=1+tx = 1+t, y=2ty = 2t, z=1z = 1. On reporte dans l'équation du plan :

2(1+t)2t+13=2+2t2t+13=02(1+t) - 2t + 1 - 3 = 2 + 2t - 2t + 1 - 3 = 0

Les termes en tt se compensent et la constante s'annule : l'équation est vérifiée pour tout tt, donc la droite est contenue dans le plan.

Un raccourci existe et vaut d'être vu : un=22+0=0\vec{u}\cdot\vec{n} = 2 - 2 + 0 = 0, donc la droite est parallèle au plan. Reste à savoir si elle y est incluse, ce qu'un seul point tranche — AA vérifie l'équation, donc elle l'est. Deux lignes au lieu d'un système.

Question 2. Puisque AA appartient au plan, la distance est nulle. La question n'était pas un piège gratuit : elle vérifie qu'on a bien compris la conclusion précédente, et une réponse numérique non nulle signalerait une contradiction avec la question 1.

Quiz · 1 question

Le produit scalaire du vecteur directeur d'une droite et du vecteur normal d'un plan est nul. Que conclure ?

  • La droite est perpendiculaire au planperpendiculaire
  • La droite est parallèle au plan, incluse ou nonparallèle
  • La droite coupe le plan en un pointsécante

Réponse : Le vecteur directeur est orthogonal à la normale, donc parallèle au plan. Reste à distinguer « incluse » de « strictement parallèle », ce qu'un seul point tranche. La perpendicularité correspondrait au cas où u et n sont COLINÉAIRES.

Sujet 4 — Reconnaître une conique

Étudier la nature de la courbe d'équation 9x2+4y236x+8y+4=09x^2 + 4y^2 - 36x + 8y + 4 = 0.

On regroupe les carrés, variable par variable :

9(x24x)+4(y2+2y)+4=09(x^2 - 4x) + 4(y^2 + 2y) + 4 = 0 9[(x2)24]+4[(y+1)21]+4=09\left[(x-2)^2 - 4\right] + 4\left[(y+1)^2 - 1\right] + 4 = 0 9(x2)2+4(y+1)2=369(x-2)^2 + 4(y+1)^2 = 36

On divise par 36 pour ramener le second membre à 1 :

(x2)24+(y+1)29=1\frac{(x-2)^2}{4} + \frac{(y+1)^2}{9} = 1

Deux signes plus, dénominateurs différents : c'est une ellipse de centre Ω(2;1)\Omega(2;-1). Le plus grand dénominateur est 9, donc a=3a = 3 le long de l'axe vertical, et b=2b = 2. Alors c2=94=5c^2 = 9 - 4 = 5, les foyers sont sur la verticale passant par Ω\Omega, à distance 5\sqrt{5}, et e=5/30,745e = \sqrt{5}/3 \approx 0{,}745.

Le grand axe est vertical parce que le plus grand dénominateur accompagne yy : c'est le détail que la mise sous forme réduite rend lisible, et qu'on lit à l'envers si on se contente de l'équation développée.

QCM du bloc

QCM de bloc · 6 questions

Bloc III — Complexes et géométrie

1. Quel est le module de (1 + i)⁸ ?

  • 8
  • 16
  • 2√2

Réponse : |1 + i| = √2, et le module d'une puissance est la puissance du module : (√2)⁸ = 2⁴ = 16. Passer par le développement algébrique serait huit produits ; la forme trigonométrique donne le résultat en une ligne.

2. L'ensemble des points M tels que |z − 1| = |z + 3i| est :

  • Un cercle de centre 1
  • La médiatrice du segment joignant les points d'affixes 1 et −3i
  • L'ensemble vide

Réponse : |z − z_A| = |z − z_B| traduit AM = BM : c'est la médiatrice de [AB]. Ici z_A = 1 et z_B = −3i, l'affixe étant ce qu'on soustrait. Un cercle correspondrait à |z − z_A| = r, avec un rayon constant à droite.

3. Quelle est la nature de z' = −z + 4 ?

  • Une translation de vecteur d'affixe 4
  • Une rotation d'angle π, c'est-à-dire une symétrie centrale de centre d'affixe 2
  • Une homothétie de rapport −1 et de centre O

Réponse : a = −1 : module 1 donc rotation, argument π donc demi-tour. Le centre est ω = 4/(1 − (−1)) = 2. Une symétrie centrale est bien une rotation d'angle π, et son centre n'est PAS l'origine ici — c'est le point fixe qu'il faut calculer.

4. Les plans d'équations x + 2y − z = 1 et 2x + 4y − 2z = 7 sont :

  • Sécants selon une droite
  • Strictement parallèles
  • Confondus

Réponse : Les normales (1;2;−1) et (2;4;−2) sont colinéaires : les plans sont parallèles. Ils ne sont pas confondus, car en multipliant la première équation par 2 on obtient 2x + 4y − 2z = 2, différent de 7. Il faut vérifier les DEUX conditions.

5. Trois vecteurs de l'espace sont toujours coplanaires. Vrai ou faux ?

  • Vrai, comme trois vecteurs du plan
  • Faux : c'est une condition, pas une propriété
  • Vrai seulement s'ils sont deux à deux non colinéaires

Réponse : Dans le plan, trois vecteurs sont nécessairement liés. Dans l'espace, non : trois vecteurs peuvent engendrer tout l'espace. La coplanarité devient une condition à démontrer, en cherchant une combinaison linéaire.

6. Une conique d'excentricité 1,6 est :

  • Une ellipse très allongée
  • Une hyperbole
  • Impossible : e est toujours entre 0 et 1

Réponse : e > 1 caractérise l'hyperbole. Une ellipse a e < 1 quelle que soit son allongement, et tend vers 1 sans l'atteindre. L'excentricité n'est bornée que par le bas.

Les gestes du bloc

L'énoncé donne…Le geste
des affixes et une question de nature de trianglecalculer un quotient, lire module et argument
z=az+bz' = az + bcomparer aa à 1, puis module, argument, point fixe
un plan et une droite de l'espacetester un\vec{u}\cdot\vec{n}, puis un point
deux planscomparer les normales, puis vérifier un point
une équation du second degré en xx et yyregrouper les carrés, ramener à 1, lire les signes

À retenir

Flashcards · 4 cartes

Que contient le quotient (z_C − z_A)/(z_B − z_A) ?
Son module donne AC/AB, son argument l'angle en A. Un seul calcul, deux informations — c'est la méthode de toutes les questions de configuration.
Comment obtenir l'image d'un cercle par une similitude ?
Sans calcul point par point : le centre est l'image du centre, le rayon est multiplié par le rapport.
Droite et plan : quel test rapide avant tout système ?
Le produit scalaire u·n. S'il est nul, la droite est parallèle au plan, et un seul point dit si elle y est incluse.
Comment reconnaître une conique dans une équation développée ?
Regrouper les carrés, ramener le second membre à 1, puis lire les signes : deux plus donnent une ellipse, un plus et un moins une hyperbole.